QUI ME REPREND
pourrais parler deux heures de suite. Eh bien, dès que je suis en présence d'une femme qui me plaît, je balbutie, je ne trouve plus mes mots, je me sens redevenir un petit garçon timide. C'est tout ce qui me reste de mon éducation première.
anatole. — Je vous ai pourtant vu deux ou trois fois très brillant, très entreprenant.
i.e «mon. — Oh! avec les femmes qui ne me plaisent pas. ça va tout seul.
ANATOLE. — Et celle-ci vous plaît?
W. — Follement. Depuis cette
soirée de l'hiver dernier, chez Juliette Primeur, je ne me suis pas réveillé an seul jour
sans penser à elle. El je ne \ais pas savoir quoi lui dire dans un instant!...
ANATOLE. — Dites-lui ça.
!.K-«anoN. — Non. pas aujourd'hui, c'est trop tôt. aujourd'hui, je me contenterai de l'inviter à dîner. Pensez-vous qu'elle acceptera ?
avatole. — Mais oui. Rappelez-vous ce que vous ont dit ces demoiselles et soyez vibrant.
L&riMAON. — Je tâcherai. Si je dis des bêtises, vous viendrez à mon secours... Vous êtes un professeur, vous, un homme d'études! Le sang-froid ne vous abandonne jamais.
anatole. — Rarement.
ufria«w>N, lui serrant la main. — Vous savez, vous vous conduisez comme un véritable ami, en m'aeeompagnant dans cette circonstance délicate. Tout seul, je n'aurais jamais osé. (Entre Léontine.) Ah! c'est elle!