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UIBLIOTHÈQUE IMPÉRIALE DE PARLS
"1% T AGUÊRE une chaire de langue et de littérature slave ^L était créée au collège de France. Aujourd'hui, l'fns- JL 1 litut, dans la séance solennelle des cinq académies (17 août 1857), vient de décerner le grand prix Volney à M. Miklosich, qui occupe avec éclat à Vienne une chaire toute semblable à celle que Mickiewicz a illustrée à Pai'is. Ces deux faits disent assez l'intérêt que la France porte aux études slaves. Elle veut se rendre compte de cette langue parlée dans ses divers dialectes, en Europe, par {)rès de quatre-vingts millions d'hommes, et de ce mouvement intellectuel qui s'est manifesté depuis le commencement de notre siècle chez les peuples de cette race. C'est un puissant encouragement pour tous ceux qui , dans la mesure de leurs forces, se livrent à ces études. N'est-ce pas dire qu'il y a en France un public qui veut être tenu au coui'ant des
productions les plus remarquables de la littérature slave, des questions qui s'agitent dans le monde slave et des diseussions qu'elles soulèvent? Nous l'avons pensé, et c'est pourquoi nous avons pris pour objet de notre travail les manuscrits slaves de la bibliothèque impériale de Paris.
Deux motifs ont déterminé notre choix : d'abord l'intérêt intrinsèque du sujet. La paléographie slave date d'hier, mais elle a devant elle un brillant avenir. Des hommes éminents, parmi lesquels il faut compter M. Miklosich, le nouveau lauréat de l'Institut, lui apportent le tribut d'un dévouement éclairé et persévérant ; elle a conquis les sympathies d'un public instruit et intelligent parmi les peuples slaves, de plus en plus é{3ris de leur passé et de tout ce qui se rattache à leur nationalité. La solution de problèmes importants et qui piquent vivement la curiosité, dépend des progrès que cette branche de la science est appelée à faire. Ces progrès, il ne suffit pas de les appeler de tous nos vœux; il faut tâcher de les hâter par nos labeurs et nos recherches. C'est par cette voie que la paléographie slave verra se réaliser des résultats analogues à ceux que M. Miklosich vient d'obtenir dans le domaine de la philologie , et qu'il a consignés dans sa Grammaire comparée des lanyucs slaves.
Mais outre cet intérêt général, le travail que nous avons entrepris en présente un autre , particulier à la France, et qui lui est pour ainsi dire personnel. Il s'agit de faire l'inventaire des richesses qu'elle possède en fait de manuscrits slaves.
Disons -le tout de suite, ces richesses ne sont pas considérables. Montfaucon nous a laissé, il est vrai, une longue
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liste des manuscrits qu'il appelle en toutes lettres Codices slavici , et qu'il dit avoir été portés sur les catalogues de Saint-Germain-des-Prés en 1686. Que sont-ils devenus? ont-ils péri dans les désastres qui menacèrent l'Évangéliaire de Reims? ou bien, sauvés comme celui-ci par une main amie, enrichissent-ils quelque bibliothèque qui ne se doute pas des précieuses épaves qu'elle possède? C'est ce que nous ne saurions dire , et sur quoi les personnes les plus initiées dans les questions bibliographiques, les plus à même par leur position de connaître la vérité, n'ont pu nous donner aucune réponse satisfaisante. Toujours est -il que nos investigations n'ont abouti à aucun résultat, et nous sommes obligé de considérer ces manuscrits comme perdus pour la science. Pour sentir la grandeur de cette perte, il suffît de parcourir les titres des quarante- cinq volumes mentionnés par le docte bénédictin. Il y avait là des ouvrages que les slavistes auraient été heureux de connaître pour la première fois peut-être; telles sont par exemple les Comédies d'Aristophane , pour ne rien dire des textes des saints Pères et autres auteurs ecclésiastiques, généralement assez répandus*.
Quoi qu'il en soit, le peu que possède la bibliothèque de Paris lui donne le pas sur celles de l'Allemagne. Il y a là des textes qui mériteraient d'être édités en entier. Nous ne renonçons point à l'espoir de nous en occuper un jour ; en attendant, nous nous contenions de donner un aperçu général de tout ce dont nous avons pu par nousmême constater l'existence.
* Les voici tels qu'ils sont consig-nés dans la Bibliothccn bihliothecarum ms^., t. Il, p. 104-2. — Mss. codicum slavicoruni, etc., bibliothccœ Coisliulanae hic