‹ Les manuscrits de Philippe Le Geyt, ecuyer, lieutenant-bailli de l'île de Jersey (volume 3)Chapitre 42 sur 77 · ARTICLES DE PEKIN ET CARTEBET · texte numérisé non relu

ARTICLES DE PEKIN ET CARTEBET

Jean De Carteret, Gent., ayant de présent mieux digéré les causes de ses complaintes à leurs Honnears, touchant le crédit de Monsieur le Capitaine, quil n'avoit fait ayant ses dites présentations, les a reconnues injustes et légères, et ledit Sieur non entaché de ce qu'ils importent, suivant la règle que Messieurs y avoyent mins, se submettant de contribuer avec Monsieur le Capitaine en la somme de 39 Is. 5 sol&, sterL, pour sa part des coustages déboursez aux Commissaires. Quant à la peine encourue sur ses pièges par sa demièlre absence, s'en est submis à la délibération et bonne volonté dudit Sieur, de laquelle ses pièges demeurent déchargez: promettant à Tayenir se. comporter en tel devoir qu'il ne tombera en tels impropères.

J'avoue que voilà le Gouverneur triomphant, et je n'entreprens pas de justifier les vaincus. Mais, outre mes précédentes remarques sur la conduite de Messieurs les Commissaires, s'il m'est permis d'ajouter encore quelques scrupules : premièrement, Perin et Carteret étant si coupables, d'où vient qu'on ne met en conte que 39 Is. 5 sols sterl., qui est la moitié de l'argent qu'on donne aux Commissaires. L'Ordre du Conseil du 15 Febvrier, 1590, n'avoit-il pas dit, que nonobstant l'avance que les parties devoyent faire chacun de sa quote part, the whole charges botk in the suinff o/the said Commission, the deffaying ofthe said Cammissianers^ charges and otherwise shall be entirefy home hy such onely of the parties above named as, upan due hearing and examination of the matters

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$hàU héfaund eulfàble. En second Heti, lesSe^fnetn du Consdl ayant, le damier Juin, 1591, expressément déclaré que, depi&is le retonr des Commissaires, le Sibor Jean De Carteret avoit mis en avant quelques exceptions contre eux et leor procédé et qne le Conseil ronlbit soutenir les Commissaires, to presêrw and maintaine their ioings asjnat andupriffht in the exetu^ Hon ùf their chargej je sois un peu surpris de ce que, panm tant de pièces de ce grand débat, on ne ▼oye ni les exceptions, ni ccmfirmation aucune du Eapport des Commissaires ; si ce n'est en ces termes généraux, to préserve and metintaine. En troisième Meu, supposons que Sém De Carteret ayt fait ses soumissions envers les Commissàkes, comme il a fient ^vers le Gkmyemeur, n'est-il pas étonnant que le Baillj, qui éfoit allé lui-même présenter des Articles, et qui avoit été accusé, comme l'avoit été son neveu, ne reçoive satisfiu^tion aucune? H se trouve même un Acte par lequel, dès le 28 May, 1591, qui est environ un mois après le départ des Commissaires, il résigne sa charge à Jean Dumaresq, Sieur de Yinohelès de Bas, qui la lui avoit auparavant résignée. H est vrai que^ le Sieur Oeorge Foulet accompagna les Commissaires, qui sortant dé l'Isle s'en allèrent à €hiemesey, malis cela n)e Vobligeoit pas à résigner sa éhiarge, s'S n'en avc^ eu quelq^ie autre motif particu* lier. Su quatrième liett, si les Craunissaires exposent le Gkmv«a»ieur aaat témdnsetàl»baiïe^ comme ils parlent, n^est-il pas évident, que ce n'est que sur des fiâts et dans des oocasioiis dcut ils le peuvent tirer,

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comme ils fotnt toujours, avec honneur et à la plus grande confusion de ses parties adverses! au lieu qu'ils passent légèrement sur beaucoup d'autres importantes matières. En cinquième lieu, le Sieur Anthoine Poulet, n'ayant fait serment de Gouverneur que le 4e Juillet, 1590, pourquoy étoit ce auparavant un crime de solliciter pour Mylord Seymor, plûtost que pour luy î Si Ton dépêche un homme en faveur du Sieur Anthoine Poulet, comme il a été rapporté ci-dessus, d'où vient que quelques personnes qui travaillent pour l'un des Pairs du !Boyaume sont représentées pour des cabalistes ! Est-il possible que, comme on le dit, pendant que les confédérez de Jean De Carteret commettoyent tant de désordres, leurs adversaires demeurassent dans une pure souffrance ? Il &udroit que cet homme qu'on appelle le promoteur de la discorde et le procureur des mécontens, eust été non seulement le plus téméraire, mais le plus ridicule du inonde, si son opiniâtreté n'avoit eu quelques considérables griefs pour fondement : aussi le témoignage de plusieurs des Ministres est^il fort vague. Il est fait mention de deux parties ; les vaincus ont toujours tort, et si Mylord Seymor eust obtenu le gouvernement, il ne faut pas douter que ses opposans n'eussent été criminels. En sixième lieu, les termes de la reconnoissance que le Conseil Privé prescrit au Sieur Jean De Carteret de faire, parpissent forts à, la vérité, mais il ne sont pas, ce me s^nble, assès clairs. On diroit que, de la manière dont il obéit, il n'a fait que manquer de preuve; non déficit jus^ sedprobatio :

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et qu'il ne se sonmet que parce qu'il ne le peut plus éviter. Cette forme de reconnoissance répond-elle aux attentats et à la malice dont on le prétend avoir conconvaincu ? L'Acte du 22 Janvier, 1591, est encore moins précis que le modèle de sa reconnoissance qui fut envoyé d'en haut. Il avoit infiniment £Eitigué le Conseil de la Reyne ; il venoit de dépiter la Cour de Jersey par ses fuites et contumaces. S*il avoit fait tout cela sans qu'on luy en eust donné quelque sujet, j'admire la miséricorde dont on use envers lui. Les paroles qu'il prononce ont presque autant l'air d'un accommodement, que d'une condamnation. Four ce qui est de la pénalité qu'il avoit encourue en la personne de ses Pièges, s'il s'en remet à la bonne volonté du Gouverneur, je ne doute point qu'on ne l'eust assuré de la bonne composition qu'il en devoit attendre. Car nous trouvons sur les Registres, qu'ensuite un autre mandement de prise de corps fut décerné sur lui ; qu'il y eut ordre d'entrer chès lui par force, et qu'immédiatement après il s'enfuit en Angleterre. Auroit-il une seconde fois porté les choses à cette extrémité, s'il n'avoit, en se soumettant à Mohsieur le Gouverneur, espéré quelque modération qu'on ne lui voulut point faire î H obtint du Conseil Privé un terme pour payer sa quote-part de la dépense et frais des Commissaires, et la pénalité de ses Pièges ne paroît point avoir été poursuivie.

Enfin, si le Sieur Jean De Carteret étoit aussi turbulent que les Commissaires le déclarent en tant d'endroits, il n'y a personne qui ne se doive figurer

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une grande métamovj^ioie en lui, 4iap U temps de cette lettre que, dix mis afiièe, Meeeiie Woltar Balejr, Gkmyemear, écrit à la Jnsldoe. 4/^ ^^^ ^^^^ ^^^"^ jMiufa{r9fM: TFK^fWf I nndersUmd that tkere i$ a dissefUion in the Jbland hetmeen Mr. Jean Carteret and Ahrak Poulet^ his $an4n4aw ; as lam sorry to keare ç/itf so lam désirons that tkere majf he an attansmsntj the rather because of the ingratitude 0/ the sonne im law to accuse Mr. Carteret of his unworthinesse in Justice. And for my part I protest I neiger conedved anjf iU ofMr. Carteret^ but havefound him honest amd verjf sufkient at the Court a$id elsewhere^ in feUowing those affaires which he hath undertaken. Ther^ore I will hâve him to continue in the charge andnottodesist bjf oiny man's malidous accusations^ or i» be removed from doimg of Justice. And that if his innoeencjf skaU appeare^ as if now seemeih to me^ that you wiU npon examinaçon and yood regard ofhis crédit j cause saHS" faction to be mode according to the p$aliiie of the ofense, as Md Loiwes and Customes ofthe Mand doe permitt^ and in former Urnes hath been accustomed. WhereAn you mmst hâve especiall care, that there may be no par^ tiallitie^ but Justice, administered, according to the Lawes. And so I commit you to God. Erom w^ house at Shirebome the 2â«& ff SepÈmbir, 1601. Your very hvingfriend and Governar, W. Ral^.

Dans tous ces Articles, outre la mutinerie dont on diarge Jean De Carteret, on ne Taccuse d'mtre chose que de n'avoir pas contribué pour la poudre que le Gouverneur acheta pour riak» La grande inimitié

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q«i md n souyent ce qui n'eirt pai, ponnoit^e «0 cettf rencontre arofar oublié des défauts et des crimes, s'il y eu ayoit eu de véritables 1 Au reste, que pouToit le Sieur De Carteret espérer, ayant eu teste un Gouyeroeur, un Bailly et, si j'ose le dire, des Commis saires i^ré-oooupezî H &Uoit que, pour se faire entendre, il sunnontast le crédit de tant de personnes d'autorité, qu'on n'abandonne presque jamais à la poursuite des psrtiouliers* En effet, il y a des erreurs qu'il importe de cacher, du moins lors qu'elles ne sont pas trop grossières. Ce ne seroyent que calomnies et rebellions, si l'on inrestoît facilement l'oreille aux murmures et au plaintes. Les Seigneurs du Conseil ne sont pas coupaUes des £ûts qu'ils ont apparemment ignorés ; il n'ont &it que suivre le rapport de leurs Commis- -saires. Ce n'est pas que comme dans cette Lettre on voit un grand témoignage de la suffisance du Sieur De Carteret, on n'y trouve aussi beaucoup de marques de son opiniâtreté. Sa querelle avec Messieurs Poulet finist à peine quinze ou seize ans après. Luy et son fils Ph. De Carteret, alors Procureur du Roy, furent des premiers à solliciter la Commission des Commissaires de 1607. Ils attaquèrent encore alors le même Bailly Poulet, et ce Procureur disputa presque toutes les prérogatives du Seigneur de St Ouen. H y a des gens qui ne s'appaisent jamais. Le père surtout étoit extrêmement dans le tort en 1590, quand, après des Lettres Patentes, il ne se soumettoit pas au Gouverneur. Mais cela ne le rend pas coupable de tout ce que ses ennemis insinuent, ni ne justifie point

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