EIG. 57. JEAN, DUC DE B E R. U Y , RECEVANT UNE CHARTE
DES MAINS d'un ABBÉ. I4.O2.
(Tiré d'une charte Jes Archives nat., J iSS.)
Vers l'époque de cette glorieuse héroïne, le portrait se multiplie sous différentes formes. Sans parler des images sculptées sur les tombes, des hgures de cire coloriées que l'on portait aux enterrements des grands
personnages ou que les magiciens employaient pour leurs envoûtements, la miniature prend à ce point de vue une importance subite avec Jean Fouquct. On sait que ce grand artiste, appelé à Rome pour faire des portraits, exécuta sur toile celui du pape Eugène IV, œuvre d'art malheureusement perdue , et qui n'en a pas moins exercé la sagacité de maint critique. Fait considérable et bien probant, que celui d'un peintre français mandé par des Italiens, qui portaient aux nues son talent, alors qu'eux-mêmes commençaient à posséder des portraitistes (un d'eux avait peint le fameux Pétrarque sur un exemplaire de ses œuvres, aujourd'hui déposé à la Bibliothèque nationale).
Si Ton se refuse ù voir là une marque de la supériorité de notre école nationale au moyen âge, il faut au moin^ y reconnaître un hommage éclatant rendu par des rivaux sincères au pinceau d'i,in de nos premiers maîtres. Mais Fouquet Jtait surtout un miniateur, et c'est en cette qualité qu'il nous a laissé d'admirables ouvrages. Dans des pages d'une finesse merveilleuse, il a reproduit sous différentes formes la figure de son souverain et protecteur, le roi Charles VII. L\Adoration des Mages, un des plus beaux morceaux des célèbres Heures exécutées pour maître