‹ Les Marbres du Calcaire Carbonifère en Bas-BoulonnaisChapitre 169 sur 211 · Calcaires dolomitiques · texte numérisé non relu

Calcaires dolomitiques

Par calcaires dolomitiques, j'entends toute la série de sédiments calcaires plus ou moins dolomitisés compris entre les dolomies grenues d’une part et les calcaires francs seulement piqués de quelques cristaux épars. Suivant les places et le degré de dolomitisation, les rhomboëdres de dolomite sont contigus, moulés les uns sur les autres et en forme de grains irréguliers — ou bien isolés et montrant des sections rhomboédriques ou triangulaires (cf. PI. XXIV, fig. 119, portion supérieure). Alors que, dans le cas de dolomies grenues, il était ordinairement difficile de préciser le facies originel du calcaire dolomitisé, dans le cas des calcaires dolomitiques cette tâche est plus aisée, la dolomitisation

ayant la plupart du temps laissé subsister les organismes et des portions importantes du calcaire originel. C’est ainsi que, dans la série détaillée ci-dessus, j’ai pu identifier, parmi les calcaires dolomitiques, des calcaires à grain fin à nombreux fragments de Tabulés mêlés d’articles d'Echinodermes, d’esquilles de Brachiopodes et de Foraminifères à test granuleux (2 banc, partie supérieure), des calcaires coquilliers (3 banc, partie moyenne), des calcaires oolithiques à structure entrecroisée (4 banc, base), des calcaires grumeleux qui, dans le quatrième banc, succèdent aux calcaires oolithiques.

L'étude du comportement des organismes et des débris d’organismes est assez délicate ; il est en effet souvent difficile en lame mince de préciser si le minéral constituant du squelette organique est le carbonate de calcium ou le carbonate double de calcium et de magnésium. Si, dans les sédiments que j'ai étudiés, en règle générale, les cristaux de dolomite se présentent en rhomboëdres idiomorphes, saupoudrés d’une poussière granuleuse brune, si par ailleurs les cristaux de calcite, plus hyalins et plus purs, montrent entre nicols croisés des teintes de biréfringence de mêmes nuances rouge et verte mais beaucoup plus vives, il peut de-ci de-là subsister un doute sur l’identification de certains cristaux et de certains fragments organiques.

Quoi qu’il en soit, les rhomboèdres de dolomite me paraissent se former de préférence aux dépens du carbonate de calcium granuleux qui forme toujours plus ou moins le fond de la roche 24 ; la dolomitisation affecte surtout la matrice et les microorganismes qui y sont inclus. J’ai constaté par ailleurs que les Tabulés, les Brachiopodes et les Echinodermes résistent à la dolomitisation.

Si les Tabulés ne sont pas dolomitisés en masse dans des milieux par ailleurs assez riches en magnésie, vu le peu de stabilité de l’aragonite, c’est que la recristallisation de ce minéral en la forme calcite a dû être hâtive et antérieure à la mise en place des rhomboëdres de dolomite.

Les Brachiopodes et les Echinodermes sont, eux aussi, assez réfractaires et ont, très généralement, conservé intacte leur microtexture. Les rhomboëèdres, qui se sont formés dans le calcaire granuleux, achèvent parfois leur développement aux dépens de la calcite des esquilles ; la surface de ces esquilles apparaît comme mordue, rongée

204. Ce fait est illustré d’une façon toute particulière dans le niveau oolithique à structure entrecroisée qui occupe la base du quatrième banc. Les cristaux de dolomite se forment aux dépens des grumeaux granuleux qui chargent la matrice ; ils se sont ensuite accrus en rongeant plus ou moins les balles oolithiques et en en périmant la texture dont ils ont dans certains cas gardé quelques vestiges (cf. PI, XXIV, fig. 119 et 120).

par les cristaux de dolomite. Parfois aussi, un ou deux rhomboëdres

isolés se présentent en plein corps de l’article ou de l’esquille, mais c’est plutôt rare.

Je noterai enfin pour terminer que, dans certains calcaires dolomitiques, à côté de plages à mosaïque de dolomite montrant des extinctions normales, il y a des plages-à structure confuse et à mosaïque indécise où les cristaux mal formés et irréguliers présentent entre nicols

croisés une extinction onduleuse,

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