PREMIÈRE PARTIE
La première partie ne sera guère autre chose qu'un Catalogue, dans lequel seront soigneusement décrits les manuscrits que j'ai pu étudier moi-même, et signalés ceux que je n'ai connus qu'indirectement, par l'intermédiaire de quelque publication antérieure.
Il est possible que plus d’un manuscrit, conservés dans des bibliothèques publiques, m'aient échappé; il est certain que nombreux sont ceux qui, jalousement gardés, parfois soigneusement cachés dans des bibliothèques privées, ne seront pas mentionnés ici. Les catalogues des bouquinistes du XIX:° siècle, surtout ceux de Paris et de Londres, ont offert souvent des manuscrits du Roman de la Rose qui ne se retrouvent pas dans des dépôts publics ; j'ignore ce que beaucoup sont devenus; quant à ceux dont J'ai pu suivre les pérégrinations, il ne m'appartient pas d'indiquer où ils se trouvent actuellement. Je ne mentionnerai des bibliothèques privées que les mss. qui m'ont été communiqués et ceux qui ont été déjà signalés, soit dans des catalogues imprimés de ces bibliothèques, soit dans des revues.
Le nombre des mss. complets ou fragmentaires que je cataloguerai dépasse deux cents; il est impossible d'évaluer, même par approximalion, ceux des bibliothèques privées ; il en existe dans tous les pays d'Europe, et même, parait-il, dans le Sud de l'Afrique (1). Barbazan en connaissait à Paris 209, « en différentes bibliothèques et cabinets 2) ». Depuis quelques années, l'Amérique en fait provision. Mais le nombre des mss. qui existent aujourd'hui, tout considérable qu'il soit, ne représente qu'une bien faible partie de ceux qui ont existé. Les témoignages de cette abondance, peutêue unique dans l'histoire du livre écrit à la main, sont divers :
1) On en avait signalé un au Cap à G. Paris.
Voir ci-dessous la notice du ms. Arsenal 2980.
influence extraordinaire du roman dans la littérature subséquente ; inventaires des anciennes bibliothèques; ex libris, qui montrent que le poème était répandu dans toutes les classes instruites de la société, ete. Le plus suggestif de ces témoignages est celui que fournit le classement des mss., en révélant dans leur filiation une quantité considérable d'intermédiaires perdus (1).
L'ordre que j'ai suivi pour mes notices est celui qui permettra de trouver le plus rapidement un manuscrit cherché : bibliothèques publiques et privées de Paris, de Chantilly, des autres villes de France par rang alphabétique ; ensuite, bibliothèques des différents pays d'Europe et d'Amérique ; enfin, mentions de mss. perdus, signalés dans des documents anciens.
BIBLIOTHÈQUE NATIONALE fr. 318 (anc. 6988 22?)
Parchemin, 0,365 sur 0,272, fin du XIIe siècle {?), 74 feuillets à trois colonnes de 60 vers. Début du % feuillet : Qu’ele eust non misericorde. Miniatures (2).
Ms. décrit par P. Paris, Les Manuscrils françois, LI, 246.
1°, — Fol. 1a-id. « C’est des trois mors et des trois vis ». Dit de Baudouin de Condé, publié en dernier lieu par A. Scheler, dans les Dits et contes de Baudouin de Condé et de son fils Jean de Condé, I, p. 197-203 (Bruxelles, 1866-1867, 3 vol. in-8°).
90, — Fol. 1d-3f. «C’est li dis des Quatre sereurs ».
Par un sien saintisme poete
Ce poème allégorique, en 840 vers environ, est attribué dans le présent ms. à Richard de Fournival. M. Robert Reinsch en a imprimé les 43 premiers et les derniers vers dans lArchiv für das Studium der neueren Sprachen und Literatur, LXII (1879),
(4) Le Roman de la Rose a eu des adversaires terribles : « Si esset mihi liber Romancii de Rosa, qui esset unicus, et valeret mille pecuniaruæ libras, comburerem eum potius quam ipsum venderem ad publicandum eum sicut est, Si scirem ipsum [Johannem Medunensem| non egisse penitentiam, non potius rogarem pro eo quam pro Juda. Si audirem confessionem persone que abuteretur, preciperem ei ut multa deleret yel prorsus eum abjiceret » (J. Gerson, sermon pour le 4° dimanche de l'Avent. Edition de 1706, €. IV, col. 931).
(2) Une de ces miniatures est reproduite dans l’Æisloire de la Langue el de la Lillérature française, publiée par Petit de Julleville, IT, p. 120.
p. 379. Il en existe d'autres copies, dont M. Paul Meyer a donné une liste dans la Romania, XXXVII, p. 48ë.
3°. — Fol. 3. «La Bible Hugue de Berzi ».
Cil qui plus voit plns doit savoir.
Sur cet ouvrage et son auteur, Huon de Berzé, voir Romania, XVII, p. 553; Ch. V. Langlois, La Vie en France au moyen-dge d'après quelques moralisles du temps. Paris, 1908, in-12.
4°, — Fol: 6. «Li dis de la Tremontaine ».
Dame plus douce que seraine
P. Paris a publié de ce poème, d’après le présent ms., la première et la dernière strophes, et trois autres qui donnent une curieuse description de la boussole (Man. françois, HT, p. 249) ; ces trois dernières avaient été déjà publiées par lui, par Fr. Michel et par F. Wolf, d’après le ms. de Rothschild 2800, alors qu'il appartenait encore à Techener. (Voir la notice da ms. de Rothschild.)