FL NA TÉR EE
de plusieurs exemplaires (cf. PI. XVI, fig 60) — ce qui fait supposer que ces sphères granuleuses vivaient sur le fond ; par contre je ne les ai observées que rarement dans le test de certains Eridothyra (à coquille épaisse).
3. — Parfois le test, de texture granuleuse typique, montre en son milieu une ligne plus claire qui souligne nettement les parois et les cloisons de certains Endothyra. Cette zone claire exerce une certaine action sur la lumière polarisée ; ; une ombre se déplace dans la zone quand on fait tourner la platine du microscope mais sa direction est difficile à préciser. D’abondants granules de carbonate de calcium minuscules s’observent aussi. Les deux zones sombres qui flanquent extérieurement et intérieurement la ligne claire dont il vient d’être question n’agissent pas sur la lumière polarisée ; leur texture, que je crois Feu leuse, est indiscernable même à de forts grossissements.
4, — D’autres Endothyra (cf. PI. XVII, fig. 66) montrent en certains points de leur test (parois extérieures) des portions plus ou moins zébrées radialement de gris et de noir. Il y a alternance plus ou moins régulière de raies grises (hyalines) et de plages noires (granuleuses), ces dernières beaucoup plus épaisses. Cet aspect rappelle, quoique de très loin, les figures données par VON MOELLER dans les planches 12 et 13 de son travail intitulé « Dié spiral-gewundenen Foraminiferen des russischen Kohlenkalks ». J’ajouterai, au moins en ce qui concerne ces portions zébrées, que les tests où on les rencontre paraissent sensiblement plus minces. Les zones nettes sont très localisées ; cependant il est légitime de se demander si les zones granuleuses homogènes ne masqueraient pas une-texture identique à celle que je viens de décrire mais
qui aurait été plus ou moins périmée. ;
Cr Interprétation des faits.
Jusqu’à plus ample information et me basant sur les faits qui laissert le moins de place au doute, j’incline à considérer les Foraminifères à test granuleux comme des agglutinants.
1. — Je ne prétends pas pour autant (les faits observés ne m’y autorisent pas) que la totalité des éléments qui entrent dans la constitution du test soient d’origine étrangère à l’organisme, autrement dit que le test dans sa totalité résulte de l’agrégation de particules calcaires (granules) et organiques (débris quelconques, esquilles, Granulosphères) empruntés, par l’organisme vivant, au fond marin sur lequel il vivait. Ce qui est indéniable c’est qu’il y a apport d'éléments étrangers — mais
cet apport, qui est considérable si on y englobe les granules qui constituent le fond du test, est faible au contraire et accessoire si on les en exclut. Tout revient donc à résoudre ou à élucider le problème de l’origine du granule.
2. — Pour ce qui est des deux derniers types de texture (parois à zone médiane claire, flanquée de zones sombres — parois rayées radialement de plages hyalines claires et granuleuses sombres), je me demande si ce ne sont pas là deux aspects particuliers d’une texture qui serait, elle aussi, essentiellement granuleuse. Dans le premier cas, en effet, la zone médiane, claire en lumière naturelle, ne change guère d’aspect en lumière polarisée même si l’on fait tourner la platine du microscope. Elle est donc probablement formée de grains plus gros que ceux des zones sombres interne et externe et sans mélange d’impuretés. — Le second cas est trop spécial pour qu’il puisse servir à étayer une conclusion générale : les individus chez lesquels je l’ai observé sont tous des formes à test relativement mince et qui, par leur aspect d'ensemble et l’allure de leurs chambres, me semblent se rapporter à l’espèce E. Bowmani. De plus, cette texture radiée est très localisée et les raies qui la constituent ne sont pas toutes continues.
F UE Origine des or Res
Cette origine peut être multiple et le granule qui constitue essentiellement le test des Foraminifères granuleux peut résulter, soit de l’activité purement mécanique de ces organismes — soit de leur activité vitale — soit de ces deux activités combinées.
L'organisme peut n’être pour rien immédiatement dans l’élaboration du granule de carbonate de calcium. Ce granule se serait formé et déposé par voie chimique sous l'influence de causes multiples d’ordre physique et chimique (solubilité, pression, appauvrissement en gaz carbonique, réactions dues à la présence de matières organiques en voie de désintégration etc). Les Foraminifères, vivant sur le fond, auraient emprunté à ce milieu les éléments de leur coquille ; certaines espèces à test mince auraient choisi exclusivement ces minuscules granules, d’autres (Textilaires surtout, Endothyra à test épais) se seraient construit une coque aux dépens de la vase composée de granules calcaires et de débris organiques (esquilles, Granulosphères, etc). En faveur de cette explication, il faudrait faire valoir ce fait que les coquilles minces sont composées exclusivement de granules, tandis que les coquilles épaisses qui montrent dans leur épaisseur des fragments, des esquilles et des Granulosphères, sont, elles aussi, essentiellement granuleuses. De plus,
les granules du test rappellent dans leur ensemble et leurs dimensions ‘ceux qui constituent le fond de la roche.
Le test granuleux pourrait résulter de l’incrustation par l’organisme lui-même d’une membrane organique qui aurait limité vers l’extérieur sa masse plasmique. Le cytoplasme se débarrassant de substances inutiles ou en excès, dans le cas présent du calcium sous forme de carbonate ou autre composé, en aurait incrusté la membrane organique, lui communiquant ainsi plus de solidité et de rigidité. C’est le processus réalisé chez les Algues calcaires et, chez ces organismes, la texture est granuleuse et en tout identique à celle des Foraminifères granuleux.
Bref, en dehors de quelques rares genres (Archaediscus, Valvulina) à test poreux et hyalin, la grande majorité des Foraminifères du Calcaire carbonifère dans le Boulonnais a un test dépourvu de pores, et de texture granuleuse. Il est indubitable que parmi ces formes il en est d’agglutinantes (Textilaires et Endothyra à test épais) — mais il ne me semble pas possible de décider si tous les Foraminifères granuleux sont agglutinants et si le test a pris naissance par voie d’agrégation d'éléments étrangers ou par incrustation de grains élaborés par l’organisme lui-même. La similitude du test dans les différents types de Foraminifères granuleux comporterait, selon moi, une sérieuse présomption en faveur de la première hypothèse.