LIVRE XXL — fol. 2 1 4 v° . — L'Enfer. — Des
diables dans des constructions en feu. Deux démons font traverser une rivière à deux réprouvés, dans une nacelle.
LIVRE XXII. — fol. 226 v°. — Le Paradis. — En haut, le Seigneur; au-dessous, la Vierge et deux saints.
1 . Pour le détail des armes et des attributs des Malatesta, visiter le Tempio dei Malalesti, église San Francesco , h Rimini, où ils sont répétés à profusion tout autour des charmantes sculptures d’Agostino di Duccio.
PARIS, BIBLIOTHÈQUE NATIONALE, MSS. FRANC. i5 4h-i5 4i2. c. 1420
Saint Augustin, la Cité de Dieu.
Traduction et Commentaires de Raoul de Praelles.
Description générale. — 2 vol. in-fol. Vélin. Dimension des ff. : H. om,385xom,290. Justification : environ om,270xom,i8o. 2 colonnes avec om,020 d’intervalle : de 43 à 46 lignes selon les cahiers.
Les deux volumes contiennent les dix premiers livres du traité et la coupure effectuée au xviii0 siècle, lors de la reliure actuelle, en est arbitraire.
Le tome I, n° i54n, contient les quatre premiers livres, précédés du discours de présentation, de l’extrait des Rétractations et des prologues et finit au milieu
des rubriques du Ve Livre. Il comprend 212 ff. numérotés. Le fol. 2 commence par
ces mots : « [combajtist et il auroit victoire » et le 21 20 : « nous avons ceulx ».
Le tome II, n° 1 5 4 l2> contient les Livres V à X et comprend 198 ff. numérotés et 4 ff- blancs. Le fol. 2 commence par ces mots : « bien luy doit venir » et le
198° : « ces choses en partie ».
Collation. — Cahiers de 8 ff., avec réclames.
Reliure. — Mauvaise demi-reliure fauve, dos orné, rognée en tête.
Ecriture. — Réglée, en lettre de note , assez lâchée et de la main de différents scribes. Pas de titre courant. Les énoncés en tête des livres, des chapitres et des expositions sont écrits à l’encre rouge, et presque toujours le texte de cet énoncé est inscrit en marge, d’une petite écriture noire cursive qui devait disparaître après coup. Mais ce manuscrit, comme nous le verrons par la suite, n’ayant pas été achevé, on a négligé d’effacer tout ce qui, devenu inutile, avait préparé son exécution. Au fol. 194 du tome II, le copiste s’est trompé et a laissé la page en blanc quoique réglée. On y voit écrit :
Il n’y a point d'omission , mais fault seulement lyre de V aultre cousté. Au fol. 1 du tome I, on lit les anciens numéros 281 — S‘ Germain 8 et, en bas, n. 10. En dessous, est collée une étiquette portant ces mots imprimés : Ex Bibliotheca Ms s. Coisliniana , olim Segueriana , quam Illust. Henricus du Cambout , Dux de Cois lin, Par Franciae , Episcopus Metensis , etc., Monasterio S. Germani a Pratis legavit.
An. M.DCC. XXXII.
Initiales. — Les grandes, au commencement des livres, sont en couleurs, se détachant dans un rectangle d’or. L’intérieur est parsemé de petites fleurs de lierre.
Les lettrines sont en or sur un fond de couleur.
Bordures. — Elles n’existent qu’au commencement des livres. Elles sont formées de cadres rouges et bleus, d’où s’échappe un léger feuillage aux feuilles de lierre d’or avec d’autres feuilles bleues, rouges et vertes, plus épanouies aux angles.
Provenance. — Ce manuscrit, peu intéressant, dont nous ne connaissons pas les origines, a appartenu à Pierre Séguier, chancelier de France, mort en 1672, qui, sans ménager ni démarches ni dépenses, avait su rassembler dans sa célèbre bibliothèque des manuscrits et des livres de grande valeur'.
1. Il figure dans le procès-verbal de prisée qui fut rédigé en 1672, peu de mois après la mort du chancelier : « Les dix premiers livres de saint Augustin, de la Cité de Dieu. Folio. Veloux cramoisy. Grand papier (grand format). Avec miniatures, 5o I. >•
Conservé par sa veuve, ce cabinet fut l’objet d’un projet d’achat de la Bibliothèque Royale, projet qui, quoique raisonnable, fut abandonné. Il devint ensuite la propriété du petit-fils du chancelier, Henri-Charles du Cambout de Coislin, évêque de Metz, qui le déposa vers 1730 dans l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés et qui le légua à cette maison le Ier mai 1 y3 1 . Les Bénédictins en prirent régulièrement possession en 1735 et notre exemplaire fut incorporé à cette collection1. Confisqué à la Révolution, en 1795, il entra définitivement dans nos collections publiques2. C’est à la fin du xviii* siècle qu’il fut arbitrairement divisé en deux volumes, et recouvert de la mauvaise reliure que nous lui voyons actuellement.
Miniatures . — Primitivement onze miniatures auraient dû décorer ce manuscrit, celle de présentation et une en tête de chacun des dix livres. Mais celle du Liv. IX n’a pas été exécutée, le cadre seul étant tracé, entourant un espace laissé blanc; celle du Liv. I a été enlevée, probablement avant la reliure actuelle, le cahier ne comptant que 7 feuillets; celles des Liv. II, III, IV, VI, VII ont été découpées au couteau soit partiellement, soit avec le folio entier. 11 ne reste donc plus que quatre miniatures, celle du prologue et celles des Liv. V, VIII et X, et encore celle du Liv. VIII n’est-elle qu’une esquisse préparatoire. Traitées en camaïeu, elles ne sont pas dignes de retenir notre attention au point de vue artistique, mais elles offrent un certain intérêt pour l’étude des manuscrits, parce que, cet exemplaire ayant été arrêté au cours de son exécution, nous assistons aux phases par lesquelles devait passer le travail du copiste qui l’écrivit et des artistes qui s’étaient chargés de l’enluminer et de l’historier. Ainsi la miniature du Liv. VIII est une esquisse à la plume, faite par le chef de l’atelier, avec quelques indications de couleurs bleues, vertes et rouges, qui devaient guider l’ouvrier dans son travail. Il est à croire qu’il s’agit d’artisans travaillant en France vers 1420.
Ces peintures ne peuvent se rattacher à aucune famille antécédente. Il nous suffira d’en donner ci-après une description sommaire :
Tome I. — Prologue. — fol. 1. — H. o'n,io5 Xom,o9V — Présentation du manuscrit. — Dans une salle, aux murs bleus parsemés d’étoiles d’or, et revêtue de boiseries jaunes, le roi Charles Y est assis sur un trône à baldaquin, tendu de brocart. Couronné, il est habillé d’une robe violette, avec un manteau bleu, doublé d’hermine et fleurdelisé. Il tient un sceptre d’or dans la main droite. Il fait mine d’accepter le manuscrit, recouvert de velours rouge, que lui tend à genoux Raoul de Praelles, en clerc, vêtu de rose et coiffé d’une calotte d’or. Le Roi est assisté de quatre conseillers vêtus d’étoffes d’or, noires, bleues et rouges, et coiffés des chapeaux et des bonnets à la mode dans la première partie du xvc siècle. Les têtes sont pâles et les traits sont légèrement tracés en rose. Cette miniature est très endommagée et les couleurs éraillées laissent voir souvent le parchemin jauni.