LES PREMIÈRES REPRÉSENTATIONS DE LA VIE
gémissements; car ce prologue est en vérité une pileuse chose.
La scène pourtant, en se lamentant d’un côté, sourit de l’autre. Un rayon de joie fait briller un arc-en-ciel à l’horizon. Déjà le père, à travers son orgueil, déjà la mère, à travers ses douleurs, entrevoient l’avenir.
Admirez 1 que de rêves I que de châteaux de cartes î que de miroitements! Il aura le talent, elle aura la beauté; il deviendra célèbre, riche, puissant. Mais, encore une fois, admirez-le donc t C’est le phénix, c’est l'Antinoüs, c’est...
C’est votre enfant, brave père, bonne mère ; dites ce mot seul, il résume tout, et ne compromet rien. Qui peut en effet percer le voile de l’avenir ? Qu’en fera la vie ? génie ou richesse ? bonheur ou misère ? Lamartine ou M. Prudhomme? Nul n’a le droit de le pronostiquer; vous seuls, dignes parents, pouvez sans ridicule vous exalter dans votre ivresse : c’est votre enfant !
Et, aussitôt les exclamations de plaisir, les interjections de mécontentement de recommencer avec enthousiasmes.
Reprise de l’ensemble. Fin du prologue.