‹ Les marchands de santé (volume 2)Chapitre 4 sur 59 · SCÈNE DE MOEURS · texte numérisé non relu

SCÈNE DE MOEURS

avant d'aller plus loin?... C’est un des charmes singuliers de Fantasia-Capitale. Où qu’on se trouve, on n’a qu’à pénétrer au rez-de-chaussée de la première maison qui se présente, et l’on est dans un café.

Les cafés échappenl seuls à la loi de centralisation universelle ; ils sont partout à la fois.

— Comment, toutes ces boutiques?...

— Des cafés, rien que des cafés. Les autres industries ou commerces ont été obligés de se réfugier aux étages supérieurs. Il y a des établissements de limonade qui occupent une superficie de trois lieues carrées, ce qui oblige les garçons à faire le service dans de petits wagons qu’aspire une machine atmosphérique... Entrez donc !

— C’est qu’on m’a défendu de rien prendre entre mes repas.

— Le dernier que vous avez fait a eu le temps de se laisser digérer... Entrez donc !

Avant même qu’ils se fussent installés à une table, un roulement bruyant fit sursauter Onésime.

C’était un garçon qui fondait sur les deux con-

sommateurs dans son wagon à grande vitesse :

— Absinthe, bitter, vermouth... eau-de-vie, alcool, trois-six, vitriol!..

— Qu’est-ce qu’il nous conte avec son vitriol? dit Onésime en frémissant d’épouvante.

— Vitriol au genièvre, article très-demandé, répliqua le garçon.

— Une boisson imaginée pour les palais blasés par les mièvreries de l’absinthe, expliqua le guide de Du Tilleul...

— Mais cela doit causer dans les organes des ravages épouvantables.

— C’est là l’attrait... Vous ne voulez pas en goûter ?

— Grand Dieu ! moi!... Mon docteur qui m’interdisait jusqu’à un simple canard... Si l’on pouvait me préparer une infusion de camomille...

— Allons donc! Vous plaisantez... Buvez-moi un peu de café.

— C’est bien échauffant.

— De bière.

— C’est bien froid.

— Mais puisque vous avez autour de vous

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