‹ Les Marbres du Calcaire Carbonifère en Bas-BoulonnaisChapitre 163 sur 211 · Balles entièrement formées de calcaire granuleux · texte numérisé non relu

Balles entièrement formées de calcaire granuleux

a. — les unes sont d’un calcaire granuleux parfaitement homogène, |

b. — les autres montrent des vestiges plus ou moins vagues d’une Zonation concentrique qui est par ailleurs discontinue. De ces dernières, il en est qui sont totalement dépourvues de sections de Girvanelles : d’autres au contraire en présentent.

B. — Interprétation.

1. — L'interprétation des sections diamétrales ne soulève guère de difficulté ; il n’en est pas de même des balles exclusivement formées de vermiculures et de celles qui sont entièrement granuleuses.

a. — J'ai parlé plus haut de la division fréquente de la croûte organique en deux zones, l’une interne bourrée de vermiculures, l’autre superficielle de texture surtout granuleuse, ne montrant que quelques sections transversales ou longitudinales de Girvanelles. Il est clair que si les sections à texture uniforme exclusivement formée de vermiculures peuvent être interprétées comme des coupes intéressant cette zone interne du manchon 6rganique, elles peuvent tout aussi bien être regardées comme de simples gravelles, à savoir des fragments de colonies de Girvanelles repris par les eaux et roulés. Toutefois, en me basant sur la tache plus claire que présentent certaines sections exclusivement formées elles aussi de vermiculures, je penche plus volontiers pour la première hypothèse. Cette tache plus claire, en effet, fait penser au voisinage du nucleus vu par transparence ; les sections qui la présentent doivent donc s’interpréter comme orientées tangentiellement au nucleus c’est-à-dire à la portion oolithique de l'élément.

b. — Un problème analogue se pose pour les sections entièrement granuleuses qui peuvent s’interpréter ou bien comme des coupes intéressant les portions granuleuses des éléments, que ces portions soient superficielles (sections plus réduites) ou au contraire plus ou moins voisines du centre — ou bien, comme des portions de sédiment granuleux repris et roulés par les eaux, certaines sections montrant en plein calcaire granuleux des esquilles d’Ostracodes.

Cette seconde interprétation est la plus vraisemblable ; la zone externe de la croûte organique étant, à l’ordinaire, d’épaisseur très réduite, il n’y a guère de probabilité pour que les lames minces aient pu l’intéresser un aussi grand nombre de fois. Il faudrait en dire autant des zones granuleuses internes qui ne sont qu’exceptionnellement développées et épaisses.

2, — Ici, de toute évidence, les Girvanelles se sont développées sur

un sédiment en voie de formation, mais dont les éléments avaient achevé leur évolution ; la preuve en est dans les microtubulures et les vermiculures qui n’eussent pas été conservées dans l’hypothèse contraire.

Cette constatation force en outre à admettre ou bien que les balles oolithiques se sont constituées à l’état de calcite — ou bien que l’évolution du carbonate de calcium en calcite a suivi de très près la formation des balles d’aragonite.

3. — Quel est enfin le rôle de ces organismes ? Construisent-ils les balles oolithiques, les détruisent-ils, ou leur demandent-ils simplement un support, un point d'attache ?

Une source de difficulté dans l’interprétation du rôle des Girvanelles vient de ce que l’organisme en lui-même est insuffisamment connu. A-t-on affaire à une algue filamenteuse et ramifiée ou à une colonie de ces végétaux comprenant plusieurs individus ou même plusieurs espèces, comme tendrait à le faire croire la variété de diamètre des sections rencontrées parfois dans un même élément ? Il est clair que dans l'hypothèse du support ou du point d’attache, l’attaque inévitable de l’oolithe par l’organisme qui se fixe sera beaucoup plus accusée dans le cas d’une colonie que dans le cas d’un individu et pourra, dans certaines circonstances, simuler une destruction.

L’algue s’est fixée à la surface de balles évoluées. Ses filaments tubulaires ont rongé la surface externe des oolithes et pénétré plus ou moins profondément dans l’intérieur, périmant la texture concentrique et radiaire au sein de laquelle on observe les sections de ses tubes, et la remplaçant souvent par du calcaire granuleux. La texture de l’oolithe est donc nécessairement altérée, comme sont altérés les fragments de coquilles sur lesquels des algues se sont développées et qui n’ont conservé dans leur épaisseur que des traînées sinueuses de granules calcaires, vestiges du parcours des filaments de l’algue.

Une fois fixée (et cette fixation a pu être intense s’il s’agit d’un amas d'algues en tube simple, dont chaque filament a pris son point d’insertion sur l’oolithe et creusé son chemin au travers de la croûte), l’algue s’est développée à la surface de loclithe en l’accroissant par le feutrage accumulé de ses tubes. À en juger par la régularité de la forme extérieure des éléments et par la continuité des zones caractérisées par les sections de Girvanelles, un tel accroissement a dû se faire en suspension, Comme cela se voit dans les aquariums, l’algue, par le jeu même de ses fonctions vitales, a pu maintenir l’oolithe en suspension dans l’eau (dégagement d’oxygène mis en liberté dans le phénomène de l'assimilation chlorophyllienne). .

Page 1