ACTE TROISIÈME
FERNEY
Il m'est très difficile de vous dire mes craiates... mais, voyez-vous, il est des heures dangereuses et je tremble que votre bonheur, le sien, soit compromis à tout jamais.
ROGER, nerveux.
Expliquez- vous... qu'a-t-elle fait? Parlez, précisez.
FERNEY
Je n'ai rien à préciser... ce soir, je pense à votre avenir, et j'ai peur, voilà tout.
ROGER, se reprenant, indifférent.
Quelle est cette comédie?... Et pourquoi ces sous-entendus?
Il n'y a point là de comédie, je vous raffirme. Il y a un vieux brave homme qui vous montre la route et les abîmes qui la bordent. Une femme va droit son chemin... jusqu'au jour où, lasse, découragée... elle tourne brusquement.
ROGER
Fernande est honnôte.
174 LES MAHIONNEÏTES
FERNEY
Certes... mais, croyez-moi, Roger, la femme la plus honnOte peut être vaincue malgré elle. Tout s'use, môme le cœur! Une minute suffit et tout est oublié. Or, il y a certains hommes qui guettent cette minute-là! Enfin, Fernande n'a que vingtquatre ans, faites attention.
ROGER, en souriant.
Regardez-moi doncl Voudriez- vous me rendre jaloux, par hasard?
FERNEY
Rendre jaloux ceux qui ne savent pas aimer est une tâche bien au-dessus de mes forces.
ROGER, froidement.
Que Fernande fasse ce que bon lui semble. Ne lui ayant pas donné d'amour, je n'ai pas le droit d'en exiger d'elle.
FERiNEY
J'aurai fait mon devoir.
ROGER
Merci. Je n'ai nulle inquiétude. (II,miI.; N'ulmont, je vous avais demandé tout à l'heure do vouloir