DESCRIPTION DES MANUSCRITS LA HAYE. BIBLIOTHÈQUE ROYALE AA 61 (T
Parchemin, fin du XIIIe ou commencement du XIVe siècle, 140 feuillets à deux colonnes de 40 lignes. Début du 2° feuillet : Le fons de l'eve et la gravelle. Miniatures.
Sur une feuille de papier collée à la 1re feuille de garde, les indications qui suivent : « E bibliotheca Seguriana.» — « Présenté à Monseigneur le Chancelier par son très humble et très obéissant serviteur. Vaultier. » — «Emit Claudius de Mon(mignon Ambianus 1690. » — «Présenté à Monsieur l'abbé de Caumartin par son très humble et très obéissant serviteur. De Montmignon. 1707. » Au bas du f. 1401°, au-dessous de l'explicit, un ex-libris a été gratté, dont on ne distingue plus sûrement que les initiales P et D.
Au verso du même feuillet :
Touz temps je vuil metre ma paine A amer ma dame souveraine.
Amour de povre mesquine
Ne vaull pas une poitevine.
Sur le plat intérieur de la couverture, à la fin du volume « Manuscript non douteux du XIIe siècle, et reconnu du XII: siècle d'après confrontation avec d'autres manuscripts de ce siècle, entr'autres d'après le livre de Remedio A moris d'Ovide. »
Le copiste, inintelligent, ne se préoccupait ni du sens, ni de la mesure des vers, ni de la rime. Son écriture, laide et assez difficile à lire, a l'aspect de celle du XIIe s., mais la langue est plutôt celle du XIV: siècle. Ce copiste, malgré ses formes constantes seir, veir., n'était pas Picard; il était plutôt du nord de la Champagne. Plus tard on a remplacé sa graphie de |? mouillée (77) par 4h. C'est probablement le même correcteur méridional qui a fait au vers 10381 la correction : « Or est il voir sanz {ota fatble » (f. 61c).
Ci commence li Romans de la Rose,
Ou l'Art d’Amors est toute enclose.
Maintes genz dient que en songes
Atant fu jors et je m’esveille.
Explicit le Roumant de la Rose, Ou l'Art d’Amors est tote enclose.
La rubrique qui sépare les deux parties du roman, placée après le v. 4050, est :