SAUVE CE QUE PEUT
En un clin d’œil la garde-malade avait ouvert les armoires.
D'un geste saccadé et avec une rapidité qui dénotait une profonde habitude, elle lançait au milieu de la chambre tout ce qui lui paraissait à sa convenance.
Elle accompagnait cet inventaire de petites réflexions :
— Des chemises de toile... Ça peut toujours servir... Mâtin! 11 les usait joliment.
En voilà un pingre encore! S’il n’aurait pas pu se commander des chemises neuves avant de faire ses malles pour l’autre monde.
Un paletot noisette... Je ne peux pas sentir cette couleur-là... Décidément c’était un homme qu’avait pas de goût.
Enfin, pour vendre, ce sera toujours ça.
Un habit noir... V’ià qui tombe d’aplomb. Mon époux et moi nous sommes invités à une noce pour la semaine qui vient, et ce pauvre Aristide n’avait pas d’habit noir.
T’en auras un, mon homme... C’est qu’il est bon comme neuf.
11 aura l’air d’un milord.
Ilum! Les chaussures ne sont pas en trop bon état... Marchait - il mal!... Marchait -il mal !
Tout éculées en dedans...
11 avait les jambes en manche de veste, pour sûr.
Des bijoux... Pas de bêtises... Ça on peut en remarquer la disparition. On a de la délicatesse ou on n’en a pas... Prenons seulement cette petite bague...
Histoire de conserver un souvenir de son dé-