BIBL. JAMES DE ROTHSCHILD
Parchemin, 0,228 sur 0,163, écrit en 1329 (2), 170 feuillets (3) à deux colonnes de 38 lignes. Début de 2e feuillet : De ces ymages les samblances. Miniatures.
En 1836, ce ms. était en vente chez le libraire Techener (4) ; Paulin Paris (5) et Francisque Michel (6) en ont donné à cette époque
(1) Calaloque général. Chambre des Dépulés, p. 466.
(2) Par Robechonnet de Gommecourt. Ce copiste étant Picard, sa patrie ne peut être le Gommecourt de Seine-et-Oise, mais bien celui du Pas-de-Calais (arr. d’Arras), ou Gomiécourt du même département.
(3) Plus 3 feuillets modernes, non numérotés, intercalés, l'un entre les f. 78-79. les deux autres entre les f. 98-99.
(4) En 1847, le même libraire offrait à 240 francs un autre ms. du Roman de la Rose, sur parchemin, du XIVe siècle, ayant 135 feuillets à 2 colonnes de 40 lignes, orné de 13 miniatures (Bulletin du Bibliophile, 1847, p. 61).
(5) Dans le Bullehin du Bibliophile, 2 serie, numéro 7 (1836), p. 241 et suiv.
(6) Lais inédits des XIIe el XIIIe siècles... Paris et Londres, 1836, in-8°.
chacun une description dont les éléments ont été reproduits l'année suivante par Ferdinand Wolf (1). Le ms. a été vendu par Techener au bibliophile J. Barrois (2), en 1836, puis par celui-ci à lord Ashburnham.
Le fonds Barrois dans la bibliothèque Ashburnham comprenait trois manuscrits du Roman de la Rose, cotés 11, 105 et 202 dans le Calalogue of the Manuscripls at Ashbwnham Place. Part ihe second, comprising a collection formed by Mons. J. Barrois. Le signalement du numéro 11 dans ce catalogue ne laisse aucun doute sur son identité avec le volume de Techener, décrit par P. Paris et F. Michel (3).
Les trois manuscrits ont été mis aux enchères en 1901: ils sont décrits sous les numéros 518, 519, 520 dans le Catalogue of the portion of the famous Collection of Manuscripts the property of the Rl. Hon. the Earl of Ashburnham Rnoi as the Barrois Coliection (Londres, 1901). Le numéro 11 fut adjugé, pour 345 livres sterling, au libraire J. Rosenthal, de Münich; le numéro 202, pour 100 livres, au libraire B. Quaritch, de Londres, et le numéro 105, pour 110 livres, aux libraires J. et J. Leighton, de Londres. Le 8 mai 1909, le manuscrit de Techener figurait de nouveau dans une vente publique à Paris (4) ; il fut acquis pour la bibliothèque James de Rothschild (5). On ne saurait trop se féliciter que ce précieux manuscrit, qui contient l'une des meilleures copies du poème de Jean de Meun, soit pour toujours rentré en France. Grâce à la hbéralité de Madame la baronne J. de Rothschild et à l'extrême obligeance de M. Émile Picot, j'ai pu le coHationner à loisir. Il comprend :
(1) Zahrbucher für wissenschaftliche Kritik, IT, p. 439-158 (1837). Article réimprimé dans les Xleinere Schriften de F. Wolf (Ausgaben und Abhandlungen aus dem Gebiete der romanischen Philologie, LXXX VII, p. 124 et suiv.). Wolf n’a pas vu le ms.
(2) F. Michel, Lais inédits, p. 11.
(3) L'identification a déjà été faite par E. Mann dans son étude sur le Bestiaire de Guillaume : Der Besliaire divin des Guillaume le Clerc, p. 5. Heilbronn, 1888 (Franzôsische Studien, Band VI, 2° Heft).
(4) No 23 du catalogue de vente : Collection de M. L. D. Manuscrils avec minialures du X1° au XVesiècle (Paris, Th. Belin, 1909). Une page du ms. (v. 1202- 1260) est reproduite en facsimilé dans le catalogue.
(5) À la même époque le no 105 du fonds Barrois de la collection rendre se trouvait encore dans la librairie J. et J. Leighton. Ilest en parchemin, du XVe siècle, formé de 145 feuillets à 2 colonnes de: 31 lignes, orné de 11 miniatures.
Le n° 202, actuellement en vente chez M. Voynich, libraire de Londres, sera décrit plus loin,
BIBLIOTHÈQUE DE ROTHSCHILD MN te,
lo. — Fol. 1-158. Le Roman de la Rose.
Maintes gens cuident qu'en songes
Atant fu jours et je m'esveille.
Explicit li Roumans de le Rose,
Ou l’Ars d'Amours est toute encloze.
Explicit Liber Speculorum Amantium (1).
Chis livres fu eseris l’an m. cec. xx. et nuef, ou mois de octembre, le venredi après le Saint Denis de Franche.
Et si le fist uns hons escrire
Qui mout trés bien le savoit lire, Pierre de Boucher (2) l’oi nommer.
Onkes ne se pot tenir d'amer ;
Et si vous fai bien asavoir.
Et si le vous tesmoigne pour voir, Que volentiers s’esbanioit
Et mout grant entente metoit
Au ju dont le Rose parole,
Car il n’amoit autre carole.
Quant lui plaira j'ai deservie Mout trés bien me cote hardie, Pour eserire ce biau livret.
On m'apele Robechounet,
De Goumecourt par mer surnon, Dieus nous otroit sa benichon.
Amen, Amen, che face mon.
Le poème de Guillanme de Lorris est immédiatement suivi des
deux premiers vers de Jean de Meun, puis des deux suivants : « Desespoir, las » (3) qui chi lira En l’autre livre trouvera,
Entre ce dernier vers et «l'autre livre », c'est-à-dire la seconde partie du roman, est intercalée la continuation anonyme (72 vers), qui a précédé chronologiquement celle de Jean de Meun. Gette conclusion est séparée du 3e vers, pris pour le premier, de Jean de
Meun par Explicit primus,
Incipit secondus,
(1) Pour ce titre, voir la notice du ms. Bibl. Nat. fr. 798.
(2) Ce nom, qui fausse la mesure du vers, a été écrit au XVe siècle, sur l'emplacement d'un autre non gratte.
(3) Desespoir las sont les deux premiers mots du 3° vers de Jean de Meun.
Entre les feuillets 40-41, une lacune des v. 3909-6250 résulte probablement de la perte de deux feuillets ; trois feuillets comprenant les vers 19363-12505 et 15515 à 15796, où l'on a cherché à imiter l'écriture ancienne, mais qui datent certainement du XIXe siècle, probablement de l’époque où le volume appartenait à Barroïs, ont été intercalés, l'un entre les f. 78-79, les deux autres entre 98-99.
d%, — Fol. 138vo-139v°. Le Moine. Fableau dont le titre est donné à l’explicit ; il est inédit et n’a rien de commun avec les fableaux connus sous un titre analogue.
Puis que je bien dire le sai Ichi est mes contes finés.
Explicit du Moigne.