‹ Les Marbres du Calcaire Carbonifère en Bas-BoulonnaisChapitre 26 sur 211 · MARBRE HENRIETTE · texte numérisé non relu

MARBRE HENRIETTE

Son Histoire.

L'histoire du marbre Henriette est malaisée à établir ; la date d’origine de son exploitation est difficile à préciser. Les plus vieux carriers de la région boulonnaiïse ne pourraient fournir aucun renseignement de quelque valeur à ce sujet; tout ce qu’on peut affirmer c’est que certaines maisons datant du XVL siècle possèdent des cheminées en «<Henriette»y, Mais cet argument est bien précaire; rien ne prouve que ces cheminées sont du XVI siècle, et n’ont pas été installées à une date ultérieure. La seule que j’aie pu voir est, de par son style, à dater de la première moitié du dix-neuvième siècle (probablement Louis-Philippe).

Il y a 25 ans, ce marbre était encore exploité pour les travaux de marbrerie à la carrière du Haut-Banc; mais en l’année 1906, la Société des Carrières de la Vallée Heureuse et du Haut-Banc cessa l’extraction de ce marbre en blocs. Plus récemment enfin, il y a de cela deux ou trois ans, elle acheva la concentration des locaux et du matériel de marbrerie sur Hydrequent. Actuellement, le banc Henriette sert à alimenter des concasseurs et ne fournit plus que du caillou pour routes, pour ballast et pour béton.

Ses Gisements.

Du point de vue stratigraphique, le banc Henriette présente un intérêt tout particulier par sa constance et l'allure toute particulière de

RES res

l'organisme qui le constitue ; i/ caractérise le niveau moyen de l’Assise à Productus Cora. |

Le « marbre Caroline », qui appartient au même niveau et à la même assise, est, au contraire, difficile à distinguer d’autres rubanés qui pullulent au même niveau.

J’ai dit que le banc Henriette formait un niveau constant, et, de fait, partout où les conditions d’exploitation étaient favorables, j'ai pu le retrouver. Je l’ai rencontré au nord et au sud de la faille de Ferques; au nord de cette faille, dans deux carrières actuellement abandonnées et distantes à vol d’oiseau d’environ 3 à 4 kilomètres. Dans l’une d’elles, sise au nord du ruisseau de Crembreux et ouverte à l’ouest de la voïe ferrée qui dessert la carrière Randon et remonte vers le nord-est sur le Hure et Beaulieu, je n’ai repéré le banc Henriette qu’avec la plus grande peine et après de longues recherches. Ce banc y est coupé par une faille verticale accompagnée d’un décrochement ; le banc, disloqué, vient mourir au sol contre la faille et disparaît brusquement. L'organisme Henriette que j'ai pu trouver en place dans un fragment de 10 cm? environ y paraît localement peu développé — autre circonstance qui explique la difficulté rencontrée dans le repérage de ce niveau. L'autre carrière (carrière des Ramonettes n° 2, cf. Carte n° 9) située au nordouest près le Bois Sergent intéresse ce banc sur une assez grande étendue. Je donnerai plus loin une coupe verticale de ce dernier gisement: le banc Henriette y est bien développé; des traces d’exploitation au fil d’acier y témoignent d’une extraction en blocs, vraisemblablement à fin de marbrerie. |

Au sud de la faille de Ferques et au voisinage immédiat du passage à niveau du Haut-Banc, le banc Henriette se retrouve au fond de la carrière abandonnée du Petit Haut-Banc à son extrémité orientale — et dans la carrière en activité du Haut-Banc où on l’a extrait en blocs pour travaux de marbrerie jusqu’en 1906. Cette dernière carrière dans son extrémité nord-est, représentant approximativement le centre du dôme du Haut-Banc, on voit le banc Henriette s’incliner dans toutes les directions. En face de la maisonnette du passage à niveau on le voit légèrement incliné au sud; puis il s'incline vers le nord. Cette pente d’abord légère ne tarde pas à s’accentuer et Henriette s’ennoie pour aller constituer, à peu de chose près, le plancher de la « Carrière du chemin de fer du Nord ».

Je terminerai cet exposé des gisements du banc Henriette par une coupe verticale comparative des facies nord et sud de cette formation. On y constatera de sensibles différences dans l’aspect extérieur de cet organisme et dans son développement vertical.

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