AU RECTO DU PREMIER FEUILLET BLANC
lY Y A UNE S MAJUSCULE
Aucxm cahier de Léonard ne présente une telle unité : véritable tnonographie de l'œil ; cest évidemttient une mise au net de longues recherches. Un spécialiste seul commenterait bien ce traité d'optique, tout le monde y retrouvera la chambre noire de la photographie.
En i)i6, Léonard s'installe ati château de Cloux, à Amboise.
De l'œil.
La nature n'a pas uniformité de puissance dans la faculté visuelle, mais elle donne à cette faculté une puissance plus grande vers son centre pour ne pas démentir la loi qui veut que toutes les autres puissances aug-
mentent vers leur centre ; on le voit dans l'acte de la percussion, dans les supports des bras de la balance où le poids, en se rapprochant, diminue sa gravité ; on le voit dans les colonnes, murs et piliers, on le voit dans la chaleur et dans tous les phénomènes naturels. La nature a fait la surface de la prunelle convexe, afin que les objets environnants pussent refléter leurs ressemblanees avec des angles plus grands, ce qui n'arriverait pas si l'oeil est plan.
Les rayons des corps lumineux croissent d'autant plus qu'ils s'éloignent de leur source (suit la démonstration).
Les objets n'envoient pas à l'œil leur image dans leur proportion réelle.
Le concours des rayons droits s'infléchit en pénétrant dans l'œil.
La pupille de l'œil reçoit les images ren-
LES MANUSCRITS DK LEONARD DE VINCI "^J l
versées, sens dessus dessous et cependant on les voit à l'endroit.
Cela vient de ce que les images passent par le centre de la sphère cristalline et réunies en un point divergent dans la surface opposée de la sphère, sans perdre leur rectitude : de là elles sont prises par la sensibilité et envoyées au sens commun où elles sont jugées.
Expérience démonstrative.
L'objet, sur la surface de la prunelle, se présente à la faculté visuelle par deux intersections.
Suite de la démonstration.
La pupille croît ou diminue selon l'excès ou le manque d'éclat de ce qui brille devant elle.
Le miroir change les côtés droits en côtés gauches et les gauches en droits. Il en est nécessairement ainsi, parce que toute action
naturelle se fait de la manière la plus simple et dans le temps le plus bref
Le visage du miroir est celui de quelqu'un qui te regarde, dont l'œil gauche fait face à ton œil droit, comme font les lettres qui s'impriment et la cire prenant l'empreinte du cachet.
Toute la pupille possède la faculté visuelle qui se trouve répandue en tout point.
Les oiseaux nocturnes voient mieux la nuit que le jour : cela tient à l'accroissement et à la diminution de leur pupille.
Celle de l'homme double la nuit son diamètre, celle du duc ou du chat-huant croît dix fois autant, ce qui équivaut à loo fois la pupille de jour.
Outre cela, le ventricule placé dans le cerveau, dit imprensiva, est plus de dix fois l'œil humain, la pupille en représente moins de la millième partie.
Cette impreyn^jva de l'homme est comme une grande salle recevant la lumière par une petite baie.
Si tu fais un petit trou à un papier et que tu l'approches de l'œil et regarde une étoile, une petite partie de la pupille seulement opère et perçoit l'étoile avec un grand espace de ciel au loin. Si tu fais un autre trou au papier, tu verras la même étoile avec l'autre œil, et elle te paraîtra grande. Ainsi, tu vois avec tes deux yeux la même étoile deux fois, et l'une en grand, l'autre en petit.
De là vient que les grandes prunelles voient peu de jour, la surabondance de lumière empêchant la vue.
La nature protège l'œil de la lumière excessive en resserrant la pupille, et dans les diverses obscurités elle élargit la prunelle. La nature fait comme quelqu'un qui ferme un volet pour trop de lumière et qui, la nuit, ouvre.
Si tu lèves les yeux, tu verras beaucoup d'étoiles qui paraissent très petites, quoique en réalité beaucoup plus grandes que la terre,
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leur lumière ne leur est pas propre, elles reflètent le soleil.
Les étoiles n'ont pas de lumière, mais une surface comme la sphère de l'eau apte à recevoir et à rendre la lumière du soleil qui se mire en elles.
La toile des sacs devant les yeux ne voile rien ; si la vertu visuelle était concentrée en un point, plus les crins se rapprocheraient, plus vaste serait l'espace qu'ils auraient à occuper.
Tout endroit concave paraîtra obscur,, et plus obscur, vu du dehors que du dedans.
La pupille saisit les images par la prunelle.
Pourquoi la chose droite ne paraît pas gauche à l'œil.
Comment s'entrecoupent les espaces des objets, réunis par l'œil, dans l'humeur albugineuse.
La prunelle voit tous les endroits d'où elle est vue, parce qu'elle est la partie la plus saillante de l'œil.
Avec un œil, l'objet est moins clair que vu des deux yeux, car les ténèbres de l'œil fermé se mêlent à la lumière de l'œil ouvert.
Pourquoi les corps lumineux paraissent à leurs extrémités pleins de rayons droits.
Où réside limage dans l'œil.
L'œil ne sera jamais capable de voir la véritable terminaison d'aucun corps dont le champ est dans un milieu éloigné.
(Dessins exclusivement démonstratifs).
Date incertaine : composé de 3 carnets de notes de 96, 62, 96, folios de format 10, 6. 6.
MANUSCRIT K
CODEX ARCORNATl
Donne far H. Arconati, à la bibliothèque Ambro-
sienne, en 1674.
j^ f I à 7. — 2 f. 180. — 28 f. 19 à 47- — 1 manque 15.-134. - 16 à 32. - i à 8. — 142 f. en tout.
La lune dense et grave.
Si la pierre ou l'eau, sous le mobile incident, suivent le mouvement réfléchi que suivrait de lui-même le mobile incident, après sa percussion.
L'eau est le voiturier de la nature, elle transporte le terrain.
Les bergers de la Romagne, au pied des Apennins, font de grandes concavités en forme de corne et y mettent une corne et cette corne fait corps avec la concavité, d'où résulte un grand son.
Géométrie.
J'ai divisé le Traité des oiseaux en 4 livres le i" traite du vol par battements d'ailes ; 2^ du vol par faveur du vent; 3' du vol commun, chauve-souris, poissons, insectes ; enfin et 4' du vol instrumental ou artificiel.
3 V. et 4 rect. et 5 r. — 6 et 7 r. et v, 7 et 8 et 9. 1 1 et 12 r. et v.
Théorèmes.
Figure de nageur.
1 5 recto.
Néant. Du folio 15 au folio 48.
Proportions géométriques et mathématiques sans dessin, texte, d'intérêt nul.
La proportion ne se trouve pas seulement dans les nombres et mesures, mais aussi dans les sons, poids, temps et positions et en quelque puissance que ce soit.
Page blanche.
Levier automatique.
On verra apparaître de grandes figures en forme humaine qui diminueront en se rapprochant (ombres).
(Euclide, parties et multiples).
Géométrie.
La goutte qui tombe dans un lieu unifor-
mément dense et plein ressautera avec les extrémités de son vestige, hors de sa circonférence, à égales distances et en sens inverse.
56 r. et V.
Dessins au crayon.
Géométrie.
Vol des oiseaux.
Donc toi, Xénophon, qui voulais enlever des parties égales d'entiers inégaux croyant qu'encore que les restes fussent inégaux, ils demeureraient dans la même proportion que d'abord, — tu t'es trompé.
Géométrie.
61 r. et 62 V.
Pages blanches.
Géométrie.
Sur l'eau.
J'ai écrit en combien de manières l'eau creuse le fond et dépose le terrain sur le fond. De même pour les rives elle les élève et les pose; et en combien de manières, elle creuse le terrain des rives et comme, dans les inondations, elle va se répandre au-delà de ses digues.
(Proportions mathématiques sans aucun intérêt).
Si tu dis que la ligne droite est celle qui reçoit trois points d'égale hauteur dans son étendue, tu dis mal.
Mais si tu dis que la ligne droite est la plus courte entre deux points donnés, tu donneras sa vraie définition.
Fausse définition de la droite et de la courbe.
Le cercle est une figure parallèle parce que toutes les lignes droites conduites du centre à la circonférence sont égales et tombent sur la ligne circonférencielle entre des angles égaux et droits sphériques.
Le cercle est semblable à un parallèle rectangulaire fait du quart de son diamètre et toute sa circonférence, autrement dit de la moitié du diamètre et de la périphérie.
Lignes du cercle.
La soie du bœuf mise en eau morte d'été reprend sens, vie et mouvement, peur et fuite et souffre. La preuve en est qu'en la serrant, elle se tord et se délie. Mets-là de nouveau dans l'eau, elle prend la fuite et se sauve du péril.
81 à 92 r. et V.
Géométrie.
Au bastion vif, à chaque demi brasse de terre, il faut mettre une couche de saules ou de salicornes fraîches.
Mouvements de l'eau.
Croquis du pont de Cassano, sur l'Adda, près de Vaprio.
Jardin de Blois. Fra Giocondo.
Canal fait par Fra Giocondo {petite figure).
100 V. loi r. et V.
Canaux.
Des muscles qui s'attachent sur l'os, cheval (beau dessin démonstratif).
Les digues des fleuves frappées par les eaux doivent être d'autant plus obliques que la percussion de l'eau est plus puissante.
Mouvements de l'eau.
Il y a trois aspects des ombres et des lumières :
i" Quand l'œil et la lumière sont du même côté de l'objet.
2" Quand l'œil est devant l'objet et la lumière derrière.
3" 'Quand l'œil est devant l'objet et la lumière de côté.
Une autre division de la peinture : nature de l'objet posé, réfléchi, placé entre l'œil et la lumière.
106 V. 107 r. et V.
Mouvement.
Fais l'anatomie de la jambe jusqu'au flanc et puis des os sciés pour voir la grosseur des os.
Canaux et moulins du Tessin.
Aiessire Vincent Aliplande, qui habite près de l'hôtellerie du Corso, a le Vitruve de Jacques André.
Je prends note de montrer la différence qu'il y a de l'homme au cheval et aux autres animaux. Je commencerai par les os, puis je suivrai les muscles qui sans cordes naissent et finissent aux os, puis ceux qui naissent et finissent aux os avec cordes et puis ceux qui sont avec une seule corde d'un côté.
Aucun mobile ne sera jamais plus rapide que la partie du moteur qui le touche.
Tonnerre.
Mouvements.
L'ombre dérivative est d'autant plus puissante qu'elle est plus voisine de son principe.
(Page blanche).
Pour ôter l'odeur de l'huile.
113 r. et V.
Vents.
Epis colorés et glaces de colle.
Cheveux colorés en œil de paon.
115 r. et V. 116 r.
Calcédoine et vernis, colles.
Un édifice.
Moulins.
Le sang desséché et distillé fait une puissante distillation et fortement dissolutive, mais c'est un poison.
Rubans colorés, colle forte.
Pour voir l'effet de la prunelle, fais faire une chose semblable en cristal.
Structure de l'œil.
1 19 V. et I 20 r.
Illusions d'optique.
Si l'œil est au milieu de la course de deux chevaux qui courrent parallèlement, il paraîtra qu'ils courrent l'un contre l'autre parce que les images qui s'impriment sur l'œil se meuvent vers le centre superficiel de la pupille.
121 r. et V.
Yol des oiseaux.
1 22 r. et V. 1 23.
Étoiles.
Perspective du mouvement.
Perspective sphérique.
Optique.
Proportions d'eau.
Jean de la Roquetaillade, franciscain français, auteur de....
Johannes Rubricata et Robbia.
(Quelques lignes sans aucun sens).