LIVRE XXI. —fol. 146.—H
— L'Enfer. —*
ur un rocher, un grand diable noir est assis comme une idole. Sur le sol vert, à dr gauche, deux philosophes, en bleu et rouge, discutent. Fond quadrillé.
LIVRE XXI — fol. 1798 v. — H. 0",090 X<0",092. — Le Jugement dernier. — Le Christ, en bleu, est assis sur un piédestal. A droite, deux anges blanes avec des ailes bleues et rouges et, à gauche,
autres. deux philosophes en rouge et bleu. Fond quadrillé. PARIS, BIBLIOTHEQUE NATIOI . FRANC. 6272.
Samwr AuGusriN, LA Ciré DE Dis Trapucrion er CoMMEeNTAIREs DE Raour DE PRAELLES. VOIR PLANCHE XXII, «& et b.
Description générale. — Un vol. in-fol. Beau vélin. Dimension des ff. : H. 0",427
xo",310. Justification :
2 colonnes, avec 0",023 d'intervalle
49 lignes. Les derniers feuillets en ont jusqu'à 57.
Il contient les dix premiers livres du traité, précédés du discours de présentation,
du chapitre des Æétractations et des prologues et comprend 318 ff. numérot à | & es les 2 premiers blancs. Le fol. 4 (2° rempli) commence par ces mots :
dont
« pro tecteur et
deffenseur singulier » et le fol. 318 : « de notables hommes ».
Collation. — Cahiers de 8 ff., avec réclames. Reliure. — Veau racine. Titre : Expricart | DE | La Crré. Écriture. — Réglée en lettre de court très claire et très régulière. Titre courant
en rouge. En haut du fol. 1, on lit: Æx libris Francisci Galteri, Franciscus Galterius, d’une écriture des environs de 1500. Au fol. 3 : S. Fr. (supplément français) 1549. A la fin du fol. 318 : « Explicit le X° et derrenier livre de la première partie du livre de la Cité de Dieu que fist Mons. S: Augustin. » Les titres des chapitres et des livres sont en rouge et les tables des chapitres sont ornées de bouts de ligne en rouge, or et bleu.
Initiales. — Les grandes, au commencement des livres, sont tracées en bleu et en rouge avec dessins blancs. Leur intérieur est formé d’un semis de petites feuilles de lierre bleues et rouges, le tout sur fond rouge. Les petites sont en or sur fond rouge ou bleu.
Bordures.— Elles se ratta@hent, en tête de chaque livre, à la lettre initiale et laissent échapper des petites feuilles de lierre multicolores. Celle du fol. 7, au commencement
306 LA CITÉ DE DIEU. [c. 1405]
du traité, est beaucoup plus riche : des dragons stylisés, rouges et bleus, se détachent au milieu des feuilles de lierre. L’encadrement, qui sépare la bordure de la peinture, est un champ d’azur aux fleurs de lis sans nombre.
Provenance. — 1 n'y a pas d'autre indication que cette signature de Francois Gautier', qui évidemment a possédé le manuscrit un siècle après son exécution. Mais les fleurs de lis de l'encadrement du fol. 7 pourraient faire penser que ce manuscrit a été décoré pour le Roi de France, qui, dans ce cas, ne peut être que Charles VI, ou pour un prince de la lignée royale.
Miniatures. — Elles sont complètes au nombre de onze : une de présentation et une en tête de chacun des dix livres.
On peut distinguer deux ou trois mains dans leur exécution. À coup sur, les peintures du prologue et des Liv. I, II, IIT et X dénotent une technique différente de celles des Liv. IV, V, VI, VIT et VIII, qui elles-mêmes offrent des différences. Elles sont l’œuvre d'artistes médiocres de 1400-1410. Les fonds diaprés et échiquetés avec, à certains endroits, des traces de perspective (Liv. VIII) nous autorisent à dater le manuscrit de cette époque et nous font assister aux efforts tentés par les artistes d'alors pour s'affranchir des fonds traditionnels et s'inspirer de l’étude de la nature. Le dessin est assez pauvre, les types sont sans élégance et les physionomies ordinaires. Par contre, les attitudes sont naturelles et le coloris ne manque pas de variété. Les costumes ont quelque chose d’oriental et les constructions roses et vertes sont évidemment conventionnelles, comme dans le célèbre rétable de Dijon de Melchior Broederlam (1391). Nous croyons donc que nous avons affaire à un de ces ateliers qui travaillaient en Bourgogne pour le Roi et les Princes et qui étaient composés d'ouvriers appartenant à la fois aux provinces francaises et aux provinces flamandes.
Ce manuscrit a été copié sur un autre et la négligence qu’il accuse le prouve surabondamment. En effet, il présente une complète analogie des sujets traités avec d’autres exemplaires, notamment avec le Ms. 9294-9295 de la Bibl. de Bruxelles, mais avec cette différence marquante que le peintre a, par erreur, répété deux fois, au vol. I (Liv. IT et IIT) la scène des Jeux scéniques, qui n'appartient qu’au Liv. Il, de telle sorte qu'en continuant à copier son modèle, il a attribué au Liv. IV le sujet du Liv. III et ainsi de suite et qu'à la fin, pour rentrer dans l’ordre, il a supprimé une des scènes, celle du Liv. X, Monothéisme. À ce propos, nous prions le lecteur de se reporter au Tableau de la Famille n° 3, pp. 196 et 197. Il remarquera que, dans ce groupe, le présent manuscrit 6272 est isolé comme premier volume et qu'il en est de même, comme deuxième volume, du Ms. 755 du Musée Meermanno-Westreenianum de La Haye dont la description vient après. Or le Ms. 6272, portant le n° 1549 du supplément français, est entré à la Bibliothèque Nationale dans la deuxième partie du xvnr‘ siècle, vers l'époque où le Ms. 755 était donné par le seigneur de La Potherie au collège de Clermont. Il est à croire que ces deux volumes sont les deux tomes, aujourd’hui séparés, d'un même exemplaire et que le manuscrit de La Haye est le frère de celui de Paris. Les dimensions des feuillets et de la justification, le nombre de lignes, la grandeur des miniatures et la disposition générale de ces deux volumes, ainsi que la date attri-
1. M. Léororn Deusie, Le Cabinet des Manuscrits, tom. II, p. 368. — Le Ms. franc. 131 de la Bibl. Nat., Boccace, Les Nobles hommes et femmes, porte, au bas de son explicit, ces mots: C'est a moy Gautier.
[c. 1405] MANUSCRITS A PEINTURES. 307
buée à leur exécution permettent de faire cette supposition. Nous ajouterons que le Ms. 6272 de la Bibl. Nat. et le Ms. 755 de La Haye ont été copiés sur le Ms. 9294- 9295 de la Bibliothèque de Bruxelles, car l'artiste, dans le Ms. 627, a servilement reproduit la miniature du Liv. V en copiant exactement l’écusson de la bannière de
Ptolémée, d'azur à trois tortues d'or. Ce détail nous porte même à penser que ces
armes sont de fantaisie.
Voici la description des miniatures :
PROLOGUE. — fol. 3. — H. o",o90 <0",088., — Présentation du manuscrit. — Charles V, assis sous un dais bleu, couronné et revêtu des habits royaux, reçoit l'hommage du manuscrit, couvert de velours noir, des mains de Raoul de Praelles à genoux, vêtu de bleu. Six grands dignitaires et conseillers, aux riches costumes, assistent à cette scène, groupés autour du Roï. Fond échiqueté bleu et or.
LIVRE I. — fol. 7. — H. 0",188 <0",20 Les deux Cités. — À droite, Rome, aux constructions roses, vertes et violettes, est attaquée et prise par les Goths, dont les troupes à pied et à cheval pénètrent dans la ville. Ils jettent les Romains dans le Tibre du haut des murailles. À gauche, dans l’espace, au-dessus d'une construction rose qui symbolise la Cité de Dieu, saint Augustin, en rouge et nimbé d’or, présente son traité, couvert de velours noir, au Seigneur, vieillard portant la tiare, qui paraît en buste, au milieu d’une auréole rouge, dans les nuées bleues, entouré des cohortes rouges célestes. Dans le fond, en haut, on aperçoit le ciel bleu foncé et, en-dessous, une troupe de soldats, assaillis par une tempête de neige.
LIVRE IT. — fol. 33. — H. 0",086%x<0",090. — Les Jeux scéniques. — Dans un tambour à balustrade, élevé sur une colonne, cinq musiciens jouent de divers instruments. Au-dessous, en rond, douze assistants, barbus, aux visages foncés et vêtus, comme des Arabes, de costumes orientaux, avec des voiles blancs, écoutent et échangent leurs opinions. Fond losangé rouge et or.