‹ Les manuscrits et la miniatureChapitre 80 sur 144 · FI G · texte numérisé non relu

FI G

rORTRAIT DE CHARLES V. 13 7 9.

[Initiale dune charte rovnle, aux Archives nat. L S;2.)

et un sergent d'armes, « il est représenté sur un siège sans dossier dont les bras se terminent par des tètes de poissons, les pieds appuyés sur deux lions, tenant le sceptre et la main de justice. C'est à peu près le type adopté pour les sceaux dits de majesté. » Sur la quatrième miniature, en deux exemplaires, dont un le montre de profil et l'autre de trois quarts, il est debout et tend

LA MINI A TURE EN FRANCL. iSy

un parclicmin aux chanoines de Vincennes, tandis que deux anges tiennent la couronne suspendue au-dessus de sa tète. Sur la cinquième, qui a beaucoup d'analogie avec la précédente pour Pentourage et les accessoires, il est à genoux, nu-tcte, surmonte de Tccu aux trois fleurs de lis. Sur la sixième, enfln, il est également agenouillé devant la Vierge, qui tient Tenfant Jésus bénissant; derrière lui un de ses officiers, la tète nue, porte son sceptre^ La flgure et les proportions du corps sont moins bonnes dans cette dernière-, mais Fornement et la draperie y sont traités de main de maître. On a là, cette fois, des portraits contemporains et authentiques ; leur air de famille ne permet pas de s'y tromper. Le type des Valois, qui n'était pas beau, y est parfaitement reconnaissahle, ainsi que la physionomie de Charles V, entrée, elle aussi, dans la tradition.

A partir du règne de ce lettré couronné, la représentation des personnages vivants s'étend peu à peu, dans la peinture sur vélin, aux princesses, aux grands seigneurs et aux Mécènes de l'art. Blanche de Navarre, deuxième femme de Philippe de Valois, figure avec son mari et sa tille Jeanne dans une charmante miniature, ou, à genoux devant le Christ et plusieurs saints, entre autres saint Denis tenant son chef décapité, elle leur présente un petit édiflce, emblème d'une fondation qu'elle vient de faire. Philippe était mort à la date de l'exécution de cette histoire (13-2) ;mais les deux princesses ont pu être faites d'après nature. Un autre sujet curieux orne le contrat de mariage de Jean, duc de

I. Invent, du musce des Arcli. uat., p. 218, 219; Bull, du Cotiiité de l'histoire et des arts, IV, 239 et suiv.

Berry, et de Jeanne de Boulogne : ici la future épouse, les épaules nues, vêtue d'une robe à queue et à taille courte comme celles du premier empire, et portant sur le bras droit une écharpe, donne la main au duc, qui est habillé d'une espèce de surplis long et tient ses gants

Page 1