‹ Les manuscrits à peintures de la Cité de Dieu de Saint-AugustinChapitre 301 sur 354 · MS. FRANÇ. DE LA 2 VENTE HAMILTON. LOT ONZE · texte numérisé non relu

MS. FRANÇ. DE LA 2 VENTE HAMILTON. LOT ONZE

Saint AuGusriN, LA Ciré DE Dieu.

TraDucrION ET COMMENTAIRES DE RAOUL DE PRAELLES.

Cet exemplaire se compose de deux volumes dépareillés formant l'ouvrage complet, mais ayant été exécutés à des époques différentes. Le premier date de la fin du xiv* siècle, 1390 environ; le second semble avoir été peint vers 1455.

Ces deux volumes, comme on le verra plus loin, ont passé en vente à Londres en 1889. Depuis cette époque, il nous a été impossible d’en retrouver la trace et par conséquent nous n’avons pu les examiner. Mais ils avaient attiré l'attention de quelques savants, avant de subir le feu des enchères, et c’est d’après leurs travaux! que nous donnons les quelques renseignements suivants en y ajoutant nos propres réflexions, inspirées par la comparaison avec d’autres manuscrits. Ayant adopté l’ordre chronologique, nous ne nous occuperons ici que du tome I, qui appartient à la fin du xrv° siècle.

Description générale. — Un vol. in-fol., beau vélin. Dimension des ff. : H. 0",433<0",318. 2 colonnes; 63 lignes. Il contient les dix premiers livres et comprend 228 ff.

Reliure. — Relié par deux ais de chêne, recouverts de cuir de Russie, par C. Meyer.

Écriture. — Le texte commence au 2° fol. par : « Le translateur (en rouge). A

vous tres excellent prince Charles le Quint roy de France je Raoul de Praelles tres humble serviteur et subject... » On lit à la fin du fol. 228 v° : « Cy fine le X: livre de la Cité de Dieu. »

Înitiales et bordures. — Fleuronnées et coloriées. Provenance. — Les auteurs des travaux que nous avons cités ne donnent aucune

mention permettant de connaître les anciens possesseurs du manuscrit avant le duc de Hamilton’. Quand le noble duc vendit, en 1882, sa superbe collection au gouvernement prussien, notre manuscrit occupait le n° 62 du Catalogue of the magnificent collection of manuscripts from Hamilton Palace. On sait que l'administration des musées de Berlin, en faisant cet achat en bloc, n'avait en vue que l'acquisition du célèbre manuscrit de Dante, illustré par Botticelli, et de quelques autres, mais qu'il avait toujours été entendu que le reste de la collection repasserait aux enchères quelque temps après. C’est ce qui arriva le 23 mai 1889 et c’est alors qu’eut lieu ce qu’on appelle la deuxième vente Hamilton dans laquelle était compris notre manuscrit, lot n° 11°.

1. Dr. W. vox Smourz, Repertorium für Kunstwissenschaft, tom. VII, 1884, pp. 296 et 297, n° 84 : Die illustrirten

Handschrifien der Hamilton-Sammlung zu Berlin. — Paur Durueu, Notes sur quelques Mss. précieux de la collection Hamilton, parues dans la Bibliothèque de la Société des Antiquaires de France, 1889. — Cf. aussi le Catalogue de la vente

dont nous donnons le titre à la note 3 ci-dessous.

2. Dans la collection Hamilton, notre manuscrit était ainsi signalé en 1819 : « S. Augustin. De la Cité de Dieu. A most beautiful MS., on vellum, with miniatures, paintings and illuminated initials, 2 vol., large folio. » [Dans la bibliothèque du marquis de Douglas et Clydesdale. — Repertorium bibliographicum or some account of the most celebrated British libraries. London, William Clarke, New Bond street, MDCCCXIX.]

3. Catalogue of ninety-one Manuscripts on vellum chieflr from the famous Hamilton collection and till lately in the possession of the Royal Museum of Berlin, by Mess. Sotheby, Wilkinson and Hodge, 13 Wellington street, on Thursday, the 23rd day of May 1889, rédigé par les soins de M. K.-J. Trübner. Le lot n° 11 fut adjugé pour 520 1. à un acheteur

[c. 1392] MANUSCRITS

Miniatures. — Elles sont au nombre de onze, une de présentation en tête du pro-

logue et une au commencement de chacun des dix livres de la première partie de l'ouvrage. On est d'accord pour attribuer ces peintures à un praticien tout à fait secondaire de l’école flamande de la fin du xrv° siècle.

L'artiste a copié exactement les peintures du manuscrit précédent, Ms. franc. 5060 de la Bibl. de l’Arsenal. Il en a réduit l'importance, soit dans le nombre des personnages, soit dans celui des compartiments (6 au lieu de 9 dans la miniature du Liv. 1).

Le lecteur s’en rendra compte en consultant le Tableau de la page 275 qui fait £ ressortir l’analogie des sujets traités dans ces deux manuscrits.

Voici la description de ces peintures, d’après les rédacteurs du catalogue qui ont

commis des fautes bien excusables, puisqu'ils ne connaissaient pas de manuscrit

similaire.

PROLOGUE. — fol. 1. — Le translateur offre son manuscrit au roi de France, Charles le Sage.

LIVRE I. — fol. 4. — Deux registres à trois compartiments avec fonds diaprés. En haut, la Divinité, sous la forme de la sainte Trinité, adorée par la Sainte Vierge, les douze Apôtres et la foule des fidèles; en bas, les humains, les uns s'éveillant, les autres sortant du tombeau, les derniers en Enfer.

LIVRE IE. — fol. 27 v. — Un roi avec douze assistants, se tenant au sommet d’une sorte d’estrade et près d'eux, de chaque côté, une députation qui s'avance. (C'est l’origine des jeux scéniques; trois idoles sur l'autel et la foule se livrant à des danses lubriques.)

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