‹ Les manuscrits à peintures de la Cité de Dieu de Saint-Augustin (volume 2)Chapitre 5 sur 272 · LIVRE X. — fol. 364 v#. — R- o™,o89Xo™,o · texte numérisé non relu

LIVRE X. — fol. 364 v#. — R- o™,o89Xo™,o

— Christianisme et paganisme. — 2 registres. En haut, un ange montre à un chrétien la divinité dans le ciel. En bas, un docteur cherche la vérité dans des livres. Un diable noir est près de lui.

1. Ils ne figurent pas encore dans l’inventaire de cette Bibliothèque, dressé en novembre 1487.

2. La mention du fol. 396 dit, par erreur : X. Nous verrons qu’au second volume, n° 9014, on a mentionné aussi^ par erreur, 14 histoires au lieu de i3, mais le total des 24 miniatures pour les deux volumes est bien exact.

PARIS, BIBLIOTHÈQUE NATIONALE, MS. FRANC. 25. c. 1410

Saint Augustin, la Cité de Dieu.

Traduction et Commentaires de Raoul de Praelles.

VOIR PLANCHE XXII, d.

Description générale. — Un vol. in-fol. Vélin. Dimension des ff. : H. om,458 X om,3io. Justification : om,3io x om,2o5. i colonnes avec om,028 d’intervalle:

54 lignes.

Il contient les dix premiers livres du traité, et comprend 1 fol. blanc et 3o6 numérotés. Le fol. 2 commence par ces mots : « pays des sarrazins » et le 3o6e : « entencion natendoit de nous » .

Collation. — Cahiers de 8 ff., avec réclames.

Reliure. — Veau racine avec le chiffre de Louis XVIII couronné et les fleurs de lis sur le dos. Les tranches, qui ont été dorées à l’origine, portent en tête les lettres :

NADS, de côté : TEMI et en queue : FVOR ( Fortune d’amis). Entre les lettres E et M, il a été peint un écusson avec les armes suivantes : Parti fascé d’or et de gueules de 6 pièces , a la bordure fascée de l’un en l’autre et de gueules a 9 besants d’or posés 3,

3 et 3.

Écriture. — Réglée noire, en lettre de court. Pas de titre courant. On lit au fol. 1 : Codex Lancellotianis , 139. Regius 6715.3' et, plus loin, la signature : Ant. Lancelot. Les titres des livres et des chapitres sont en rouge. Au fol. 3o6, après l’ explicit,

Paulin Paris a fait revivre la mention suivante, jadis effacée : Ce premier volume de la Cité de Dieu est au duc de Nemours , comte de La Marche. De la librairie de La Marche. Jacques de Nemours.

Initiales. — Les grandes, en tête des livres, présentent un fond bleu, rouge et vert, à dessins blancs, avec, à l’intérieur, des petites feuilles de lierre de même couleur, se détachant sur un fond d’or. Les petites, en tête des chapitres, sont tracées en or sur un fond bleu et rouge. Celle qui est en tête du discours de présentation, fol. 1, renferme un petit dessin en camaïeu colorié, avec traces de paysage, représentant Raoul de Praelles offrant son manuscrit à Charles V.

Bordures. — Elles n’existent qu’au commencement des livres. Elles sont formées d’un montant or, bleu et rouge, d’où s’échappent de légères brindilles, portant des petites feuilles de lierre multicolores.

Provenance. — Nous n’avons aucune indication relative au premier possesseur de ce manuscrit qui, par le style de ses miniatures et le genre de sa décoration, date des environs de 1410. Mais nous savons qu’il fit partie de la librairie de Jacques d’ Armagnac, duc de Nemours, ainsi qu’en témoignent les douze lettres de sa devise bien connue, Fortune d'amis , qui se trouvent peintes sur la tranche des feuillets, et l’inscription, que nous avons relevée à la fin du folio 3o6, ne nous laisse aucun doute à cet égard. Ce Jacques d’ Armagnac est une des figures les plus intéressantes parmi les grands bibliophiles du xv° siècle. Sa place est à côté de Jean, duc de Berry, de Phi-

. De l’écriture de l’abbé de Targny, garde des manuscrits de 1726 à 1737.

lippe le Bon, du Grand Bâtard de Bourgogne et de Louis de Bruges. Nombreux sont les travaux qui ont été publiés sur sa bibliothèque'. On a cherché à savoir quelles avaient été les origines de cette collection et dans quelles conditions s’était effectuée sa dispersion; mais, devant la rareté des documents, on a dû se contenter d’hypothèses, dont quelques-unes sont séduisantes et dont la mention se trouve dans le beau travail du comte Durrieu sur le manuscrit des Antiquités judaïques de l’historien Josèphe. Nous nous contenterons, en y renvoyant le lecteur, d’en tirer les conclusions qui peuvent s’appliquer au présent Ms. 25 de la Cité de Dieu1 2 .

Les manuscrits de Jacques d’ Armagnac lui sont venus de plusieurs manières :

i° Par succession de son bisaïeul, Jean de France, duc de Berry. Au partage des biens de ce prince, plusieurs ouvrages furent attribués à son gendre, le connétable Bernard VII d’ Armagnac, mari de Bonne de Berry, dont le second fils, Bernard, appelé familièrement le Cadet , était le propre frère du Duc de Nemours. Il faut ajouter qu’en dehors de cette succession, le Duc de Berry avait fait de son vivant des cadeaux de livres à sa fille Bonne et à son petit-fils, le Cadet. Mais il ne semble pas que notre manuscrit puisse se réclamer de cette origine, car il ne porte aucune mention permettant de croire qu’il ait fait partie de la célèbre librairie de Jean de France, et les premiers mots des feuillets 2 et 3o6 ne concordent pas avec ce que nous savons des exemplaires de la Cité de Dieu qui figurent sur les différents inventaires3.

20 Par succession de son grand-père maternel, Jacques II de Bourbon, comte de La Marche et de Castres, roi de Hongrie, de Jérusalem et de Sicile. Mais là encore, nous ne trouvons dans notre manuscrit aucune note pouvant certifier cette origine.

3° Jacques d’Armagnac a fait exécuter plusieurs ouvrages par des artistes de son temps, dont nous connaissons les noms aussi bien comme copistes que comme enlumineurs et historieurs. Il faut rejeter cette hypothèse, puisque notre manuscrit appartient aux premières années du xve siècle.

4° Enfin, il n’y a pas de doute que ce grand amateur n’ait acheté des livres pour augmenter sa collection, et c’est à cette dernière hypothèse que nous nous rangeons, comme étant la plus probable, en ce qui concerne notre exemplaire, soit qu’il l’ait acquis de ses deniers, soit qu’il l’ait reçu d’un de ses parents ou amis.

Quoi qu’il en soit, il y inscrivit la mention que nous avons relevée plus haut et le désigna pour faire partie de sa librairie de La Marche, qui se trouvait probablement à Aubusson4, dans le château duquel étaient conservées les Archives du comté.

Nous n’avons pas à raconter ici l’histoire du Duc de Nemours (1 433- 1 477) et sa hn tragique5. On sait que Louis XI ne lui pardonna pas d’être entré contre lui dans la Ligue du Bien Public et qu’en 1476, il le fit prisonnier dans son château de Carlat.

1. Cf. Le comte de Labohde, La Renaissance des Arts, Paris, Potier, i85o, p. i63; M. L. Deusle, Le Cabinet des Manuscrits, tom. I, pp. 86-91, 170, et tom. III, 3i6 et 342; Catalogue de la bibliothèque de M. Firmin-Didot, i883, Ms. 34; M. Ant. Thomas, Les Archives du comté de La Marche, dans la Bibliothèque de l'École des Chartes, 1881, p. 36, et Jacques d Armagnac, bibliophile, dans le Journal des savants, décembre 1906; M. Ch. Samaran, article paru dans la Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, 1905, sur Quelques manuscrits ayant appartenu à Jean d' Armagnac, évêque de Castres et frère de Jacques ; M. B. de Mandrot, Revue historique, 1890, et M. le comte Paul Durrieu, Antiquités judaïques, Paris, Plon, 1908, pp. i5-i8.

2. Nous prions le lecteur de se reporter également à la description du Ms. 22 de la Cité de Dieu qu’il trouvera plus loin (Descripl. 36). Cet exemplaire a appartenu également à Jacques d’Armagnac.

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