UNE CONSOLATION IN EXTREMIS
— Il s’agit de mon fils, mon bon monsieur, de on seul trésor... que je vais perdre!... mon eu ! mon Dieu !
— Pourquoi de semblables idées?
— Oh! il l’a bien dit, lui!... Figurez-vous, onsieur, que j’avais conduit mon mignon chez médecin de l’assistance publique... Parce que, •yez-vous, on n’est pas riche...
Je savais bien qu’ils ne prêtaient pas toujours ande attention, vu que c’est une corvée pour ix, mais enfin je n’aurais jamais supposé... Pourtant, mon bon monsieur, j’arrive. On me it attendre, attendre!...
11 fallait bien... je serrais le chéri tant que je mvais, parce que dans notre salle à nous il ,y avait pas de feu. C’est seulement dans la salle :;s payants...
Enfin je passe... Le marchand de santé me -end le petit des bras... Il le tourne, le palpe, iis d’un air indifférent et en hochant la tête :
— C’est un enfant qui aurait besoin de fortimts... Une saison à la campagne ou un voyage... es viandes saignantes... Du vieux vin... Pas itre chose... Sans ça...
— Sans ça?... fis-je frémissante.
— Dame, sans ça, bonsoir !
Oh ! je vous le promets, mon bon monsieur, je n’en ai pas entendu davantage... 11 me semblait que j’avais le bourreau devant moi... Car enfin, est-ce juste? est-ce bien de venir parler aux malheureux de voyages, de mets succulents, de vins généreux, quand on sait que ça leur retourne le poignard...
Ils appellent ça de l’assistance... Mais mon Dieu, l’assistance ça vient du cœur avant tout... Est-ce qu’il avait besoin de me faire de la peine?... de me rendre jalouse des autres mères?
En vérité, mon bon monsieur, je ne suis pas méchante moi ; il m’aurait donné quelques paroles douces au lieu de remèdes, s’il n’en faut plus... Mais au lieu de ça... N’est-ce pas que c’est une abomination?
Mon enfant! mon cher enfant!...
La malheureuse femme s’était arrêtée, interrompue par les sanglots.
— En effet, c’est abominable, dit Onésime... Voyons! madame, voyons! consolez- vous un peu.
— Que je me console! quand à toute heure.