PREMIÈRE PARTIE
La première partie ne sera guère autre chose qu'un catalogue, dans lequel seront soigneusement décrits les manuscrits que j'ai pu étudier moi-même, et signalés ceux que je n'ai connus qu'indirectement, par l'intermédiaire de quelque publication antérieure.
Il est possible que plus d'un manuscrit, conservés dans des bibliothèques publiques, m'aient échappé; il est certain que nombreux sont ceux qui, jalousement gardés, parfois soigneusement cachés dans des bibliothèques privées, ne seront pas mentionnés ici. Les catalogues des bouquinistes du XIX: siècle, surtout ceux de Paris et de Londres, ont offert souvent des manuscrits du Roman de la Rose qui ne se retrouvent pas dans des dépôts publics ; j'ignore ce que beaucoup sont devenus ; quant à ceux dont j'ai pu suivre les pérégrinations, il ne m'appartient pas d'indiquer où ils se trouvent actuellement. Je ne mentionnerai des bibliothèques privées que les mss. qui m'ont été communiqués et ceux qui ont été déjà signalés, soit dans des catalogues imprimés de ces bibliothèques, soit dans des revues. .
Le nombre des mss. complets ou fr'agmentaires que je cataloguerai dépasse deux cents; il est impossible d'évaluer, même par approximation, ceux des bibliothèques privées; il en existe dans tous les pays d'Europe, et même, parait-il, dans le Sud de l'Afrique (1). Barbazan en connaissait à Paris 209, « en différentes bibliothèques et cabinets ‘2) ». Depuis quelques années, l'Amérique en fait provision. Mais le nombre des mss. qui existent aujourd'hui, tout considérable qu'il soit, ne représente qu'une bien faible partie de ceux qui ont existé. Les témoignages de cette abondance, peutêtre unique dans l'histoire du livre écrit à la main, sont divers :
(1) On en avait signalé un au Cap à G. Paris.
(2) Voir ci-dessous la notice du ms. Arsenal 2989.
influence extraordinaire du roman dans la littérature subséquente ; inventaires des anciennes bibliothèques; eæ libris, qui montrent que le poème était répandu dans toutes les classes instruites de la société, etc. Le plus suggestif de ces témoignages est celui que fournit le classement des mss., en révélant dans leur filiation une quantité considérable d'intermédiaires perdus (1).
L'ordre que j'ai suivi pour mes notices est celui qui permettra de trouver le plus rapidement un manuscrit cherché : bibliothèques publiques et privées de Paris, de Chantilly, des autres villes de France par rang alphabétique ; ensuite, bibliothèques des différents pays d'Europe et d'Amérique ; enfin, mentions de mss. perdus, signalés dans des documents anciens.
BIBLIOTHÈQUE NATIONALE fr. 378 (anc. 6988 2%?)
Parchemin, 0,565 sur 0,272, fin du XIIIe siècle (?), 74 feuillets à trois colonnes de 60 vers. Début du % feuillet : Qw'ele eust non misericorde. Miniatures (2).
Ms. décrit par P. Paris, Les Manuscrils françois, IX, 246.
1°, — Fol. 1a-1d. « C'est des trois mors et des trois vis ». Dil de Baudouin de Condé, publié en dernier lieu par A. Scheler, dans les Dits el contes de Baudouin de Condé el de son fils Jean de Condé, T, p. 197-203 (Bruxelles, 1866-1867, 3 vol. in-8°).
90, — Fol. 1d-3f. « C’est li dis des Quatre sereurs ».
Par un sien saintisme poete
. Ce poème allégorique, en 840 vers environ, est attribué dans le présent ms. à Richard de Fournival. M. Robert Reinsch en a imprimé les 43 premiers et les derniers vers dans lArchio für das Studium der neveren Sprachen und Lileratur, LXIT (1879),
(4) Le Roman de la Rose a eu des adversaires terribles : « Si esset mihi liber Romancii de Rosa, qui esset unicus, et valeret mille pecuniarum libras, comburerem eum potius quam ipsum venderem ad publicandum eum sicut est. Si scirem ipsum [Johannem Medunensem] non egisse penitentiam, non potius rogarem pro eo quam pro Juda. Si audirem confessionem persone que abuteretur, preciperem ei ut multa deleret vel prorsus eum abjiceret » (J. Gerson, sermon pour le 4° dimanche de l'Avent. Edition de 1706, t. IV, col. 931).
(2) Une de ces miniatures est reproduite dans l'Hisloire de la Langue el de la Lillérature française, publiée par Petit de Julleville, IT, p. 120.
p. 379. Il en existe d'autres copies, dont M. Paul Meyer a donné une liste dans la Romania, XXX VII, p. 485.
3°. — Fol. 3. « La Bible Hugue de Berzi ».
Cil qui plus voit plns doit savoir.
Sur cet ouvrage et son auteur, Huon de Berzé, voir Romania, XVII, p. 553; Ch. V. Langlois, La Vie en France au moyen-4ge d'après quelques moralisles du temps. Paris, 1908, in-12.
4, — Fol. 6. « Li dis de la Tremontaine ».
Dame plus douce que seraine
P. Paris a publié de ce poème, d'après le présent ms., la première et la dernière strophes, et trois autres qui donnent une curieuse description de la boussole {Man. françois, WI, p. 249) ; ces trois dernières avaient été déjà publiées par lui, par Fr. Michel et par F. Wolf, d’après le ms. de Rothschild 2800, alors qu'il appartenait encore à Techener. (Voir la notice du ms. de Rothschild.)
5o. — Fol. 7. « Dis des trois mors et des trois vis ».
Conpains, vois tu ce que je voi?
Poème publié d'après le présent ms. par A. de Montaiglon, dans l'Atphabet de la mort, par Hans Holbein (Paris, 1856,in-8°). D'autres ss. en ont été signalés dans la Romania, XXV, p. #16.
6°. — Fol. 8. « Li dis dou cerf amoureus ».
As sages loiaus honorables
Il existe d’autres mss. de cette pièce. Voir ZZést. tilt., XXII, 290. 1. — Fol. 9. « La Comparoiïison dou Faucon ».
Gil qui trop prise ce qu'il n'eure
Voir Hist. Litt., XXITE, 290.
8°. — Fol. 9. « La Comparoisons dou Pré ».
Ki de raison son cuer atempre
Noir HSM XXITI253:
9%, — Fol. 10. « C’est dou roi qui racheta le larron ».
Ki riche oevre met entre mains
Voir Hist. titt., XXIIT, 130.
10°. — Kol. 11. « De la brebis desrobee ».
Li preudons qui het les descors
Voir ist. litt., XXIIL, 259.
flo. - Fol. 12. « Dou sot le conte ».
Molt est li hon de grant hautece
Voir Hist.dtitt., XXIIT, 167.
Le contenu de tous ces poèmes a été sommairement indiqué par P. Paris dans Les Man. fr., L, p. 246 et suiv.
12%. — Fol. 13. Le Roman de la Rose.
Cist commence li Romans de la Rose:
Mainte gent cuident que en songes.
Entre les deux parties du roman, cette rubrique : « Gi endroit fina maistre Guillaume de Lorris cest roumanz, que plus n'en fist, Ou pour ce qu'il ne vost, Ou pour ce qu'il ne pot. Et pour ce que la matiere embelissoit a plusors, il plot a maistre Jeau Chopinel de Meun a parfaire le livre et a ensivre la matiere. Et commence en tele maniere comme vous porroiz oïr Ci après. »
Le dernier feuillet du ms. a disparu et la fin du poème manque ; le dernier vers est:
Si savroiz com je me contins (v. 21673).
BIBL. NAT. fr. 380 (anc. 69855)
Pare hemin, 0,374sur 0,980, écrit vers 1400, 160 feuillets à deux colonnes de 41 hignes. Début du 2% feuillet : £ns en le milieu vi Haine. Très belles miniatures. Relié aux armes de Colbert.
Ms. décrit par P. Paris, Les Man. fr. HE, p. 174-176.
Sur une feuille de garde : « Le Romant de la Rose. Est a Jehan, filz de roy de France, duc de Berry et d'Auvergne, conte de Poitou, d'Estampes, de Bouloingne et d'Auvergne. Flamel. » Au feuillet 160 r° : « Ge livre est au duc de Berry. Jehan » (1)
4) Le duc de Berry l'avait reçu le 7 juillet (ou juin) 1403 de Martin Gouge, évêque de Chartres, « lors son tresorier general ». Il fut donné à Guillaume Lurin le 3 mars 1414 (L. Delisle, Cabinet des Manuscrils, VI, 192 ; Recherches sur la librairie de Charles V, partie IT, p. 267).
1°.-— Fol. 1139r°. Le Roman de la Rose.
Cy commence le Romans de la Rose.
Maintes gens dient que en songes
Atans fu jours et je m'esveille.
Explicit le Romans de la Rose.
90, — Fol. 140 r°-153 r°. Le Testament, en 533 quatrains. 3, — Fol. 154r°-139 ve. Les Sept articles de la foi, de Jean Chapuis.
4°. — Fol. 159 v°-160 r°. Le Godicille.
BIBL. NAT. fr. 197 (anc. 1193)
Parchemin, 0,322 sur 0,246, XV° siècle, 134 feuillets à deux colonnes de 40 lignes. Début du 2° feuillet : S2 vous dy bien certainement. Le premier feuillet est encadré de feuillage. À l'intérieur de la première initiale, M, l'amant est représenté dans son lit. C'est la seule miniature du manuscrit. Reliure aux armes de Charles IX.
Ms. signalé par P. Paris, Les Man. fr. VI, 250.
Au bas du dernier feuillet, la signature Bonvalet.
Maintes gens dient que en songes Atant fu jours et je m'esveille.
Ce ms. contient des leçons empruntées au texte de Gui de Mori. Voir à ce sujet ma note dans la Bibliothèque de l'École des Chartes, 1907, p. 270.
BIBL. NAT. fr. 198 (ane. 71935)
Parchemin, 0,304 sur 0,240, XV° siècle, 274 feuillets à deux colonnes de 37 lignes. Début du 9% feuillet: D’erbes de fleurs blanches et perses. Le 1° feuillet a une miniature et un bel encadrement, le tout très effacé. Au bas de ce feuillet, des armoiries qu'on ne distingue plus.
Décrit par P. Paris, Les Man. françois, NI, 930.
La mention « Ge livre appartient a moy Claude Mondin, advocat en la cour de Parlement », est répétée en tête du volume sur le plat intérieur de la couverture, au bas du dernier feuillet et sur une feuille de garde à la fin du volume.
Maintes gens dient que en songes
Atant fu jour et je m’esveille.
Cy fault le Rommans de la Rose, Ou l'Art d’Amours est toute enclose, Ee Mirouer aux-Amoureux,
Ou il a moult de bien pour eulx (1).
BIBL. NAT. fr. 199 {anc. 7194)
Parchemin, 0,321 sur 0,235, milieu du XIVe siècle, 121 feuillets à deux colonnes de 40 lignes. Début du premier feuillet (autrefois le second) : D'un tertre qui près d'ilec ere. Reliure aux armes de Charles IX.
Mentionné par P. Paris, Les Man. fr, VI, p. 281.
Au bas du dernier feuillet vo : « Ce livre est a Artault de Barey, que le ly retendra ne seras pas son amy. »
Ce manuscrit avait de nombreuses miniatures, qui toutes, sauf une (f. 11r0), ont été enlevées (2). Outre les lacunes provenant de ces découpures, onze feuillets entiers manquent : le premier (v. 1-107), deux (v. 2842-5192) entre les feuillets actuels 18 et 19, un cahier de 8 feuillets (v. 3513-4679), entre 21 et 22.
D’un tertre qui près d’ilec ierc Atant fu jour et je m'esveille.
Explicit.
BIBL. NAT. fr. 80) (ane. 71195)
Parchemin, 0,340 sur 0,255, XVe siècle, 115 feuillets à deux colonnes de 48 lignes. Début du % feuillet : £n haut en millieu vi Haïnne. Une seule miniature, en tête du poème; encadrement du ler feuillet. Outre les initiales alternativement bleues et rouges, quelques grandes lettres bleues sur fond d'or, correspondant à celles du ms. Bibl. Nat. fr. 1572. Reliure aux armes de Charles IX.
(4) Les deux derniers vers sont les v. 10651-2 du roman. L'explicit est le mème dans le ms. de Cambridge, S.John's College. Le titre de Mirouer aux Amoureux est donné aussi dans l’explicit du ms. Bibl. Nat. fr. 12594 et celui de Liber Speculorum Amanltium dans l'explicit du ms. de Rothschild 2*00.
(2) Leur disparition est déjà signalée à la fin du XVI° siècle, dans le catalogue des mss. de Fontainebleau (P. Paris, Zhbid.).
Décrit par P. Paris, Les Man. françois, VI, p. 231.
La devise À vous en est, qui parait être celte d’un propriétaire, « dont le nom a été gratté, et dont le prénom « Henry » peut encore se lire, est répétée aux feuillets 1, 8, 9, 13, 24, 32, etc. Sur une feuille de garde, à la fin du volume : «Ce Roman de la Roze a esté achapté de l'inventaire de feu maistre Jehan Brinon, seigneur de Villennes, par moy. De Ranconnet ».
Les livres du président de Ranconnet ont été confisqués sous Charles IX et réunis à la bibliothèque de Fontainebleau, où celui-ci réçut le n° 499.
Maintes gens qui cuident que en songes.
Atant fut jour et je m'esveille.
Explicit le Romment de la [Rose].
Entre les deux parties du poème, cette rubrique, qui est aussi celle du ms. Bibl. Nat. fr. 1572 :
Explicit actoris primi tractatus Amoris.
Incipit alter ibi, laus sit honorque sibi.
BIBL. NAT."fr. 801 (anc. 1196)
Parchemin, 0,350 sur 0,248, XV° siècle, 198 feuillets à deux colonnes de 40 à 50 lignes. Début du 2 feuillet : Son nom dessus sa teste lui. Quelques miniatures grossières.
Au bas des feuillets 1, 21, 65, un écu d'or, à la bande de sable, chargée de trois quinlefeuilles d'argent. Ce sont les armes. dit P. Paris (1), de la famille Martel, originaire du Dauphiné.
Au commencement et à la fin du volume, comme feuilles de garde, deux feuillets liturgiques du XIE siècle.
Au verso d’une seconde feuille de garde, en tête du ms.,ona éerit, au XVe siècle, comme préambule au roman, un dialogue en quatre huitains, entre Macquet (2), l'auteur probablement de ces vers, et « le dormant ».
Povre dormant, que fas tu la ?
T'as beaul dormir, se je l’esveille.
Quel est ton non? diz moy; o la!
Tu songes trop, je me merveille,
(1) Les Manuscrits françois, NI, p. 232.
(2) P. Paris a lu Marquet.
Je te requier que tu l'esveille, Et me ditz ce que l'as songé :
Ungne aultre fois pour la pareille, Mais que ne sois point mensongié.
Il est passé plus de mi jour, Lieve 1oy sus à ma requeste.
Ou la! compains, Dieu doint bon jour !
Tu moustres bien qu'il est hui feste.
Se L’as faing de tov fere honeste, Ne songe plus, car, sur mon arme, Au gran palais on fait gran fesle ; Toutes y sont, ausi ta dame.
Le Dormanr.
Se tu savoys quel desplaisir Tu m'as fait, ceste matinee, Macquet, tu as tort du gran plaisir Que m'as ousté ceste journee.
Ellas ! or fut ma vie finee Ung point devant que fusiés ci!
J'estoie eureux, or est pasee Joie de moy, et ay prins soussi. Je suis content de toy conter Ce de quoy tu me fas priere, Seulemant pour toy contempter, Remetant ma douleur dariere; Tu ne trouveras point mensongiere Ma foy, con bien soye trevaillés ; Or liz d'affection entiere Tout le fin long de ses feuillés.
Premier et dernier vers du roman :
Maintes gens dient que en songes.
Atant fu jour et je m’esveille.
BIBL. NAT. fr. 802 (anc. 7197)
Parchemin, 0,321 sur 0,293, troisième quart du XIVe siècle, 144 feuillets à deux colonnes de 39 lignes. Début du % feuillet : D'un lertre qui près d’ilec iere. Miniatures sans intérêt.
Ms. signalé par P. Paris, Les Man. fr., VE, p. 234 (1).
(4) P. Paris, qui se croyait probablement tenu d'apprécier les textes des mss. dont il parlait, lors même qu'il ne pouvait avoir, pour ce faire, aucune indication, qualifie sans hésitation le présent exemplaire de : « Leçon précieuse pour son exactitude et même son ancienneté ». Or, cette leçon est absolument inutilisable,
Le Roman de la Rose, complet, occupe 143 feuillets :
Lei commence le Rommans de la Rose, Ou l'Art d'Amours est toute enclose.
Maintes gens dient que en songes.
Alant fu jour el je m'esveille.
Explicit le Rommans de la Rose,
Ou l'Art d’Amours est toule enclose.
Nature y est ramenteüe
Comment doit estre soustenue,
Et rvt lousjors, si com moy semble, Quant hic et hec joignent ensemble.
Le feuillet 144 a recu, au XVesiècle, deux morceaux qu on trouve interpolés dans le texte d'autres manuscrits, et que Méon n'a pas écartés de son édition : la définition de l'amour sous forme de litanie (v. 019-190, de Michel (1; et les 24 vers apocryphes, dont le premier et le dernier sont :
Et puis que je fui esvillié Est fine et pure vérité (2).
BIBL NAT. fr, 83 (anc. 1198) (3)
Parchemin, 0,308 sur 0,220, seconde moitié du XIVe siècle, 154 feuillets à deux colonnes de 38 lignes. Début du ? feuillet : Sicomme vient a remembrance. Une seule miniature a été exécutée ; les blancs ménagés pour d’autres n'ont pas été utilisés. Au recto d'une feuille de garde, en tête du volume : « Memoire que le .xxtije. jour du mois de novembre l’an mil .cccc. et sept, le
jourde saint Clement, a .x. eures de nuit, [fut tué] a Paris, en la
vieille rue du Temple, Mons. le duc [d'Orleans|, frere du roy de Franche, lequel duc avoit non Louis de Vallois, par Roulet d'Ectonville ».
* Au-dessous : « Munus exiguum paupereuli Lipambuli Parietarii, pareciani in Hacheim, prope arcem Moguntinam, reverendo in Christo patri et domino Gwilhelmo, ex familia de Honstein prognato, ecclesie ac diocesis Argentinensium presuli, oblatum. Anno virginei
(1) C’est ce que P. Paris appelle « des vers ascétiques sur l'amour de Dieu ». (2) Ces vers sont empruntés à la famille N.
(3) P. Paris, Les Man. fr., NI, 235.
BIBLIOTHÈQUE NATIONALE da
partus supra millesimmum quingentesimmum vicesimo ». Guillaume de Hohnstein occupa le siège épiscopal de Strasbourg de 1506 à 1541.
Plusieurs copistes ont écrit simultanément les différents cahiers de ce volume, dont le texte est très altéré. Le changement d’écriture est très visible à la fin du feuillet 80 et au commencement du feuillet 89. Les deux derniers feuillets ayant disparu, la copie s'arrête au vers :
Et de pluseurs viandes taste (v, 21555).
BIBL. NAT. fr. 804 (anc. 7199)
Parchemin, 0,330 sur 0,255, XVe siècle, 195 feuillets de 56 lignes, à une colonne pour le Testament, à deux colonnes pour les autres compositions. Début du % feuillet. Pourtraiz dehors el entaillez. Une belle miniature au premier feuillet, qui est encadré de feuillage (1). Initiales alternativement bleues et or.
Dans l'encadrement du premier feuillet, un écu émanché d'argent el de sable à 4 pièces. En bas du f. 1957, lenom de «Le Fevre».
Décrit par P. Paris, Les Man. fr., NI, p. 236-938,
1°. — Fol. 1-152. Le Roman de la Rose.
Aucunes gens dient qu’en songes
Atant fu jour et je m'esveille.
Cy fine le Rommant de la Rose, Ou l'Art d’Amours est toute enclose.
Entre‘les deux parties du poème, cette rubrique : « Yey fine maistre Guillaume de Saint Amour, dit de Lorris, et aprez YCy commence maisire Jehau de Meun, dit Clopinel ».
20,— Fol. 153-164r0. Les Sept articles de la foi, de Jean Chapuis, appelés « Codicille maistre Jehan de Meun » à l'incipitet à l'explicit
3°. — Fol 164c-165a. Le Codicille, sans titre.
4°. — Fol. 165b-165 4. Le Codicille en latin.
Miserere deffunctorum Le texte de cette pièce sera imprimé plus loin, dans la nouce du ms. de Besançon.
(4) Celte miniature est reproduite dans l'Histoire de la Langue et de la Littéralure française, publiée par Pelit de Julleville, IT, p. 120
5°, — Fol. 166r0-199. Le Testament, en 528 quatrains, plus quatre . quatrains ajoutés en marge.
BIBL. NAT. fr. 805 (anc. 7200)
Parchemin, 0,350 sur 0,263, XVe siècle, 145 feuillets à deux colonnes de 35 à 40 lignes. Début du 2 feuillet: £fTeave belle et reluisant. Deux miniatures au der feuillet ; aux feuillets suivants des dessins, puis à partir du feuillet 44 les blancs réservés pour des miniatures sont restés sans emploi.
Sur le second feuillet on a collé les armes de Guillaume Bigot (voir la notice du ms. Bibl. Nat. fr. 1571).
Décrit par P. Paris, Les Man. fr., NI, p. 238.
Cy commence un notable livre appelé le Rommant de la Rose, lequel fist maistre Jehan de Meun.
Aucunes gens dient qu’en songes
Atant fu jour et je m’esveille.
“Explicit.
Cy fine le Rommant de la Rose, Ou l’Art d'Amour est toute enclose.
Entre les deux parties du poème (fol. 29 v°) cette rubrique :
« Jusques ey parle maistre Guy de Lorris, qui commença cest rommant, et atant S'en taist, aue plus n'en fit que on sache. Et pour ce que la matiere du rommant, pour la soubstiveté qui y estoit, embellissoit a pluseurs gens, il plut a maistre Jehan Clopinel de Meun a poursuivre ce que le dit maistre Guy avoit commencié. Et parle en representant la personne maistre Guy en ceste maniere, en soi complaingnant des malx qu'il souffroit pour s’amie. » (1)
BIBL. NAT. fr. 806 (anc. 7200?)
Parchemin, 0,320 sur 0,955, XV: siècle, 173 feuillets. Début du 2e feuillet actuel : Quant üz les treuvent trop engresses. Le ms. n'a plus une seule miniature, mais il est certain que les feuillets enlevés en contenaient.
Ms. de Baluze, mentionné par P. Paris, Les Man. fr., NI, 239.
(1) Gette rubrique se trouve déjà dans le ms. de Montpellier H 438, beaucoup plus ancien (voir ci-dessous).
1°.— Fol. 11-158. Le Roman de la Rose, sur 2 colonnes de 35 à 37 vers. Le texte commence au vers 598 :
Et fist la dehors pourtraire,
Les cinq premiers feuillets du ms. ont donc disparu. Il manque en outre un feuillet (v. 738-87b) entre les feuillets actuellement cotés Let 2, un(v. 1308-1346) entre 4et 5, un entre 5 et 6, un entre 6 et 7, un entre 17 et 18, un entre 19 et 20, un entre 40 et 41, un entre 14 et 15, un entre 94 et ,5, un entre 10% et 105.
2, — Fol. 139-166r0. Le Testament.
Le texte commence au 3° vers du 16e quatrain de l’éd. Méon :
Qui n'aime a ceste fin humaine creature.
Ce fragment de quatrain est suivi de 515 autres quatrains. Les feuillets 148-151 devraient être placés entre 139-140.
3°. — Fol. 166v°-172v°. Les Sept articles de la Foi, sur deux colonnes.
4°. — Fol. 173r°-v°. Le Godicille.
BIBL. NAT. fr. 807 (anc. 7200 *)
Parchemin, 0,314 sur 0,254, tin du XIV° siècle, 199 feuillets à deux colonnes de 38 lignes. Début du 2e feuillet : £ns ow milieu je vis Haïne. La place ménagée pour les rubriques et pour les miniatures est restée en blanc. |
Ms. incomplet ; la fin est enlevée ; il s'arrête au vers 19678. Il lui manque en outre 4 feuillets (v. 5258-5812) entre les feuillets actuels 39-40, 2 feuillets (v. 11656-11935) entre 81-82, 1 feuillet (v. 12430-12557) entre 85-86, 1 feuillet (v. 14926-15056) entre 102- 103, 1 feuillet (v. 16234-16369) entre 110-111, 1 feuillet (v. 16663- 16812) entre 112-113, 2 feuillets (v. 18959-19252) entre 126-127.
Aucunes gens dient qu’en songes S'ilz n’en arent adès les os.
BIBL. NAT. fr. 812 (anc. 7204)
Parchemin, 0,304 sur 0,254, XV: siècle, 319 feuillets à deux colonnes de 38 lignes, plus un feuillet blanc. Début du 2° feuillet :
Merancotiam et suspire. Une miniature en‘tête de chaque composition.
Dans l'encadrement du premier feuillet, les armes de France, recouvrant celles de la Gruthuyse. Le ms. a appartenu à Louis de Bruges, seigneur de la Gruthuyse, avant d’être à Louis XII (cf. L. Delisle, Cab. des Man., 1, p. 143).
Au verso du feuillet 320, quelques notes, essais d plumes, en français et en anglais. A relever seulement : « Loiaumentet liement. Le Bourgchier. » et : « Nomen scriptoris Salfridus Waryn plenus ».
Ce ms. a été décrit très imparfaitement par Van Praet, Recherches sur Louis de Bruges, seigneur de la Gruthuyse, p. 140-142 (Paris 1831, in-8),et beaucoup mieux par P. Paris, Les Man. fr., NT, p. 274-277. Il contient :
10. — Fol. 1-76 v°. Boece, de Consolation. C'est la traduction ano nyme en vers, qu'on a faussement attribuée à Charles d'Orléans.
20, — Fol. 76v2-120. Le Livre des échecs moralisés, traduit par- Jean de Vignay. |
La table des rubriques est suivie de ces lignes : « En telle maniere est ce livre ordonné, l'un chappitre aprez l'autre selon le jeu des eschez. Et pour ce, se aucuns veullent tronver a part aucunes auctorités sans tout le livre lire, les ay je toutes signees de saffran en chascun chappitre, affin que l'en les puist trouver plus legierement ».