LE FRÈRE, LA SCEUR
Règle générale : — Le frère est l’ange gardien de sa sœur; la sœur, la providence de son frère.
' Le frère se bat pour donner à sa sœur l'occasion de rejeter entre les combattants. La sœur a un amoureux
m LES MARIONNETTES DE PARIS
à seule fin de fournir à son frère un prétexte de se battre pour elle.
De plus, en comédie, le frère et la sœur se facilitent mutuellement leurs petites fredaines. Quand le'frère a perdu au jeu, la sœur lui donne sa tirelire. Quand la sœur est coquette, le frère lui achète une crinoline sur ses économies.
L’amoureux de la sœur est un ami de collège du frère. L’amoureu-e du frère a été élevée au couvent avec la sœur.
Exceptions : — Quand la sœur est un deuxième frère, l'affection fait pî»< c à la jalousie. Idem quand le Dère est une deuxième rœur.
l’oncle et le neveu
Jusqu’à ce jour on a cru que l’Amérique avait été dé* couverte par Christophe Colomb. C’est une erreur. L’Amérique a été découverte par un oncle.
L’oncle est vieux, porte un chapeau à larges bords, des besicles en or, une perruque en chiendent et des breloques qui pendent jusqu’à sa jarretière qu’il met au-dessous du genou.
' L’oncle est un scélérat en retraite. Il aime le boi; vin,
a courtisé les dames et sait par cœur le chevalier de
Parny.
L’oncle est riche, richissime.
Le neveu de l’oncle (car l’oncle n’a ordinairement qu’un neveu), le neveu de l’oncle met des pantalons à
carreaux grands comme des fenêtres, des gilets cramoisis et des habits à boutons de métal.
Il porte les cheveux à la Titus et sa montre au Montde-Piété.
Quant au moral, le neveu est le présent du passé de son oncle.
Il fait des dettes que celui-ci paie.
L'oncle est une caisse dont le neveu est le caissier avec effractions...
Finalément, l’oncle se laisse trépasser à la première sommation du dévouement. Requiescat inpace!