ACTE DEUXIEME
MADAME BRIEY
Mais oui, c'est un guignol ! Il y a des coulisses ! une petite rampe électrique, des loges, un foyer! c'est un vrai théâtre.
BONMÈRES
Quelle drôle d'idée ! Pourquoi ne pas avoir fait jouer cette saynète par des arlisles en chair et en os ?
MZEROLLES
Premièrement, parce qu'ils coûtent des prix fous; deuxièmement, parce qu'ils sont assommants,' toujours en relard et jamais contents. Il y a un mois, avant de donner cette soirée, j'ai convoqué des artistes, je n'ai jamais pu m'enlendre avec eux. Ainsi, de Langly, de la Comédie- Française, savez-vous ce qu'il m'a demandé ? Cent louis et le rôle de l'amant; Duver, du Vaudeville, cinquante louis et le rôle de l'amant; Bourdier, de rOdéon, quarante louis et le rôle de l'amant. Si je les avais écoutés, mon héroïne aurait eu trois amants au lieu d'un ! Or, ce qui est possible à la villcj est impossible à la scène ! Alors, j'ai acheté un guignol, des poupées, et tout a marché comme sur des roulettes.
BONMÈRES
Et quel rôle jouez-vous ?
T«JIZEROLLES
Le rôle de Tamant.
BONNIÈRES
Naturellement !
NIZEROLLES
Langeac, le vieil ami, Trévoux, le rôle du chose... enfin, le rôle du mari...
BONNIÈRES
Ça ne le changera pas.
NIZEHOLLES
Et sa femme... le seul rôle de femme. Voilà. ! El, maintenant, allons-y. Vous venez, chère amie?
MADAME DRIEY
Je vous suis. |
NIZEROLLES, à Valmont et à Bonniêres.
Ne manquez pas le commencement.
Soyez tranquille.