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I. De LaborJe, Renaissance Jcs arts, I

LZS MANUSCRITS. 31

pour rillustration d^un de ces recueils de prières; à Geoffroy Thoré, autre artiste parisien, 4 livres 2 sols pour plusieurs vignettes et lettrines d'or ou d'azur ajoutées à d'autres Heures; à Robin de Fontaines, 54 sols pour la décoration d'un petit volume contenant le calendrier et quelques offices. René d'Anjou remit à Barthélémy de Clerc, un de ses peintres ordinaires, qui avait exécuté pour lui un livre du même genre, 4 florins de Provence, équivalant à 6 livres 4 sols. Voici des comptes un peu plus précis. Angelot de la Presse, demeurant à Blois, ayant achevé, en 1464, les Heures de la duchesse d'Orléans, fut rétribué à raison de 10 sols par histoire, de 5 sols par lettre à vignettes, de 8 sols quatre deniers par centaine de lettres à deux points et à interlignes; salaire relativement faible, mais se rapprochant assez de celui que touchaient, à la même époque, plusieurs enlumineurs du duc de Bourgogne (12 à 18 sols par histoire, 2 gros par lettre à vignettes, 3 sols par cent de lettres ordinaires). Un des livres d'heures d'Anne de Bretagne, comprenant 23 histoires riches, 271 vignettes et r,5oo versets, lui coûta i53 livres 3 sols 3 deniers. Il est vrai que ces ouvrages étaient sortis du pinceau de Jean Poyet. Mais les magniiiques Heures du duc de Berry montèrent à des prix très hauts : celles que lui peignit Jaquemart de Hesdin furent estimées, en 141 6, 4,000 livres; celles que Charles le I Téméraire offrit à Louis XI valaient 1,200 écus^

Les livres de chœur* exécutés pour le compte des églises, quoique plus volumineux et souvent aussi

I. Delisle, Cab. des manuscrits, passim; Archives nationales KK 41, P 1334, etc.

LES ENLUMINEURS ET LEUKS PROCEDES. jaj

riches, étaient d'un moindre profit pour les artistes. Un Icctionnaire et un graduel commandés à Nicole Courtin par le prieuré de Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, en i525, ne lui rapportèrent ensemble que 6 livres 3 sols 7 deniers. Un marché conclu par la fabrique de Saint- Martin de Vitré, en 1420, pour « un livre messel complet et fourni et un psaultier fcriel complet et fourni, bons et compétens, en bon vélin et de bon volume, tournez d'azur et de vermeillon, sans flourir, sauf une douziesme des grans lettres, à faire dedans un an et demi », est- passé pour la somme de « quatre-vings livres de monnoye et trente soulz pour pain et vin^ ». Dans un curieux devis, dressé, en 1546, par des chanoines de la cathédrale de Chartres pour maître Macé de Merey, enlumineur de Paris, il est stipulé que ce dernier leur tera « les deux premières histoires, commcnçans Aspiciens à longe, pour vingt-cinq livres tournois les deux; item, les deux autres, commcnçans Conditon', historiées dedans lesdites lettres, la vignette régnant au bas du fucillet et le linteau du fons jusques au bas de la ligne dernière dudit teillet, pour 6 livres tournois les deux; item, les lettres des premiers respons des dimanches et festes, la lettre d'un point de notte garnye de gecton, suyvant la monstre du quart respond du premier dimanche de TAdvent, et les quars et scptiesmcs responds garnyz d'un linteau d'or et d'argent suyvant le sixiesme respond, qui est ja estoffé et baillé pour monstre, pour unze solz six deniers tournois pièce. Tune portant l'autre; item, les lettres d'un poinct de notte sans gecton

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