Formation des bâtonnets
a. — Description. ‘
En certaines places, le thalle montre de curieux et importants phénomènes de floculation : sa substance, qui, pour l’ordinaire, est en lame mince assez homogène et finement granuleuse semble en certains points s’opacifier et s’épaissir, ne laissant plus voir qu’une texture extrêmement confuse dans laquelle on distingue encore toutefois les lignes noires (sections de membranes) qui constituent en partie le tissu propre de notre organisme (cf. PI. VIL fig. 25). Puis, par un phénomène probable de condensation localisée, le tissu reprend une certaine transparence et présente un aspect général réticulé, d’un noir très accentué, que fait encore ressortir la teinte blanche de la calcite interstitielle, Ce réseau qui, à mon avis, n’était qu'apparent et produit par le tassement, disparaît pour faire place à une accumulation de menus articles que l’on retrouve souvent à l’état libre en dehors de l’organisme (cf. PI. VIH, fig. 26 et 27; et PL VL fig. 24).
Les petits articles dont je viens de parler sont formés de granules calcaires extrêmement petits; ils sont nettement calibrés et se présentent sous la forme de petits bâtonnets, noirs, opaques, laissant voir en leur milieu une ligne grise longitudinale difficilement perceptible. Il ne semble pas qu’il s’agisse là d’un canal longitudinal ; tout canal quelque réduit en diamètre qu’il puisse être n’échapperait pas à l’observation en section transversale. Il s’agit, et la section transversale du bâtonnet le montre bien, d’une double gouttière qui court longitudinalement sur deux de ses faces et qui, en diminuant localement l'épaisseur de l’article,
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se traduirait par une ligne plus claire. Il semble que les bâtonnets aient tendance à se diviser le long de cette ligne de moindre résistance et aussi dans le sens de la largeur comme si, en définitive, ces bâtonnets étaient formés d’une double série de petits articulets empilés les uns sur les autres.
Ces bâtonnets se forment au voisinage de la surface ; ils se retrouvent, après libération, dans les vides développés entre les différentes lames (cf. PI. V, fig. 18 ; PL VI, fig. 24 ; PI. VII, fig. 26 et 27).
b. Origine des bâtonnets et interprétation.
En comparant les figures des planches V, VI et VII il semble qu’il faut expliquer lorigine et la formation des bâtonnets aux dépens de l'organisme lui-même, aux dépens à la fois de son tissu fondamental et de ses enveloppes. Les arguments que j’apporterai comme preuve sont les suivants :
— le fait de l’épaississement très prononcé des enveloppes dans les portions du thalle où se produit cette floculation (cf. PI. VI, fig. 24 et PI. VII, fig. 25) ; |
— la disparition des enveloppes dans les zones où se forment les bâtonnets (cf. PI. VII, fig. 25) ; ù
— l'aspect écailleux que présentent certaines parois au voisinage des grumeaux (cf. PI. V, fig. 18 ; et PI. VII, fig. 26) ;
— la disparition du fond granuleux et son remplacement par de la calcite hyaline plus largement cristallisée (cf. PI. VI, fig. 24 ; et PI. VIT, fig. 26 et 27). \
‘Fournis par l’organisme lui-même, ces bâtonnets seraient-ils le résultat d’une désagrégation proprement dite du thalle ou représenteraient-ils au contraire des éléments de reproduction? Sans pouvoir prouver d’une manière positive la seconde hypothèse, il me paraît que la première explication n’est guère soutenable. Il suffit en effet de comparer les figures auxquelles je viens de référer avec la figure 28 de la planche VII pour se convaincre que, si les parties qui se résolvent en bâtonnets et en grumeaux voient leur structure détruite, ce qui est normal puisque c’est aux dépens du thalle que les grumeaux ont été produits, il n’en est rien dans la fig. 28 de la planche VII. Là, pas de grumeaux et absence de toute structure ; le thalle est réduit à une plage de calcaire granuleux en même temps que les ampoules se sont considérablement augmentées en nombre et ont crevé les unes au contact des autres. De plus, les bâtonnets se montrent ordinairement en surface de portions du thalle qui gardent, au moins en partie, leurs caractères structuraux. Enfin, on ne comprend pas bien pour quelles raisons un organisme qui se désagrègerait donnerait naissance à des articles aussi réguliers et si nettement structurés.