SCÈNE XII
\N i.VÏ'OLK seul, puis LEONTINE
anatole, seul. Non, je ne l'ouvrirai pas, la fenêtre I (Apercevant la [autre ouverte.) Oh I elle est ouverte!... Qui a pu?... i// court à la fenêtre et la feme vinement.) Pourvu qu'elle n'ait pas remarqué! Je pais travailler, maintenant... Ah! je n'ai guère l'esprit au travail depuis quelques mois, (.i
IÊONTiivfi — TtJ AIMES MIEUX QUE JE RESTE ?
.son bureau, remuant des papiers.) Satanée petite femme! Elle peut se vanter, celle-là, d'avoir mis mon existence sens dessus desi j tant une feuille d \ papii r.) 11
est vrai que je vais être décoré «In Mérite le... Mais le Mérite agricole est-il une compensation suffisante r... Travaillons!...
Travaillons ! Si r'e-t possible. (La porte de (Imite s'ouvre. Entre Lcontine avec précaution, I itatolr se retourne.) \ ■
léontine. J'ai vu le signal. J'ai attendu un instant par prudence !
anuoi.i;. — Mais, c'est de la folie, an contraire, ce que vous laites là'... Votre mari était ici, il y a un quart d'heure!
lkontive. — J'ai pense, puisque tu ouvrais... la fenêtre...
anatole. — Mais ce n'est pas moi qui l'ai ouverte, la fenêtre!...
léontine. — Qui est-ce?
ANATOLE. — C'est le hasard.
léontine. — Ça prouve que le hasard veut quo je passe l'après-midi avec toi.
anatole. — Fermiiib les portes, au moins!
Il va à droite et à gauche et ferme soigneusement les deux portes.
léontine, lui prenant la figure entre ses deux mains. — Il n'est pas content, ce petit ohéri ?
anatole — Evidemment, je suis content... Je suis très content... Mais j'ai peur pour vous... pour nous.
léontine. — Pour toi, enfin... Veux-tu que je m'en aille?
ANATOLE. • — Oh!
LÉoNTrNE, .^approchant d'une voix très câline. — Tu ne veux pas que je m'en aille, dis ?
anatole. — Non... Non...
léontine, s'asseyait sur ses genoux. — Tu aimes mieux que je reste?
anatole. — Oui... Toutes réflexions faites, j'aime beaucoup mieux.
LÉONTINE, toujours sur ses genoux. — Tu viens dîner à la maison, demain -
axatoi.e. — C'est convenu, il me semble.
LÉONTINE. — Qu'est-ce que tu veux pour ton dîner ?
ANATOLE. — Ça n'a pas d'importance.
LÉONTINE. — Si... si..- tu es très gourmand. Veux-tu du gibier?
ANATOLE. — Quel gibier?
léontine. — Edouard a tué hier un canard sauvage et deux perdreaux. Ça te va?
ANATOLE. Je Crois bien.
léontine. — Il est très adroit, Edouard?
anatoi.e. — Très adroit. Très bon chasseur.
léontine. - — Tu ne chasses jamais, toi ?
anatole. — Je n'ai pas le temps, et puis, je suis myope!
léontine, riant. — Tu préfères manger le gibier ?
\n \ roi.E. — Oui.
léontine. — Tu as raison... {Regardant
la table.) Tu travaillais, quand je suis entrée ?
Anatole. — J'écrivais les dernière: lignes d'un, rapport que j'ai coanmencé depuis plusieurs jours.
léontine, se levant de ses genoux. — Eh bien, eontinue-le, ton rapport, pendant que...
Elle rit.
anatole. — Pendant que?...
léontine, allant à la porte à gauche, pre-
VOIX DE LÉONTINE. — Tu serais bien gentil