‹ Les manuscrits et la miniatureChapitre 46 sur 144 · I. Anecdotes cfEtiouie de Bourbon, p · texte numérisé non relu

I. Anecdotes cfEtiouie de Bourbon, p

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encombre nos grandes bibliothèques? Ces résultats, Tesprit de sacritice et d'abnégation pouvait seul les procurer. Aussi ce fut là le grand oeuvre des clercs réguliers du moyen âge. Sans doute, il y eut parmi eux des exceptions lamentables : on vit quelques ignorants gratter des textes précieux; on vit les habitants du Mont- Cassin, par exemple, mutiler et disperser, à une certaine époque, leurs trésors littéraires. Mais de pareils abus, fussent-ils plus nombreux, ne détruiront jamais Tenscmbledes faits, et cherchera démontrer que les moines d'Occident ont sauvé du naufrage les lettres antiques serait insister sur une vérité devenue banale.

Infiniment moins pressés sont les rangs des écrivains appartenant au clergé séculier. Il fallait de grands établissements comme la Sorbonne, ou de puissantes églises comme Notre-Dame de Paris, pour entretenir des scriptoria quelque peu productifs; encore net savonsnous pas au Juste si leurs copistes étaient pris dans leur sein. Ce qu'il y a de certain, c'est que le « collège des pauvres maîtres en théologie » fondé à Paris par Robert Sorbon eut le talent d'enrichir très vile sa bibliothèc^ue naissante, et qu'il y parvint non seulement par voie de donations et d'achats, mais par des transcriptions exécutées à ses frais. On en a la preuve dans les notes inscrites sur plusieurs des volumes qui nous ont été légués par ce fameux établissement, et, même en l'absence de toute indication, M. Dclisle croit pouvoir attribuer cette origine à beaucoup d'autres manuscrits du même fonds. D'un autre côté, nous venons de voir un prélat anglais entretenir dans son propre palais une troupe de calligraphcs. Son exemple n'est pas le seul, et bien

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longtemps avant lui les évèques les plus lettrés en faisaient autant. En Espagne, Isidore de Séville, Braulion de Saragosse, Julien de Tolède sont cités comme ayant offert à leurs contemporains cet intéressant spectacle. Pour la France, nous avons déjà nommé quelques-uns des pontifes célèbres qui encouragèrent Tari des antiquarïi. Mais ce sont nos rois qui se firent, sous ce rapport, les émules les plus actifs des communautés religieuses. Charlemagne ne se contenta pas de donner à celles-ci Timpulsion. Sous le règne de ce prince et de ses premiers successeurs, « une école, une bibliothèque et un atelier de copistes furent attachés à la cour impériale. Ce fut là que, sous la direction immédiate de Tempereur, le texte de la Bible fut revu avec soin, et qu'Alcuin et d'autres savants copièrent ou firent copier d'innombrables volumes qui furent, les uns gardés pour Tusage des membres de la famille» impériale, les autres envoyés dans différents monastères. En peu de temps, les études théologiques et littéraires brillèrent d'un éclat auquel on n'était plus accoutumé depuis l'établissement des barbares en Gaule et en Italie. Une noble émulation fit ouvrir près des cathédrales et dans toutes les grandes abbayes des ateliers ou d'habiles copistes, prenant pour modèles les exemplaires transcrits à la cour, exécutèrent tous les livres nécessaires à l'étude et au service divin ^ » C'est encore par des notes originales inscrites sur ces magnifiques volumes que nous apprenons la part prise à leur confection par Charlemagne, par Louis le Débonnaire, par Lothaire,

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