ACTE DEUXIEME
BONNIÈRES
Joli danseur, séduisant, causeur, aimable... Oui, on recherche assez ma société : les femmes surtout.
VALMONT
Vous savez leur parler?
BONNIÈRES
Je les connais si bien!
VALMOM"
Vous avez de la chance.
BONNIÈRES
L'habitude, l'expérience. En regardant une femme dans les yeux, il est bien rare que je me trompe, je sais immédiq-tement les mots qu'il faut lui dire.
VALMONT
Tiens!
BONNIÈRES
Et je ne perds pas de temps. Je rélléchis quelques secondes...
Tout de même.
BONNIÈRES
Faut bien... et je pars. Ah ! mon cher Valmont, que de secrets m'ont-elles déjà confiés, que de choses je sais sans qu'on s'en doute. Il est juste d'ajouter que je suis d'une discrétion à toute épreuve.
VALMONT
Je le crois.
BONN 1ER ES
On me couperait la tète... que y^ n<* (lir;ii'i p.is ça !
VALMONT
Alors, dites-moi, mon cher ami, vous qui ôtes au courant de tout... Madame de Jussy...?
BONNIÈRES, sans lui donner le lenips de conlinuer.
Madame de Jussy est née le 1" janvier 1882. Fille unique de Charles-Philippe-Antoine de Laroche, ancien officier de cavalerie et chevalier de la Légion d'honneur. Se maria en 189!) avec Maurice de Jussy et divorça exactement en mars 1904. Eut comme premier amant le vicomte André de rHormite avec qui elle resta six mois sans que personne ne le sût et six autres mois au su et vu de tout le monde. Séparation en février 1906.