‹ Les manuscrits à peintures de la Cité de Dieu de Saint-AugustinChapitre 338 sur 354 · CHELTENHAM, THIRLESTAINE HOUSE, MS. FRANC · texte numérisé non relu

CHELTENHAM, THIRLESTAINE HOUSE, MS. FRANC

SAINT AUGUSTIN, LA Ciré DE Dieu.

Trapuorion Er Commenraires pe RAOUL DE PRAELLES.

Description générale. — Quatre vol. in-fol. Vélin. Dimension des ff. : H. 0",345

X0",253. Justification :

44 lignes.

2 colonnes avec 0",020 d'intervalle : 42 à

Ils contiennent les vingt-deux livres du traité, précédés des prologues, de la table

des chapitres et de la sentence du livre des AÆétractations. L’exemplaire était originairement établi en deux tomes. Ce n’est qu'ultérieurement que la division en quatre volumes a été adoptée, lors de la dernière reliure. Ce qui prouve cette assertion, c'est que les feuillets blancs ne se rencontrent qu'au commencement des 1“ et 3° volumes et

302 LA CITÉ DE DIEU. [c. 1400]

à la fin des 2° et 4°. De plus, les mentions de provenance ne se trouvent qu’en tête des 1 et 3° volumes.

Voici, par tome, le nombre des feuillets. Ils ne sont pas numérotés. Tome I. — 1 fol blanc et 205 ff.

— II. — 188 ff. et 3 ff. blancs.

— II. — 2 ff. blancs et 146 ff.

— IV. — 212 ff. et 3 #. blancs.

Collation. — Les cahiers sont de 12 ff. On aperçoit encore quelques réclames qui ont échappé au couteau du relieur.

Reliure. — Reliure en maroquin bleu très foncé avec une large dentelle assez grossière. Dos orné avec ce titre : Crré DE + | Dieu pe S. : | Aucusrin m° sur vezuin | Tome I. Doré sur tranches et très rogné. Le relieur s’est trompé dans le numérotage des tomes. Il a mis III pour IV, IV pour I, etc.

Écriture. — Réglée rouge, en /ettre de note, claire, mais assez lîchée. Titre courant en chiffres romains d’or sur fond de couleurs. En marge, les noms des auteurs cités. Aux deux premiers feuillets des tomes I et IT (anciens I et 1, on lit cette menmention : 4 Mons de Montagu. *

Initiales. — Les grandes, très belles, sont en or ave@” un semis de fleurs de couleurs; les petites, de même, mais moins riches; les lettrines beaucoup plus simples.

Bordures. — Elles sont formées d’un large trait alternativement rouge et bleu dont se détache une légère et menue branche de lierre avec feuillage et fleurs de couleurs variées, rouge, bleue et or. Cette décoration rappelle beaucoup celles qui ornent les manuscrits exécutés pour le Duc de Berry.

Provenance. — Ce manuscrit, qui date des environs de 1400, a appartenu, si nous nous en rapportons à la mention citée plus haut, à Jean IT de Montagu, sans que nous puissions affirmer qu'il ait été exécuté pour lui. Nous voyons donc que le grand maitre de l'hôtel de Charles VI possédait deux exemplaires de la Cité de Dieu, celui qui nous occupe et celui dont nous conservons encore la 2° partie (Ms. franc. 174 de la Bibl. Nat.), décrite dans les pages précédentes. Que devint notre manuscrit à la suite de la confiscation de la Bibliothèque du château de Marcoussis en 1409? Nous n’en savons rien. Nous ne retrouvons sa trace qu’en 1770, à la vente de l’importante bibliothèque du duc de Brancas, comte de Lauraguais, membre de l’Académie des sciences’. De là, il passa dans la collection Mac-Carthy et, à la vente de celle-ci, en 1825”, il entra dans la magnifique bibliothèque de sir Thomas Phillipps, à Middlehill. C’est à la mort du noble baronnet qu'il devint la propriété de son neveu, M. T. Fitz Roy Fenwick, qui le conserve actuellement dans sa résidence de ‘Æhirlestaine House, près Cheltenham’, comté de Gloucester, et qui nous a permis de l’examiner, avec une obligeance dont nous lui sommes grandement reconnaissant. Est-ce sa dernière étape? Nous ne le croyons pas et il est craindre qu'il ne s’éloigne encore de la France, son pays d’origine, pour

r. Catalogue d'une collection de livres choisis provenant du Cabinet de M°**, Paris, G. de Bure, 1770, in-8°, p. 9, n° 49; vendu 380 livres. « La Cité de Dieu de saint Augustin, traduite en françois par Raoul de Presles, Ms. sur vélin, avec de belles miniatures, 4 vol. in-fol. m. bl. ».

2. Catalogue des livres rares et précieux de la bibliothèque de feu M. le Comte de Mac-Carthy Reagh. Paris, De Bure, 1825, in-8°, p. 88, n° 547, vendu 230 fr. « Saint Augustin, de la Cité de Dieu, translaté par Raoul de Presles, 4 vol. in-fol. m. bl. dent. Très beau manuscrit sur vélin, de 632 feuillets. Il est enrichi de 23 miniatures, entourées de bordures et de la plus belle conservation. »

3. Les Manuscrits à peinture de la bibliothèque de Sir Thomas Phillipps à Olieltenham, par Pau Durreu, Paris, 1889, in-8°, p. 12.

[c. 1400] MANUSCRITS A PEINTURES. 303 passer les mers et entrer définitivement dans quelque grande collection américaine.

Miniatures. — Elles sont complètes au nombre de 23, une au commencement du prologue et une en tête de chacun des vingt-deux livres. Elles semblent avoir été exécutées par trois artistes différents; l’un d’eux se serait consacré à la première partie; les deux autres auraient collaboré à l'illustration de la seconde. Le premier affectionne le paysage sans abandonner encore les fonds à dessins de couleurs; les autres, par la personnalité des physionomies, paraissent avoir une certaine prédilection pour le portrait. Cependant, ils ne sont pas de véritables artistes, mais de simples artisans sans originalité et d’un talent très médiocre.

Le dessin est mauvais, gauche et sans précision. (Voir les chevaux du Liv. XVIL.) Il est fait à la plume et à l'encre noire. Les gestes sont raides, les expressions figées ; les draperies retombent lourdement.

Les couleurs sont plates et sans aucun relief. Les types sont ramassés, avec de grosses têtes et des bustes courts. Il est à remarquer que les personnages principaux sont représentés comme des hommes faits et que les assistants secondaires, les comparses, la foule en un mot, se composent d'individus très petits, donnant l'impression d'enfants.

Il y a quelques traces de paysages, surtout dans les deux premiers volumes. Le premier plan est vert, rendu par des traits verticaux au pinceau. Puis on aperçoit quelques rochers informes et même des arbres. Mais il n’y a encore aucune perspective et le fond est limité par un ciel uniforme ou par une décoration quadrillée de couleurs.

Ces artistes, ou plutôt ces ouvriers, pourraient être du Nord de la France ou des confins des Flandres. Leur œuvre ne nous a pas paru mériter une reproduction.

Copié presque exactement sur le Ms. fr. 20-21 de la Bibl. Nat., ce manuscrit doit prendre place dans la Famille n° 3 dont on trouvera le Tableau pp. 196 et 197. Les miniatures sont, en général, une réduction très écourtée de celles du Ms. 20-21 et du Ms. 9294-9295 de la Bibl. Roy. de Bruxelles. Dans quelques-unes on trouve de notables différences.

Voici la description sommaire de ces peintures :

PROLOGUE. — fol. 1. — H. o",1 10%X0",075. — Présentation du manuscrit. — Sous un dais vert, Charles V, couronné, en bleu, assis sur un fauteuil, reçoit le manuscrit de Raoul de Praellesà genoux, tonsuré, vêtu d’une robe rose à capuchon bleu. Deux conseillers, habillés de rouge, se tiennent derrière le roi. L'un d’eux porte le sceptre. Plus loin, on aperçoit deux assistants. Tapis vert, fond quadrillé bleu, rouge ét or.

LIVRE I. — fol. 6. — H. o",157>x<0",170. — Les deux Cités. — On aperçoit deux villes fortifiées l’une à côté de l’autre. Dans celle de gauche, la Cité de Dieu, saint Augustin, habillé de noir, nimbé, offre, à genoux, son traité à Dieu. Le buste rouge du Seigneur se détache dans une auréole dont s’échappent des traits de feu rouges. À droite, la Cité terrestre, Rome prise par les Goths, où l’on aperçoit des soldats massacrant des habitants et en jetant quelques-uns par-dessus les murs. En bas des tours, sur le gazon vert des fossés, des soldats se battent et des cadayres couvrent le sol, Ciel bleu, aucune perspective.

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