‹ Les maris a systeme comedie en trois actesChapitre 11 sur 80 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

MÉQUILLET, PAULINE, LAMBERT.

MÉQUILLET, se frottant les mains *.

Et de sept!.,. Ce n’est pas plus difficile que cela! (il regarde

Lambert.)

LAMBERT, descendant.

Inutile, mon cher, inutile. Je vous préviens que je ne m’en vais pas.

MÉQUILLET.

Et vous avez bien raison, puisqu’on vous retient, puisqu’on vous garde, (a part.) Allons... allons... décidément elle l’aime.

LAMBERT

Ah çà! vous vous moquez de moi, comme de tout le monde, comme de ces pauvres maris ; vous leur en voulez donc bien ? Vous venez encore d’en mettre trois en fuite... Pourquoi cet acharnement ?

MÉQUILLET.

Que voulez-vous, mon cher ! je trompe ma faim.

Vous trompez votre faim?

MÉQUILLET.

Sans doute, quoi! vous ne comprenez pas que bossu, comme je le suis, il m’est impossible de prétendre jamais à mo marier.

*Méquillet, debout à droite, au premier plan; Pauline, assise h la table du milieu; Lambert, près d’elle. .

LAMBERT

Bah! il y a toujours des femmes!

MÉQÜILLE T.

Des femmes laides... Bien obligé !... Du reste, une femme laide n’est pas une femme.

LAMBERT

Comment ?

MÉQUILLET.

Elle fait partie du troisième sexe.

Il y a trois sexes ?

MÉQUILLET.

Certainement : l’homnrte, la femme et la femme laide.

LAMBERT

Ah! ah vraiment!... Eh bien, mon cher, si vous ne voulez pas vous marier... restez garçon.

MÉQUILLET.

C’est ce que je fais, morbleu !... Mais j’enrage. Aussi, pour me venger et me consoler en même temps, je recherche avec soin toutes les infortunes, toutes les misères de la vie conjugale ; je suis à la piste tous les maris que je rencontre; je- les traque comme des bêtes fauves, et, quand je suis arrivé à mettre à nu leurs plaies, je me frotte les mains et je me dis : «Si tu n’étais pas bossu... tu ressemblerais à tous ces gens-là; donc, tu es bien heureux d’être bossu. »

LAMBERT

Et garçon comme moi.

MÉQÜILLE T.

Comme lui,!... il est charmant... Je ne demanderais pas mieux d’être garçon... comme vous, si j’avais, pour m’aider à passer le temps, de jolies femmes comme mesdames Carcillier et de Fauvigny.

Page 1