‹ Les maris a systeme comedie en trois actesChapitre 38 sur 80 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

MADAME CAnciE LIER.

Quelles choses enfin?

CARCILLIER.

Ce Lambert! qui l’aurait cru!... je lui serrais la main, je l’ai introduit dans notre intimité, et il me fait jouer un rôle ridicule.

MADAME CARCILLIER.

Enfin, monsieur, qu’avez-vous donc à reprocher à M. Lambert ? qu’avez-vous à me reprocher ?

CARCILLIER, changeant do Ion.

A toi, ma bonne amie? Mais rien...

MADAME CARCILLIER, h part.

Je respire! {Haut.) Que dites-vous alors depuis un quart d’heure ?

CARCILLIER.

Quoi! tu as pu penser que c’était toi que j’accusais... toi que j’estime si fort?... Ah ! ma chère, la vertu te protège contre tous. (a part.) Et mon système aussi.

MADAME CARCILLIER.

Alors, je ne comprends rien à...

CARCILLIER.

Apprends, chère belle, que notre ami, notre cousin deFauvignv est menacé de la façon la plus claire dans son honneur conjugal.

MADAME CARCILLIER.

Que dites-vous?

CARCILLIER.

C’est sa faute, je le sais bien. Il n’est pas possible d’avoir sur le mariage des théories plus insensées! aussi est-il perdu, le pau-^ vre cher homme!...

MADAME CARCILLIER.

Vous croyez?

CARCILLIER.

J’en suis sùr, et tu avoueras que c’est peu agréable pour nous qui

lui sommes si proches ; c’est là ce qui me touche ; nous avons l’air d’avoir prêté les mains à cette intrigue.

MADAME CARCILLIER.

Comment?

En présentant Lambert à sa femme.

MADAME CARCILLIER.

Que dites-vous 1 c’est M. Lambert qui...?

CARCILLIER.

' C’est lui qu’elle aime, oui, ma bonne.

MADAME CARCILLIER.

Mais M. Lambert n’aime pas madame de Fauvigny.

CARCILLIER.

Eh! chère adorée, Lambert est homme et notre cousine est jolie femme; de plus, fort coquette avec lui.

MADAME CARCILLIER.

Ah! vous croyez?

CARCILLIER.

Si je crois ! observe et tu seras édifiée. Mon Dieu ! si Lambert avait une autre passion, je ne dis pas! une liaison sérieuse... avec une autre femme... madame de Fauvigny peut-être en serait pour ses coquetteries... mais...

MADAME CARCILLIER.

Vous êtes d’avis alors qu’il faudrait le distraire?

CARCILLIER.

Oui; mais nous n’y pouvons rien : il n’y a qu’une chose à faire, elle dépend de toi : c’est de voir au plus vite ta cousine et de lui conseiller habilement d'être plus réservée dans sa conduite. La voici! (il lui embrasse la main.) Comme ta main est froide! tu es toute tremblante de la confession que je t’ai faite... pauvre chérie! je savais bien que tu aimais la cousine... Allons! du courage! (il s'esquive par la droite, tandis que madame de Fauvigny entre par le fond et qne madame Carcillier s'assied à la table du milieu.)

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