ACTE DEUXIÈME
AUGUSTINE entre en scène, porte de droite, et la referme derrière elle.
Oui... tout à Mt, elle le va à ravir !
SUZANNE
Comme un gant, n'est-ce pas ?
AUGUSTINE
Comme un gant qui va bien alors?... l'egarde les miens, ils m'étranglent les mains et, par-dessus le marché, ils sont dégoûtants !... il faut absolument que je m'en achète d'autres !... bah ! pour ce soir, ça marchera encore.
SUZANNE
Quel beaux fruits tout de même ! c'est Henri qui sera content !... illes adore !
AUGUSTINE
Allons, tant mieux, tant mieux.
SUZANNE
Mais qu'est-ce que tu as donc pour être ainsi agitée?
AUGUSTINE
J'ai... qu'il faut que je me sauve.
SUZANNE
Déjà!
♦AUGUSTINE
' Comment déjà? Voilà près d'une heure que je suis ici !
Eh bien I si tu étais bien gentille, mais là... bien gentille... je sais bien ce que tu ferais... (ElIe prend la corbeiUe de
fruits et la pose sar la table.) Là, commc ça, ça fait très bien sur la table*
ÀUGUSTINE.
Oui... oui... je te vois venir.
SUZANNE
Tu resterais dîner avec nous.
AUGUSTINE
Ah ! mais non î
SUZANNE
Oh ! pourquoi ? nous mangerions ensemble les fruits que tu viens de m'apporter.
AUGUSTINE
Ta, ta, ta... vous êtes assez grands pour les manger tout seuls... moi, je n'ai pas le temps... et puis j'ai un rendezvous à sept heures
SUZANNE
C'est drôle, on ne peut jamais t'avoir une minute I Tu es toujours en route.
AUGUSTINE
Oui, que veux-tu, c'est une maladie chez moi.
Enlève ton chapeau, dis ?
AUGUSTINE
Non, fillette, n'insiste pas; sérieusement... on m'attend... Je passe ma soirée avec Suzette Pivert...
SUZANNE
L'ancienne amie de maman ?
AUGUSTINE
Oui.