ACTE DEUXIEME
VALMONT, se retournant vivement.
Comme c'est malin !
MADAME DE LANCEY
Tenez, voulez-vous que je vous dise? Vous l'adorez, votre femme.
VALMONT
Mais, je ne m'en cache pas ! C'est une nature exquise! Et si fine! Si personnelle! Elle a mille qualités que personne ne soupçonne. C'est une amoureuse dans toute l'acception du mot.
MADAME DE LANCEY, pincée.
Ail!
VALMONT
Oui.
MADAME DE LANCEY
Alors, pourquoi la Iromperiez-vous?
VALMONT
Mais, je n'en ai nulle envie.
MADAME DE I-ANCEY
C'est vrai, ce que vous dites là?
VALMONT
Ma parole!
MADAME DE LANCEV, vexée.
Et VOUS me faites la cour depuis un mois ! Ali ça! quel jeu jouez-vous, mon cher Valmont?
VALMONT
Aucun. Je vous fais la cour parce que vous êles charmante, séduinante, et pleine d'esprit. Je vous fais la cour parce que je sais qu'avec vous cela ne tire pas à consf'^quence.
MADAME DE LANCEY, pinctr.
Tiens!
N'ni-je pas raison?
MADAME DE LANCEY, de même.
Mille fois raison!
VALMONT
Vous ne m'en voulez pas?
MADAME DE LANCEY
Du tout. (In temps.) Et dire que j'allais pcutôtre vous aimer!