‹ Les manuscrits à peintures de la Cité de Dieu de Saint-AugustinChapitre 228 sur 354 · LIVRE IT. — fol. 41 v. — H. 0",o91 X · texte numérisé non relu

LIVRE IT. — fol. 41 v. — H. 0",o91 X

— Fête de Bérécynthie. — Six pontifes, prêtres Galles‘, vêtus de manteaux d'or, précédés de deux

l'histoire de l'abbaye de Saint-Denis. Le manuscrit fut possédé ultérieurement par un personnage qui y fit peindre ses armes, probablement quelque membre de la famille de Clugny (d'azur à 2 clefs d'or adossées). C'est en 1891 que le South Kensington Museum acheta ce charmant exemplaire des mains de M. William Horatio Crawford, Lakelands, Cork, Irlande, pour la somme bien modique de 160 livres. M. John Bradley a donné la reproduction du folio 284 v° dans son Historical Introduction to the collection of illuminated letters and borders in the national art library in the Victoria and Albert Museum, London, 1901, pl. 3.

1. M. Léopold Delisle, dans le Journal des savants, juillet 1901, p. 455, avait déjà signalé l’analogie des peintures des manuscrits qui nous occupent : « Quand on étudiera l'illustration du groupe de manuscrits dont il s'agit, il faudra donc tenir compte de l’exemplaire du Musée britannique (add. 15244-45), qui paraît être l'œuvre d'un habile miniaturiste. »

2. Reproduite par la photochromolithographie à la fin du volume de Planches du Cabinet des manuscrits de M. Léopold Delisle; explication, page 318 du tom. III de cet ouvrage.

3. Cette vignette et tout le fol. 3 ont été reproduits, en noir, dans l'ouvrage de M. L. Delisle : Fac-simile de livres copiés et enluminés pour le roi Charles V, pl. IX, et Recherches sur la librairie de Charles F, pl. IX, ainsi qu'en couleurs, dans celui de Le Roux de Liney et Tisserand, Paris et ses Historiens, p. 96.

4. Voir: M. C. Courerc, Exposition de portraits à la Bibl. nat., Gazette des Beaux-Arts, juin 1907, p. 463, et M. A. Lemoisne, Votes sur l'évolution du portrait enluminé, Revue des Bibliothèques, juil.-sept. 1907.

5. Les Galles, de Gallus, fleuve de Phrygie, dont les eaux rendaient les hommes insensés, étaient les prêtres de Cybèle ou Bérécynthie. Nous les voyons représentés dans plusieurs de nos manuscrits de la Famille n° 3. Ils se mutilaient dans des scènes de fureur en commémoration du jeune et bel Athys, prêtre de la déesse, qui s'était « enlevé les génitoires » pour se punir d’avoir manqué au vœu de chasteté qu'il avait fait à la Grande Mère. Le char de Bérécynthie était quelquefois traîné par des lions, parce qu'elle passait pour avoir adouci les mœurs des hommes. Sa tête était surmontée d'une tour, parce qu'on lui attribuait l'invention des donjons fortifiés. Une fois par an on allait baigner sa statue dans le fleuve. Toutes ces fables étaient des symboles tirés de l’agriculture. (Voir le Commentaire de RaouL pe Praezues et Ovine, Les Fastes, Liv. IV.)

musiciens dont l’un joue de la cornemuse, mènent le cortège, armés de glaives. Puis deux hommes à cheval, un fouet à la main, l’un devant l’autre, portent, à l’aide d’une civière, un riche autel sur lequel est étendue la statue de Bérécynthie. Enfin, viennent deux autres prêtres avec six assistants. Ils s’'acheminent vers la rivière afin d’y baigner la statue le jour de la fête de la déesse. Le terrain montueux est parsemé de fleurs ; les arbres, très petits, portent des oiseaux aussi gros qu'eux. L’impression laisse celle d’un paysage japonais. Les fonds sont bleus à rinceaux d’or et la tonalité générale est très heureuse.

LIVRE III. — fol. 94 v°. — H. 0",085 <0",125. — Massacre des Romains par Mithridate. — Les calamités que Rome supporte sous les faux dieux jettent l’épouvante, même parmi les animaux. À gauche, baignée par le Tibre, Rome, aux toits bleus et rouges, d’où s’échappent, par une porte monumentale, un âne et deux bœufs. A droite, une colline où des animaux féroces, qui représentent les bandes de Mithridate, déchirent des Romains. Fonds mosaïqués rouges.

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