‹ Les manuscrits à peintures de la Cité de Dieu de Saint-AugustinChapitre 287 sur 354 · PARIS, BIBLIOTHÈQUE DE L’ARSENAL, MS. FRANC. 5060 (36 A., T. F · texte numérisé non relu

PARIS, BIBLIOTHÈQUE DE L’ARSENAL, MS. FRANC. 5060 (36 A., T. F

Saivr AueusriN, LA Cité DE Dieu.

Trapucrion Er COMMENTAIRES DE RAOUL DE PRAELLES.

VOIR PLANCHES XVI, c et d, et XVII.

Dimension des ff.

H. 0",445 X 0",320. Justification : 0",295 X 0",200. 2 colonnes avec 0",020 d’intervalle : 57 lignes.

Description générale. — Un vol. in-fol. Beau vélin.

Il contient seulement les dix premiers livres du traité et comprend 1 fol. blanc et 262 ff. numérotés. Le fol. 2 commence par : « yssy afin que elle ».

« vous vient à l’encontre » et le 262: :

Collation. — Cahiers de 8 ff., avec réclames. Reliure. — Maroquin rouge à filets d’or, dos orné. Écriture. — Réglée en lettre de note, claire et régulière, d’une main uniforme.

Titre courant en chiffres romains, bleus, rouges et or. Au verso du feuillet blanc, on remarque cette mention : Le XX* de may 1364 Charles cinquiesme dict le Sage fut couronne roy de France par le commendement duquel l'aucteur a faict la presente traduction et regna seize ans. Raoul de Praelles, traducteur. En haut du fol. 1, on lit ces mots : 7raduction de la Cite de Dieu de saint Augustin. A la fin du fol. 262 v’, en rouge : Cy fine le X° livre de la Cité de Dieu, sans autre indication.

Tnitiales. — Les grandes, en tête des livres, présentent un dessin bleu ou rouge avec des petites fleurs de lierre de même couleur, se détachant sur un fond d’or. Les petites, au commencement des chapitres, sont tracées en or ou en couleur sur un fond dessiné à la plume.

Bordures. — 11 n’y en a qu'au commencement des livres. Elles sont faites d’un branchage de couleur avec feuilles assez épaisses et, dans les intervalles, des brindilles dessinées à la plume et parsemées de petites fleurs de lierre de toutes couleurs. Aux feuillets 1 et 6, dans la bordure du bas, on distingue un écusson avec ces armes rapportées : d'azur à quatre clés, passées dans un anneau et mises en croix, d'or. Ce sont celles de la famille poitevine des Claveurier. f

Provenance. — Nous savons peu de chose de ce manuscrit. Etabli dans les der-

[e. 1390] MANUSCRITS A PEINTURES. 275

nières années du x1v° siècle, vers 1390, il passa plus tard dans la bibliothèque d’un Claveurier' et se retrouva dans la collection de Antoine-René de Voyer d’Argenson, marquis de Paulmy, où il reçut le n° 792, Théologie.

Miniatures. — Elles sont au nombre de 11; une en tête du prologue et une au commencement de chacun des dix premiers livres de l'ouvrage. Encadrées dans un rectangle à dessins bleus ou rouges, avec ornements d’or aux angles, elles tiennent toute la largeur de la page.

Elles appartiennent à un même atelier et dénotent la main d'artistes du nord de la France. Le dessin est peu précis, mais les attitudes sont, en général, assez justes. Les figures sont traitées au pinceau avec des touches plus foncées pour indiquer les traits du visage. Il est à remarquer que les personnages importants sont désignés par une stature plus grande (Liv. VI) et ont des corps d’une longueur inusitée par rapport à la tête. Les couleurs sont vives et donnent une tonalité générale rouge, bleue et verte. L'architecture est celle des provinces du Nord et peut-être de Normandie ou de Picardie (Liv. II). Les fonds sont souvent diaprés, quelquefois bleus avec des dessins d’or. Il y a quelques traces d’un paysage au premier plan, mais très rudimentaire. Les arbres sont très caractérisés par des dessus plus éclairés et des dessous plus foncés. Cette illustration n’est pas d’un artiste, mais cependant d’un homme de métier ne manquant pas de talent.

Il est facile de voir que ce manuscrit, qui a quelques rapports avec la Famille n° 3, a servi de modèle au premier volume du manuscrit de la collection Hamilton que nous citons plus loin sans avoir pu l’examiner, d’après la description des rédacteurs du catalogue. Le choix des sujets et leur disposition sont identiques dans les deux exemplaires, ainsi que la division en compartiments, car les artistes ont pris plusieurs épisodes dans chaque livre. Mais l'illustration est plus importante dans le manuscrit de l’Arsenal, tandis qu'il semble en être la réduction dans le manuscrit de la vente Hamilton. Le tableau ci-dessous, concernant ces deux manuscrits, fait ressortir ces analogies et éclaire la description du manuscrit Hamilton qui semble avoir été mal interprétée dans ses détails.

Ms. DE LA BIBLIOTHÈQUE DE L'ARSENAL. Ms. DE LA COLLECTION HamiLTon. ProLoGuE. Présentation du manuscrit. Présentation du manuscrit. Livre I. Les deux cités en 9 compartiments. Les deux cités en 6 compartiments.

— Il. Les jeux scéniques. Un roi, deux idoles sur une estrade et assistants.

— III. 4 comp. Docteurs. — Prise de Rome. — | 4 comp. Saint Augustin. — Prise de Rome. — Rome et Rome et loups. — Guerre civile. loups. — Guerre civile.

— IV. 4 comp. Varron et Apulée. — Deux scènes | 4 comp. Assemblée de chrétiens. — Deux scènes de de soldats. — Idoles. soldats. — Idoles.

— V. 4 comp. Nigidius. — Roue de la Fortune. — | 4 comp. Nigidius. — Inconnu. — Un roi priant. — Un roi priant, puis, partant en guerre. Théodosius.

— VI. Varronexpliquantlesantiquitésreligieuses. | Saint Augustin et des chrétiens.

— VII. Varron et Apulée discourant. 2 comp. Saint Augustin montrant des idoles.

— VIL. Huit philosophes. Six philosophes.

— IX. Monothéisme, saint Augustin et la Trinité. | Adoration du Christ.

— X. 2 comp. Porphyre écrivant. — Un ange | 2 comp. Saint Augustin écrivant. — Un ange montrant guidant un chrétien. le ciel à un chrétien.

1. Nous trouvons au Cabinet des Titres, à la Bibliothèque Nationale, plusieurs pièces concernant cette famille Claveurier, qui joua un certain rôle dans l'histoire du Poitou au xv* et au xvi° siècle. Maurice Claveurier, conseiller du Roi et lieutenant général du Sénéchal du Poitou entre 1423 et 1438; Guillaume C.,

Voici la description de ces peintures :

PROLOGUE. — fol. 1. — H. 0",158><0",170. — Présentation du manuscrit. — Dans une salle d’architecture française, à parois verdâtres, toits rouges avec lucarnes, et dallée en mosaïques rouges et or, Charles V, couronné, vêtu d’une robe rouge avec manteau bleu fleurdelisé à collet d’hermine, est assis, le sceptre à la main, sur une haute chaise recouverte d’une étoffe d'or. Raoul de Praelles, tonsuré, portant l'habit noir des Augustins, lui présente à genoux le manuscrit à reliure d’or. Un clerc l’assiste. Quatre conseillers sont présents à cette scène. On aperçoit un homme qui disparaît à moitié par une porte à droite. Ciel bleu.

LIVRE I. — fol 6. — H. o",180X<0",185. — Les deux cités. — Trois registres à trois compartiments. (Planche XVII.)

a) Cité de Dieu; dans un ovale à fond diapré la Trinité figurée par le Père, le Fils et la Colombe avec le globe du monde et le livre de la Loi. Près d’eux, la Vierge en bleu, les mains jointes. A droite et à gauche, sur un fond d'azur étoilé d’or, les chérubins, les anges et les saints.

b) Cité terrestre; à gauche, avec le même fond diapré, neuf païens agenouillés devant des idoles d’or; au centre, neuf chrétiens assistant au sacrifice de la messe et à droite, six israélites devant l'arche du Témoignage.

c) L'enfer avec ses différents supplices : les envieux, les damnés dans les flammes et ceux qui sont entassés dans les cuves bouillantes. Tonalité bleue et rouge; près de cent personnages; scènes traitées avec finesse, En bas, dans la bordure, les armes des Claveurier.

LIVRE IT. — fol. 27. — H. 0",150 x<0",160. — Les jeux scéniques. — (Planche XVI, c.) Sur une place publique, bordée de maisons du style septentrional et limitée par un ciel bleu à dessins d’or et par une tenture rouge, s'élève un autel qui supporte trois statues d’or de divinités païennes. A gauche, sur une estrade, assistés par les deux censeurs Cassius et Messala', deux acteurs lisent des comédies et des tragédies et, tout autour de l'autel, une trentaine de personnages des deux sexes, vêtus de riches costumes, jouent de la trompette ou se livrent à des démonstrations amoureuses. L'artiste a voulu montrer dans cette scène l’influence pernicieuse du théâtre sur les mœurs de l’antiquité.

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