Ennius, le vieux poète tragique latin
13. Proué écrit la Composition mathématique en treize livres, où Alma-
£e, le grand astronome d'Alexandrie qui a
geste.
60 LAUCITÉMDE (DIEU:
Cette nomenclature des sources de Raoul de Praelles est intéressante à étudier et permet de faire quelques réflexions sur les connaissances des érudits de son temps.
D'abord, comme le fait très bien remarquer M. Mâle, dans son bel ouvrage déjà cité’, on s'aperçoit avec une certaine surprise, par l'examen des commentaires des liturgistes et des encyclopédistes, qu'ils se répètent indéfiniment. Isidore de Séville résume les Pères, Bède le Vénérable s'inspire d'Isidore de Séville, Raban Maur suit Bède le Vénérable et ainsi de suite. Il en est de même d’Albricus Londoniensis, qui copie Ovide et Fulgence, et de tous les chroniqueurs qui ajoutent quelque chose à leurs devanciers ou développent plus complètement telle ou telle partie de leurs travaux.
D'autre part, il ne faut pas exagérer l'étendue des lectures de Raoul de Praelles et croire qu'il a compulsé tous les auteurs anciens et modernes qu'il cite. S'il à fait de nombreux extraits de quelques-uns d’entre eux, il en nomme un certain nombre dont il a trouvé la trace dans les manuscrits qu'il a dépouillés, mais dont il n’a pas lu les œuvres, attendu qu’elles n’existaient plus de son temps.
Pour la mythologie fabuleuse et la représentation des divinités païennes, il a recours principalement à Albricus Londoniensis qu’il semble connaître par cœur. Il le cite très souvent et il est amené à parler des mythologues antérieurs par les descriptions qu'il trouve dans cet écrivain. C’est ainsi qu'il nomme Remigius d'Auxerre, qui cite >s sont
Fulgence, lequel nomme Ovide et remonte à des auteurs anciens dont les œuv aujourd’hui perdues, par exemple Theocritus, Juba et Anaximène*.
Examinons de plus près encore le procédé de Raoul de Praelles et nous verrons comment il se sert des témoignages des anciens écrivains dans son travail de recherches.
A propos des Gorgones et de Méduse, il invoque les assertions de Theocritus”’, « qui fit les histoires des antiquités. » Ce Théocrite, qui n’a rien à faire avec le charmant poète bucolique de la Sicile, est peu connu et ses œuvres sont perdues. Raoul de Praelles ne peut donc en parler que par les auteurs qui l’ont cité. C’est en effet le cas. Si nous ouvrons Fulgence*, au Livre I“ de ses Mythologies, fable xxr, nous trouvons cette phrase : « Theocritus, antiquitatum historiographus, refert Phorcum fuisse regem, qui tres filias locupletes dereliquit. »
Il en est de même de Juba Il, roi de Mauritanie, dont nous ne savons que peu de chose, si ce n’est des emprunts que Pline lui a faits. Notre commentateur le nomme à propos de Vénus et des attributs que les poètes prêtent à la déesse. Il dit : « Venus « porte une moule ou une oistre (huitre) en sa main, pour ce que cette beste ou fait de « cette conjonction œuvre tout son corps. De ce parle Juba #» Physiologis. » C’est dans le même Fulgence qu'il prend cette citation, au Livre Il, fable 1. L'auteur latin s'exprime ainsi : « Concha etiam marina pingitur portari, quod hujus generis animal « toto corpore simul aperto in coitu misceatur, sicut Juba in Physiologis refert. »
Enfin le procédé ne change pas quand il invoque Anaximène. C’est toujours Ful-