DERMONT, MATHURINE
MATHURINE
Air de la Légère.
Queu dommage ! ( bis.) Est-c' la pein' d'être en ménage?
Queu dommage D' n'oser avouer son enfant !
Je leux ai dit franch'ment:
Moi, morgue, ça m' désespère, D' voir comm' ça des père et mère Résister au cri du sang ; Quand tant d'à ut', sans médisance , Donnent leur nom hardiment
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A d's enfants dont la naissance BT l'exig' pas absolument.
Queu dommage, etc.
DERMONT, à part.
Un enfant qu'on n'ose pas avouer! mon drôle m'aursit-il dit vrai?
MATHURINE
Mais n'oublions pas la commission de monsieur...
DERMONT, la retenant.
Un mot, ma bonne femme... à qui appartient l'enfant dont vous parliez tout-à-1'heure ?
MATHURINE
Mais dame!... à ses père et mère apparemment.
DERMONT
J'entends bien; mais son père et sa mère, qui sont-ils?
MATHURINE
Ah! v'ià c' que je n' pouvons pas vous dire.
DEBMONT.
Pourquoi?
Parceque ça m'est défendu.
DERMONT
Par qui?
MATHURINE
Par les parents eux-mêmes.
DERMONT
Mais enfin...
MATHURINE
Mais enfin... mais enfin... tenez, ne m' questionnez pas davantage , parceque je n' sommes déjà que trop disposée à parler.
DERMONT
Eh bien! ma bonne, dites-moi la vérité et vous n'aurez pas à vous en repentir.
MATHURINE
Impossible, j' n'ons eu le nourrisson qu'à condition qu' je m' tairais.
DERMONT
Cet enfant est donc le fruit d'un mariage secret ?
MATHURINE
Oh! tout ce qu'il y a de plus secret... ainsi... (Elle veut sortir. ) DERMONT, la retenant encore.
Cependant ses parents viennent quelquefois le voir?
Ah ! pour ça, oui... aujourd'hui, par exemple.
DERMONT
Aujourd'hui ! ils sont donc ici?
MATHURINE, se reprenant.
Non , non. (A part.) Maudite langue! (Haut.) j' dis qu'aujourd'hui ils devaient venir, c'est leur jour.
DERMONT, à part.
Elle se trouble !
MATHURINE
Allons-nous-en ben vite, car j' finirions par tout dégoiser, c'est sûr.
DERMONT
Encore un mot et je vous laisse.
MATHURINE
Madame de Saint-Yves m'attend.
DERMONT, surpris.
Que dites-vous?
MATHURINE
Je suis muette.
( Elle sort très vite.)