‹ Les maris a systeme comedie en trois actesChapitre 36 sur 80 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

LAMBERT

Certainement... parlez! parlez!

MADAME CARCILLIER.

Je devrais être habituée à la vie que je mène, et cependant c’est plus fort que moi, je ne puis me faire aux façons de M. Carcillier. Pas un moment de repos, de solitude, de rêverie.

LAMBERT

C’est affreux !

MADAME CA RCILLIER.

Si je sors, il sort. Si je veux rentrer, il rentre avec moi. Si je prends un bain, il nage à mes côtés, si bien que la mer n’est plus assez grande pour nous deux.

LAMBERT

Il devrait au moins la faire agrandir.

MADAME CARCILLIER.

Il est incroyable que certains hommes ne comprennent pas mieux leurs devoirs : un mari, si je ne me trompe, est un ami et 'non pas un amoureux.

LAMBERT

Certainement, ils n’ont pas le droit de marcher sur nos brisées-

MADAME CARCILLIER.

Être condamnée à écouter à perpétuité les mêmes compliments et les mêmes fadaises : « Ta main est adorable... Cette robe de, bal te va à ravir... Que d’esprit, ô mon Dieu ! que d’esprit! » (Elle se lève et passe au milieu.) Tout cela est accompagné de tabourets sous les pieds, de coussins derrière la tête, de châles sur le dos avec des petites phrases dans le genre de celles-ci : « Prends garde de t’enrhumer, ma chérie; évite les courants d’air, mon adorée; soigne la chère santé, mon ange! »

LAMBERT

Pauv re femme, comme je vous plains ! (Il porte la main de madame Carcillier à ses lèvres.)

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