‹ Les manuscrits du roman de la roseChapitre 78 sur 142 · Fol. 106-107. Le Codicille · texte numérisé non relu

Fol. 106-107. Le Codicille

Parchemin, 8 pouces sur 5 1/2 (4), dernier tiers du XIVe siècle (5), 190 feuillets à deux colonnes de 34 lignes. Peintures en grisailles.

Au recto du premier feuillet, une inseription, dont l’auteur du catalogue a lu : Pierre Mich.. r cons.... Bell, 1773; et les

(4) Environ 0,257 sur 0,178.

2) Le roman est terminé au fol. S1b; le verso de ce feuillet et le feuillet 82 ont recu ultérieurement des corrections et des additions au poème.

(3) L'auteur du catalogue dit « un cahier »; s’il s'était rendu compte de la place occupée dans le poème par le dernier vers du f. 72 et le premier du f. 73, qu'il cite, il aurait vu qu’à raison de 36 vers à la colonne, la lacune correspond à neuf cahiers de huit feuillets.

(4) Environ 0,203 sur 0,140.

(5) « Exécuté vers 1370 », est-il dit dans le Times (Bibliothèque de l'École des Chartes, LXIII (1902), p. 762).

« ‘ a ex-libris de Ambroise-Firmin Didot,de W. Morris, de R. Bennett (1). 4°. — Fol. 1-156. Le Roman de la Rose.

Ci commence une vraie histoire, Qui est de moult haulte memoire, Qu'en nomme Rommans de la Rose,

Ou l'Art d’Amours est tout enclose (2).

Maintes gens dient que en songes

Atant fu jour et je m’esveille.

Explicit.

Les cahiers 5 et 6 sont d'une écriture moins ancienne que les autres ; un feuillet d’un autre cahier est moderne. 2%, — Fol. 158-189. Le Testament de Jean de Meun. 3°. — Une Prière à la vierge :

Marie, vierge fille et mere

Le fruit que portastes jadis, Et jus nous octroit paradis. Amen.

Parchemin, 9 pouces 5/8 sur 6 3/41(3), écrit en 1400; 157 feuillets à deux colonnes de 35 lignes. L'espace ménagé pour quelques miniatures n'a pas été utilisé.

Ex-libris de Horace Walpole et de R. Bennett.

Le premier feuillet a disparu; il a été remplacé par une feuille de papier, et par une feuille de parchemin sur laquelle on a copié les 126 premiers vers du roman. La partie ancienne commence au

VAT Contreval l’eve esbanoiant.

Atant fu jour et me reveille.

Explicit le Roumans de la Rose, Ou l’Art d’Amours est toute enclose.

(1) Ce ms. est apparemment le n° 34 du catalogue de la vente de 1878 de À.-F. Didot: In-4°, fin du XIVe siècle, 189 feuillets à 2 colonnes, 2 grandes miniatures et 68 petites ; f. 1-156 le Roman de la Rose, f. 157 blanc, f. 458 le Testament. D'après le catalogue Didot, le Testament est suivi de la signature Johannes Marous.

(2) On a déjà vu cet incipit dans un ms. du Musée Fitzwilliam {ci-dessus, Dao 1)

(3) Environ 0,234 sur 0,170.

A la suite du poème, et de la même écriture : « Johan Anquetin, jadis baïllif d'Aubmalle, a present viconte de Harecourt, fist faire a sa devise et escrire cest Roumant de la Rose par Johan Selles, clerc. Et l’acompli en l'an de l'incarnacion Nostre Seigneur mil et IITEe en moys d'octobre. »

Cet explicit a déjà été publié par M. Paul Meyer, qui a vu le ms. à New-York (Romania, 1905, p. 89), et par M. Léopold Deisle, d'après le catalogue de M. Pierpont Morgan.

J'ignore où se trouvent actuellement les exemplaires du Roman de la Rose dont je vais parler; Je doute même que tous existent encore. J'aurais pu allonger la liste de ces mss, au domicile inconnu, en signalant tous ceux qui ont figuré dans les catalogues des libraires, ou des ventes publiques de livres, distribués depuis un siècle et demi. C'est un projet que j'avais conçu, mais auquel j'ai dû renoncer, lorsque j’eus acquis la conviction, non seulement qu'un pareil dépouillement ne peut être mené à bien si l’on ne dispose pas à loisir des ressources qu'offrent les bibliothèques de Paris, mais aussi que les résultats de ces recherches ne seraient pas ceux que j'avais espérés, les indications fournies par les catalogues étant le plus souvent trop vagues pour être utiles : «un beau manuscrit, in-folio, sur vélin, bien écrit, du XIVe siècle, avec miniatures ». Quelques détails, ajoutés parfois à ce signalement, n’en corrigent pas l'insignifiance. Je me contenterai donc, sauf exceptions, de donner quelques renseignements que j'ai recueillis dans des inventaires anciens ou dans des publications autres que les catalogues modernes de vente, sur des manuserits dont le sort actuel m'est inconnu.

Un manuscrit du Roman de la Rose, ayant appartenu à Clémence de Hongrie, veuve de Louis X, fut vendu après son décès, en 1328, à Jean Billouart (1).

Jean de Saffres, chanoine-doyen de Langres, mort en 1349, laisse

(1) Douët-d Arcq, Nouveau recueil de comptes de l’argenterie des rois de France, p. 63 (Paris, 1874, in-8°).

au chapitre de la cathédrale 145 manuscrits, parmi lesquels un Roman de la Rose, estimé 4 florins (1).

Quatre exemplaires du Roman de la Rose figurent dans les inventaires des livres de Charles V et de Charles VI (2) :

4,.— «Le Romant de la Roze maistre Jehan de Meun, bien escript et historié. » {Inventaire de 1373 et 1380).

«Le roy l’a envoié au conte de Salzebery [par] l'arcevesque de Rouen. » Le déficit est constaté en 1411.

2%, — «Un Romant de la Rose, escript de lettre de forme, a deux coulombes. » Début du 2° feuillet : Mès que elle estoilt ;. du dernier : Onques nul (Inventaires de 1373, 1380, 1411, 1415, 1424).

3°. — « Le Romans de la Rose, très vieil, mal escript, escript de lettre de forme, en françois. Couvert de cuir rouge, a deux fermoirs de laton, en petit volume.» Début du 2 feuillet : Que el mois ; du dernier : Rosiers et rains (Inventaires de 1373, 1380, 1411, 1413, 1424).

4, —- « Le Romant de la Rose, le Testament maistre Jehan de Meun, rimé, très bien escript et historié, couvert de cuir vermeil a empraintes, a deux fermoirs de cuivre, escript de lettre de forme, a deux coulombes. » Début du ?e feuillet : Ce mi est advis ; du dernier : pour ce est tu mere (Inventaires de 1373, 1380, 1411, 1413. 1494).

Sur le dernier feuillet du ms. 75 (BL in-fol. 39) de la bibliothèque Sainte-Geneviève, qui est du XIIIe siècle et contient les Actes des Apôtres et les Épitres canoniques de l’Apoealypse, on lit cette note du XIVe siècle : «Iste Liber est Heinrici le Grinele, succentoris Silvanectensis, traditus domino Johanni Cossabrin, pro libro de Rosa. Redditus fuit liber de Rosa. » (3)

Le 6 septembre 1396, le duc Louis d'Orléans ordonne de payer 60 éeus à Jacques Johan, épicier et bourgeois de Paris, pour deux volumes, dont l'un commence par le Roman de la Rose (4).

(1) Histoire lilléraire, XXIV, p. 307.

(2) J'emprunte mes citations aux Recherches sur la librairie de Charles V 2e partie, p. 192-193, de M. Léopold Delisle.

(3) Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques. Sainte- Geneviève, I, p. 53.

(4) L. Delisle, Cabinet des Manuscrits, 1, p. 102.

Jean de Champigny, chanoine de Troyes, de Rennes et de Cambrai, mort le %5 février 1399, laisse par testament, entre autres livres, un « Rommant de la Rose », à son neveu Jean de Raale, alors étudiant à Orléans (1).

Je ne sais pas s’il faut considérer comme un ms. du Roman de la Rose le «livre maistre Jehan de Meunst » qu'on trouva dans une « huge longue », au château de Josselin, à la mort du connétable de Clisson, en 1407 (2).

Les inventaires des livres du due de Berry Jean mentionnent 4 mss. du Roman de la Rose. L'un d'eux à été identifié avec le ms. Bibl. Nat. fr. 380. J'ai parlé d'un second dans ma notice du ms. Bibl. Nat. fr. 12595. Voici le signalement des deux autres :

1° «Un gros volume, escript en françois de lettre de court, auquel sont contenus le livre des Propriétés des choses, le livre de l’histoire de Thebes, le livre de l’histoire de Troye, le livre d'Orose, le livre de Lucan, ie Romant de la Rose, le Testament maistre Jehan de Mehun, le Tresor et le Testament du dit maistre Jehan de Mehun(3), Boece de Consolacion, Matheole et autres livres, et ou derrenier est le Viandier Taillevent, lequel volume Monseigneur acheta, en mai 1404, de maistre Regnault du Montet, la somme de 200 escus d'or. » (Inventaires de 1413 et de 1416). Début du 2% feuillet : Æn especial.

20 « Un livre escript de lettre de forme, ouquel est le Romant de la Rose, le livre de la Violette, le livre de la Penthere et le Testament maistre Jehan de Mehun, bien historié et enluminé de blanc et de noir, lequel Monseigneur acheta la somme de 120 escus d’or comptans. » (Inventaires de 1413 et 1416). Début du % feuillet : Que j'oy près. Donné à la duchesse de Bourbonnais (Inventaire de 1416).

« Ce livre, sans pris pour la beauté des figures de miniatures, est encore aujourd'hui dans la bibliothèque du président de Mesmes, où M. le comte d’Avaux, son fils, me l'a fait voir. » (Le Laboureur, Histoire de Chartes VI, Introduction, p. 82) (4).

(1) Bibliothèque de l'École des Chartes, LXIII (1902), p. 36.

(2) F. L. Bruel, {nvenlaire de meubles et de titres trouves au château de Josselin à la mort dr connétable de Clisson, 1407 (Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, LX VI (1905), p. 228.

(3) Le Testament, les Sept articles de la foi et le Codicille.

(4) L. Delisle, Recherches sur la librairie de Charles V, 2° partie, p. 247, 267 et 316.

Il semble bien qu'on doive considérer comme un recueil, contenant à la fois le Roman de la Rose et celui de la Violette, le volume dont il est question dans ce passage des comptes de Charles VIN : « Pour xiiij aulnes de ruban de soye estroict, bleu, rouge, tanné et vert..., a faire trois reaulx ou rayons pour mectre et servir, l'un a un livre dudit seigneur nommé le Romant de la Roze et de la Violette... (1) ». Je me garderai néanmoins de proposer l'identification de ce volume avec celui du duc de Berry où les deux poèmes étaient réunis.

A la mort du dernier comte de Namur, parmi les meubles vendus publiquement en 1429, à Namur, par ordre du duc de Bourgogne, ne se trouvaient que 8 manuscrits, dont « un Romanche de la Rose sur parchemin », vendu 3 écus, et «ung Romance de la Rose en papier », vendu 18 gros (2).

En 1444, Étienne le Gris, chanoine de Lisieux, dressa un répertoire du Roman de la Rose, dont les nombreuses citations, qu'accompagne toujours l'indication des pages du manuscrit auxquelles elles sont empruntées, permettraient d'identitier sûrement ce manuscrit, s'il existe encore. Étienne le Gris ayant envoyé, la même année, son travail à Jean le Besgue, greffier de la Chambre des comptes, a pu lui donner aussi son exemplaire du Roman de la Rose (3).

Pétrarque, dans une lettre, en hexamètres latins, adressée à Gui de Gonzague, seigneur de Mantoue, lui annonce l'envoi d'un manuscrit. Il ne désigne l'ouvrage par aucun titre, ne dit pas s'il est en vers ou en prose, ne donne aucun nom d'auteur ; il qualifie le volume de brevis libellus, expression qui ne convient guère à une copie du Roman de la Rose, et cependant on ne peut douter qu'il s'agisse de ce poème ; il témoigne de la vogue extraordinaire dont il jouissait alors en France, et à Paris en particulier : à ce double point de vue, sa lettre est un document curieux. Ces considérations ne suffiraient pourtant pas pour justifier son insertion dans la pré-

(1) Cité par M. L. Delisle dans le Cabinet des Manuscrits, I, p. %6, n. 6.

(2) Laserna-Santander, Mémoire historique sur la Bibliothèque dite de Bourgogne, présentement Bibliothèque publique de Bruxelles, p. 24 (Bruxelles, 1809).

(3) E. Langlois, Notices des manuscrits français et provençaux de Rome anterieurs au X VI® siècle, p. 134.

sente publication, mais elle offre aussi un intérêt spécial pour l'histoire même des mss. du Roman de la Rose. Je reproduirai le texte de cette lettre, d'après l'édition de Milan (1) :

Itala quam reliquas superet facundia linguas, Vir praestans, Graiam praeter, si fama sequenda est Et Cicero, nullam excipio, brevis iste libellus Testis erit, clara eloquio quem Gallia caelo

5 Attolitque favens, summisque aequare laborat. Silicet hic vulgo recitat sua somnia Gallus. Quid zelus, quid possit amor, quis pectus ephebi Ignis alat, quid ludat anus, quibus artibus amens Certat amans Veneris, quot sint in limine (2) pestes,

10 Quis labor atque dolor, requies quae mixta labori ; Quos risus gemitusque vites, ut gaudia crebrae Rara rigant lacrimae... Poterat quod latius ergo Uberiusque dari fandique capacius arvum ?

Somniat iste tamen dum somnia visa renarrat

15 Sopitoque nihil vigilans distare videtur.

Ut tuus ille olim melius coneivis amoris Explicuit sermone pathos, si fabula dives Inspicitur frigiaque expirans cuspide Dido ! (3) Seu vates, Verona, tuus (4), seu nidus amorum

20 Fertilis ac notus lascivo carmine Sulmo (5), Umbria sive ducem (6) ingenio largita Peligno, Ut taceam reliquos, vel quos antiquior aetas Vel quos nostra recens Latialibus extulit oris. Nec minus hunce late excipies, nec munera temnes

(4) Francisei Petrarchae poëmala minora quae extant omnia nunc primo ad trutinam revocala ac recensila (Mediolani, 1829-31, 3 vol. in-12), tome II, p. 342 : Epislola quarta Guidoni de Gonzaga, Mantuae domino. Si Mantuae domino figurait à l'envoi de la lettre, eelle-ci ne serait pas antérieure à 1360, date à partir de laquelle seulement ce titre peut être donné à Gui de Gonzague ; mais n'est-ce pas une addition de l'éditeur ? On a proposé la date de 1333, parce qu'elle est celle du retour de Pétrarque d’un voyage en France, mais le même argument vaudrait pour la date de 1361. M. Henri Cochin, que j'ai consulté sur ce point, a bien voulu m’exposer les raisons qu'on peut invoquer pour ou contre ces deux dates; aucune n'est décisive; personnellement il pencherait pour 1361, tout en reconnaissant combien il serait étonnant que le Roman de la Rose fût encore si peu connu en Italie que Pétrarque se crût obligé d'en donner le sommaire.

(2) Lumine dans l'édition.

(3) Les v. 16-48 font allusion à l'auteur de l'Énéide.

(4) Catulle.

15) Patrie d'Ovide, à qui se rapporte aussi l'ingenium Pelignum du v. 21.

(6) Properce.

25 Nostra ideo ; vulgaria enim et peregrina petenti Nil majus potuisse dari — nisi fallitur omnis Gallia Pariseosque caput — mihi crede, valeque.

Les v. 6-10 s'appliquent parfaitement au Roman de la Rose et ne peuvent s'appliquer qu'à lui: on peut en dire autant des allusions au succès du livre. Mais comment expliquer les termes brevis libellus désignant un poème de plus de 21000 vers ? Les exigences de la métrique ne suftiraient pas à justifier pareille incongruité d'expression. Supposera-t-on que le ms. ne contenait que la première partie du poème ? Gette hypothèse serait appuyée par l'emploi du singulier en parlant de l’auteur, et par le fait que Pétrarque ne rappelle que la partie érotique du roman, sans la moindre allusion aux longues digressions scientifiques, satiriques ou philosophiques de la seconde partie du poème, lesquelles cependant en constituent, c'était du moins l'intention de Jean de Meun, ia substantifique moelle, tandis que le cadre imaginé par Guillaume de Lorris n’en est que l'os. Mais elle est formellement exclue par les mots quid ludat anus (vers 8), qui ne peuvent se rapporter aux dix-sept vers de la première partie, où il est dit qu'une vieille était préposée à la surveillance de bel-Accueil dans la tour de Jalousie, mais se réfèrent au rôle très développé de la même vieille dans la seconde partie du poème.

Dans le classement des mss., je montrerai, à propos de certains membres de la famille B, à propos notamment de Bi, qu'il a existé des copies du Roman de la Rose dont on avait supprimé toutes les dissertations de Jean de Meun qui ne cadraient pas avec l'intrigue imaginée par Guillaume de Lorris. A l'une de ces copies, à celle par exemple dont provient le fragment de M. Hermann Suchier, conviendraient mieux etle sommaire du poème donné par Pétrarque et les termes brevis libellus. Et j'imagine que tel était le ms. envoyé au seigneur de Mantoue (1).

Parmi les livres de l'amiral Prigent de Coëtivy figurait « Le Romans de la Roze ». (2)

(1) Ce n'est pas ici le lieu de rechercher si Pétrarque n’a pas connu un texte plus complet du Roman de la Rose; encore moins d'examiner si Durante a composé 11 Fiore d'après une version française déjà abrégée dans les mêmes conditions, ou s’il a lui-même fait subir à un texte complet une opération analogue.

(2) P. Marchegay, Lettres missives du chartrier de Thouars. Série du X V* siècle ( Bulletin de la Société archéologique de Nantes. X (4871) p. 164) Cf. Bibliothèque de l'École des Chartes, LXI (1900), p. 192. Le hs

Dans l'inventaire des livres de Jean d'Orléans, comte d’Angoulême, le 18 article est : «Le livre du Roumant de la Rouse, en françois, commançant, ou second feuillet : Aw milieu du mur, et linissant, ou derrenier : et je m'esveille. » (1)

Dans l'inventaire fait à Châteaudun en janvier 1468 des livres de Jean, bâtard d'Orléans, figure «Le livre du Romant de la Roze, avecques Boesse de Consolacion, couvert de velours gris et tanné, a 10 boillons d'argent doré, et les fermoirs de mesmes, en l’un desquels sont les armes de Monseigneur. » (2)

Un inventaire dressé à Arles le 16 février 1468, par le notaire Guillaume Raymundi, des livres de Jean Quiqueran de Beaujeu, et publié dans le Musee d'Arles (1880, p. 80) par M. Émile Fassin, mentionne «Un livre provençal dit de La Rosa, cum Boelio de Consolalione, en parchemin ». Chabaneau voyait dans ce livre une traduction provençale du Roman de la Rose (Revue des langues romanes, XXVI (1884), p. 214). I semble bien que Chabaneau avait raison ; mais Je n'ai jamais rencontré aucune autre allusion à une traduction du Roman de la Rose en provençal.

L'inventaire dressé en 1488 des livres de la maison d'Este mentionne un «Roman dala Roxa (3), in francexe, in membrana, coverto de chore roso. »

« Le Roman de la Rose, avecq trois livres d'amour, prisé .v. sous », faisait partie de la bibliothèque d'un magistrat picard, au commencement du XVII siècle, suivant un inventaire qui provient des archives du château de Bertangles, et qui est publié dans à Bibliothèque historique, monumentale, ecclésiastique et littéraire de la Picardie et de l’Arlois, de P.Roger, p.149 (Amiens, 1844).

Des quatre mss. du Roman de la Rose qui figurent dans le Calalogue des livres de feu M. le Duc dela Vallière (1° partie, IT, p. 252-953), trois ont élé précédemment identifiés (4) ; le quatrième

(1) « Inventoire des livres trouvez en l'armoire du retrait de feuz Mgr, que Dieu absoille, fait le 1° jour de juing l'an 1467 », publié par M. G. Dupont-Ferrier, dans la Bibliothèque de la Faculié des Leltres de Paris, II, p. 59.

(2) Mémoires de la Sociélé archéologique de l'Orléanais, XXII, p. 117. (3) Pio Rajna, Ricordi di codici francesi posseduli dagli Eslensi nel secolo XV (Romania, Il, p. 52).

(4) B° N. fr. 24392 (p. 61), B. N. 25926 (p. +1), Oxford, Bodléienne, Douce 364

(n° 2740), est du XIV: siècle, a 138 feuillets à deux colonnes et commence par Vesci Le Rommans de la Rose. D'après ces indications, trop sommaires, ce ms. paraît pouvoir être identifié avec celui de la Bibliothèque royale de Munich (1).

Madame de Saint-Surin, dans un livre intitulé L'Hôtel de Cluny au moyen-âge, suivi des Contenances de tables et autres poésies inédites des XV° et XVI° siècles (Paris, Techener, 1835, in-12), a publié des extraits d'un ms. (2) contenant le Roman de la Rose, mais sans dire à qui il appartenait.

Ce ms. était sur parchemin, du XV° siècle, « de format in-4°, presque carré», «orné de jolies miniatures et de lettres tourneures ». Sur le plat intérieur de la couverture, on lisait : «Ce present livre du Roman de la Rose m'a été donné par Monsieur maistre Jacques Cujas, très excellent docteur en droit, le jour Sainte Anne, 1589, a Bourges. Tassot. »

Le volume contenait, outre le Roman de la Rose et le Testament, les pièces suivantes, qu'a publiées Madame de Saint-Surin.

1°. — Les Contenances de table, 58 vers rimant deux à deux.

S’a table te veulz maintenir, Honnestement te dois tenir (3)...

Cette pièce est reproduite, d'après Madame de Saint-Surin, dans les Xleinere Schriflen de F. Wolf (4).

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