quatrains moraux, dont le premier est
Sapience au commencement D’oiïr donne homme (5) entendement,
De Dieu servir et bien amer, Mais li fol n’y veullent penser (6).
3°. — 27 quatrains moraux, commençant par :
Les mandemens souvent repeteras,
Car en lysant cy dedens trouveras
Moult de choses qui sont a eschiver ;
Or entens doncques ces mos sans estriver (7).
(1) Voir ci-dessus, p. 168.
(2) Elle parle de ce ms. aux pages 62-63, 65-66.
(3) L'Hôtel de Cluny, p. 61-71.
(4) Ausgaben und Abhandlungen... LXXX VII, p. 232. (5) Lisez D'homme oùr donne.
(6) L'Hôtel de Cluny, p. 105-418.
(7) Tbid., p. 119-126.
4°.— 18 autres quatrains, dont plusieurs se retrouvent en entier ou en partie parmi ceux qu'a publiés Caron d'après le ms. d'Arras 845 (1). Voici le premier :
Hours, lyon, chat, singe et chien, Ces v bestes aprenon bien;
Mais on ne puet par nul engien Mauvaise femme aprenre bien (1).
o° Enseignements, se composant de 16 vers octosyllabiques en -ir, et de 8 vers en -as :
(Beau filz), se tu veulz a honneur venir, Il te convient de toy bannir.
Apren, si sayras, Se tu scés, tu avras.
Ces 24 vers ont été reproduits par F. Wolf (Zbid., p. 235).
M. Rouart a publié dans le Bulletin du Bibliophile, année 1860, p. 976-87, une notice sur un ms. du Roman de la Rose, sans dire à qui il appartenait, ni où il se trouvait. Ce ms. «est presque tout sur papier », du XVe siècle, à 2 colonnes de 40 à 42 lignes :
Cy commance le Romant de la Rose, Ou l'Art d'Amours est toute enclose.
Aucunes gens cuident que en songes
Atant fut jour et je m’esveille, Amen.
Cy finis le Romant de la [Rose], (3)
Ou l’Art d’Amours est toute enclose.
Le poème de Guillaume de Lorris est immédiatement suivi du dénouement anonyme en 72 vers (4) :
Cy dit l’amant comment Pitié vint a luy pour le reconforter : Ainsi qu’estoye en tel destresse
Entre ce dénouement et le poème de Jean de Meun :
1) Voir ci-dessus, p. 106, n. 5.
2) L'Hôtel de Cluny, p. 127-128.
) Le copiste, au lieu d'écrire le mot, a figuré une rose. ) J'en donnerai dans mon édition du roman les variantes d'après Rouart.
L'an et jore que maistre Guillaume (1) De Lorriz fina son romant.
En l’an de l’Incarnation
Jhesu Crit par dupplication
De six cens et cinq et quarante, Le jeudy devant ce qu’on chante Resurrexi, fut terminez
Cy romant et ainssi finez,
Com maistre Guillaume le fine Et com je suppose et divine.
Car plus n’en ay nul lieu (2) leü En romanz que j’ayes veü
Ne par (3) rimes ne autrement.
Si vouldray retourner briefment A la fin que maistre Jehans
De Meung a fait a ce romans.
Cy commance le Romant maistre Jchan de Meun, et le partit jusques a la fin. Et premierement s'ensuit le traittié que il rima endemantiers que Belacueil estoit en prison, et pour ce qui luy sembla que maistre Guillaume de Lorris mettoit un peu de ventence en ce qu’il venoit si toust a fin d’avoir s'amie a son talent, pour ce fist il ce traictié plus long, affin de lesser Belacueil encor en prison, et dit en ceste maniere, ainsi que vous orrez plus a plain, et se commance comme en faisant l’amant une complainte a Belacueil :
Et sy l’ay je perdue espoir
Tout ce passage est extrait de la rédaction de Gui de Mori (4) ; le dénouement anonyme, publié par Rouart, présente les mêmes variantes que le ms. de Tournai et que celui de l'abbé de Tersan, aujourd'hui à Maihingen (5), deux copies de ce remaniement. De ces rapprochements peut-on induire que le poème de Guillaume de Lorris et celui de Jean de Meun sont aussi de la même rédaction dans le ms. connu de Rouart ? Pareille conclusion serait téméraire, étant donné l’âge de cette copie. Rouart en a donné les douze premiers vers; elle commence ainsi :
Aucunes gens cuident que en songes N'ait se fables non et mensonges,
(1) Le ms. donne quitte, suivant Rouart, pour Guillaume. Cf. ci-dessus, p. 164, Guille dans le ms. de l'abbé de Tersan.
(2) Rouart a.milieu 1.
(3) Rouart pas.
(4) Cf. mon mémoire sur cette composition, dans la Bibliothèque de l'Écote des Chartes, LXVIIT (1907), p. 249-71, et ci-dessus, p. 164.
(5) Voir ci-dessus, p. 164.
au lieu de :
N'a se fables non et mençonges.
Les variantes que j'ai soulignées se trouvent déjà dans des mss. anciens ; aucunes peut avoir été plusieurs fois substitué à maintes, pour permettre l'élision de que: mais la leçon cuident que n'ait appartient à un groupe, auquel le ms. de Rouart la doit probablement. Le ms. de Tournai et celui de l'abbé de Tersan ont la version commune.
Le vers 10 est suivi dans le ms. de Rouart de deux autres que je n'ai rencontrés dans aucune des copies que j'ai collationnées :
Qui avint au roy Cippion, (v. 10) En Aufrique la ou il yere, Qui est moult merveilleuse et fiere.
Rouart pense que ces deux vers « pourraient bien n'être qu'une glose ajoutée »; sa remarque me fait supposer qu'ils sont suivis dans son ms. des v. 11-12 de la leçon commune: il ajoute d’ailleurs que le texte de ce ms. est généralement conforme à celui de Méon; et c'est visiblement à cause de l'addition au vers 40 qu'il a publié le début du poème ; si la variante avait été plus étendue, il n'aurait donc pas manqué de le dire. Or. d'une part, les deux vers interpolés dans le ms. de Rouart ne sont pas dans celui de Tournai. et, d'autre part, celui-ci remplace les v. 11-12 par 10 vers de Gui de Mori sur les songes.
Bref, il n'est pas douteux que le texte du ms. connu par Rouart ne soit composite, comme celui de tous les mss. du XVe siècle ; il est probable que dans ses leçons il s’en trouve qui proviennent de Gui de Mori.
J.-L. Bourdillon, de Genève, possédait un ms. du Roman de la Rose, qui figure sous le n° 103 dans le catalogue d'une vente qu'il ‘se proposait de faire en 1830, mais à laquelle il renonça, et sous le n° 605 dans le catalogue de la vente qui eut lieu en 1847. Il fut adjugé pour 605 francs au libraire Potier. C'était un ms. sur parchemin, du XIVe siècle, ayant 183 feuillets à deux colonnes, ornés de 39 miniatures. Outre le Roman de la Rose, il contenait le Testament de Jean de Meun (1).
(1) Journal des Savants, 1900, p. 158 et p. 164.
Parmi les mss. de la seconde moitié du XIVe siècle dont les miniatures ont un encadrement tricolore, M. Léopold Delisle mentionne, dans ses Recherches sur la librairie de Charles ÿ (1), un Roman de la Rose de la bibliothèque Didot, n° 33 de la vente de 1878, «peut-être l’exemplaire du cabinet de Paillet, annoncé dans le Bulletin mensuel de la librairie Damascène Morgand, février 1887, p. 404 et 102, no 12199 ».
Suivant le catalogue Didot dé 1878, ce ms. (n° 33) est un in-folio, du commencement du XIVe siècle, composé de 180 feuillets à deux colonnés, les feuillets 49, 106-113, 130-137 étant du XV° siècle. Le Roman de la Rose occupe les f. 1-149 :
Ce est 1 Romans de la Rose, Ou l'Art d’Amours est toute enclose.
Que tout quanqu’i ai récité Est fine et pure vérité.
Explicit le Roman de la Rose, Ou l'Art d’Amours est toute enclose.
Le roman est suivi du Testament et du Codicille. Le ms. a appartenu à Thomassim ; il porte des notes de Monmerqué. j
Dans le Cabinet des Manuscrits (1, p.37), M. L. Delisle citait encore, comme ayant l'encadrement tricolore, un ms. du Roman de la Rose qui a figuré à Paris, en 1865, à l'exposition rétrospective des beaux-arts appliqués à l'industrie. I n'est plus mentionné dans les Recherches sur la librairie de Charles V. peut-être doit-il être identifié avec le ms. Didot, ou avec celui de M. Cockerell, signalé précédemment (2).
Un ms. de la bibliothèque du comte de Charlemont, vendue en 1865, à Londres, a été l'objet de plusieurs communications de M. Paul Meyer dans la Bibliothèque de l'École des Chartes, 6e série, I, p. 598, et dans la Romania, XVII (1888), p. 326, et XXXIV 1905), p. 88. On y lit, au bas de la première page, la signature de « Ph. Desportes ». En 1887, il était signalé par les Modern Languages Notes, p. 42, dans une bibliothèque privée d'Amérique. Suivant une
(1) I‘ partie, p. 66.
(2) Page 152.
note inscrite par Boivin le jeune en 1720 sur une feuille de garde, il serait de l'écriture de Flamel, secrétaire du due de Berry; mais M. Paul Meyer a fait justice de cette fausse attribution. Un feuillet ajouté en tête du volume contient le sonnet d'Antoine de Baïf au roi Charles IX sur le Roman de la Rose (1).
Une mention spéciale est due, à cause de son explicit, à un ms. décrit dans le catalogue de la vente, qui eut lieu à Londres le 25 mai 1889, de la collection Hamilton. Parchemin, 14 pouces 1/2 sur 10 (2), 137 feuillets à deux colonnes de 44 lignes ; miniatures en grisaille :
Maintes gens dient que en songes
Atant fu jour et je m’eweille.
L'explicit primitif a été gratté et remplacé par :
Cy gist le Romant de la Rose,
Ou tout l’Art d’Amours se repose, La fleur des beaulx bien dire lose, Qui bien y entend texte et glose.
Aucuns blasment qu’il n’est en prose, Mais le moyne Castel s’oppose Qu’'autrement soit pour nulle chose, Car tout grant clerc qui se dispose D’entendre la substance enclose Dedens, et les vers pointe et pose, Savoure et gouste en longue pose Tout ainsi que l'acteur propose
En ryme et sens et se compose.
Est bien digne qu’on le despose
Et que silence on luy impose
Qui rien y contredit ou glose (3).
(1) M. Paul Meyer a imprimé ce sonnet dans sa première note; dans la seconde il a reconnu qu'il figurait déjà dans le recueil des Œuvres d'A. de Baïf. J'ajoute qu'il a été publié aussi dans l’édition du Roman de la Rose de la veuve Pissot, 1, p. x1, dans le Supplément au glossaire de Lenglet du Fresnoy, par Lantin de Damerey, et par Raynouard dans son compte-rendu de l'édition du Roman de la Rose de Méon (Journal des Savants, 1816, p. 68).
(2) Environ 0,355 sur 0,255.
(3) Catalogue of ninely-one manuscripls on vellum... chiefiy from the famous Hamillon collechon, an till lately in the possession of 1he Royal Museum of Berlin, which will be sold by auction by Mesrs.Solheby, Wilkinson and Hodge...
M. Paul Meyer suppose que ce ms. provient de la bibliothèque de Mac-Carthy,
Parmi les extraits donnés par la Romania (1) d'un catalogue de la librairie B. Quaritch, publié en 1893 (2), je note, outre le n° 34 (3) de la vente de juin 1878, de la bibliothèque Didot, un ms. du Roman de la Rose, exécuté vers 1475, richement enluminé, ayant fait parue des collections Galitzin et Perkins.
Ce pourrait être le ms. du XVe siècle, orné de 74 miniatures, provenant de d'Urfé, qui figurait à la vente de l'Anglais Perkins.
vendue à Paris en 1815 (Romania, XXV (1896), p. 545, note 2). Cependant, le nom de Mac-Carthy ne figure pas dans une liste des possesseurs du ms. que vient de publier M. Seymour de Ricci dans la Revue des Bibliothèques, 1910, p. 81, lorsque déjà la présente page était en placard. Cette liste commence en 1765, et comprend les noms de L. J. Gaignat, Picard, Philippe l'aîné, Bleuet (libraire), C. J. Clos, Pichard, marquis de Douglas, duc de Hamilton, A. de Naurois, Rahir; le possesseur actuel n'est pas nommé, et je ne le nommerai pas.
4) Romania, XXIII (1894), p. 298.
(2) Dans le catalogue de janvier 1902 de la même librairie, un autre ms. du Roman de la Rose est offert : En parchemin, in-folio quarré, de 1380 ou 1390 environ, 157 feuillets à deux colonnes de 34 et 35 lignes ; 13 dessins à la plume; dans une couverture en parchemin. Le premier feuillet est du XVII siècle et contient deux grisailles.
Il n'est pas difficile de reconnaître dans cette notice le n’ 752 du catalogue de la vente des livres du baron Pichon, qui eut lieu en mai 1897, bien que dans ce dernier catalogue le ms. füt daté du XV’ siècle.
(3) Voir ci-dessus, p. 198, n. 1.