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II. — SILICIFICATION DES FRAGMENTS ORGANIQUES

La silice sous forme de quartz ou de calcédonite épigénise fréquemment les fragments organiques. Il y a peu de chose à dire des entroques, des Tabulés et des Syringopora où la silice se présente généralement sous forme de quartz en mosaïque. Plus complexe est la manière d’être de la silice dans les sections de Polypiers et d’Ostracodes et dans les esquilles de Brachiopodes.

A. — Polypiers.

I1 s’agit d’une section de Polypier entièrement silicifié dans un calcaire dolomitique de Tabulés.

En lumière naturelle, le squelette du Polypier ressort en grisé sur

. un fond blanc transparent ; l’aspect grisé du squelette est dû à la persistance du carbonate de calcium granuleux en éléments de tailles diverses mais toujours petits et fréquemment orientés perpendiculairement à la surface de la cloison.

Les cloisons qui sont formées par des cristaux de quartz juxtaposés du type mosaïque sont hérissées de petits prismes qui ont pris naissance à leur surface et leur donnent un aspect denticulé. Les loges sont d'ordinaire remplies de quartz en assez large mosaïque ; en certains points toutefois la silice a cristallisé sous une forme fibreuse qui affecte l'allure de sphérolithes entiers ou hémisphériques ou celle de rubans allongés à zones concentriques régulières alternativement noires et claires. Ces sphérolithes et ces rubans ont pris naissance sur la paroi en s’étendant vers l’intérieur des loges.

B. si Brachiopodes.

L’esquille est plus ou moins complètement remplacée soit par des cristaux de quartz du type mosaïque, soit par une large plage de silice

qui s’éclaire et s’éteint d’une venue. En règle générale, la texture d’ensemble a été préservée ; la silice s’est insinuée entre les lamelles, rongeant plus ou moins celles-ci sur les deux faces. Le tracé d’ensemble est conservé sous forme de traînées punctiformes ou linéaires de carbonate de calcium. À

Parfois mais plus rarement j'ai observé aussi de la silice fibreuse.

GC. — Ostracodes.

Contrairement à ce qui se passe dans les phénomènes de dolomitisation, la silice ne périme pas d’ordinaire la texture organique ; les Ostracodes montrent, après silicification, les mêmes manières d’être que ceux qui sont restés calcaires. Dans le cas des formes en < amande », il est difficile de préciser si on a affaire à des prismes très fins à direction radiaire ou s’il s’agit de silice fibreuse.

D’autres individus, de texture plus complexe, montrent de l’extérieur vers l’intérieur trois zones nettement distinctes :

a. — La plus extérieure d’un gris bleuté et d’allure prismatique représente le test de l’organisme.

b. — Cette zone éxterne el prolongée vers l’intérieur de la coquille par une zone analogue de texture fibreuse ou prismatique qui s’est orientée sur elle. -

c. — Le centre est rempli de quartz en mosaïque.

Deux rhomboëdres bien formés de dolomite interrompent cetie texture ; la silice les a respectés comme du reste nombre de rhomboèdres qui chargeaient le fond de la roche. Des rhomboëdres qui ont échappé à l’épigénie siliceuse, les uns ont gardé leur forme cristalline parfaitement nette, d’autres plus ou moins rongés par la silice ont pris l’aspect dé grains à contours irréguliers.

Les Ostracodes fournissent un exemple de ce que M. COUVREUR appelle une orientation « conforme » ; la silice s’est substituée suivant les lignes directrices du test, comme si elle avait été influencée par la texture organique préexistante. L’auteur, parlant des Lamellibranches les plus simples 4 structure prismatique tels que les Inoceramus, les Perna, déclare qu’il n’a pas observé « de substitution massive au cours de laquelle un cristal de quartz ou un système calcédonieux remplacerait une unité organique de forme bien précise, tel qu’un prisme hexagonal » 215, J’ai signalé plus haut qu’en ce qui concerne les Ostracodes

215. COUVREUR MAURICE. — Note sur l’épigénie siliceuse conforme et non conforme des tests de Lamellibranches. — C. R. Ac. Sc., t. 189, N° 28 (2 Décembre 1929), p. 999.

envisagés la preuve était malaisée à faire en raison des difficultés d’observation. L’auteur affirme enfin une résistance des tests à la pénétration par la silice ; les Brachiopodes me paraissent fournir une preuve nouvelle à cette affirmation. J’ai montré en effet, que, quand le phénomène est observable, la silice pénètre entre les lamelles obliques qui constituent le test, les ronge plus ou moins sur leurs deux faces externe et interne, laissant subsister ces lamelles sous forme de vestiges calcaires punctiformes ou linéaires.

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