Op. cit., p
expressions de la notice nécrologique de Louis VII dans i'Obituaire de Notre-Dame, où il est dit que le doyen Barbedor donna trois arpents et demi « apud Savies juxta pressorium sancti Martini de Campis »', on est amené à placer le val Saint-Martin non pas au-dessous du gibet, dans le val correspondant au territoire compris actuellement entre le boulevard Richard-Lenoir et le canal Saint-Martin, d'une part, et le boulevard du Temple, la place de la République et le boulevard Magenta de l'autre, cette région portait un autre nom, la Courtille, comme on le verra plus loin, mais bien plutôt sensiblement plus haut, entre le gibet et Savies. Savies désigne les hauteurs de Belleville, Saint-Martin y avait une ferme célèbre située à peu près à l'emplacement de l'église actuelle de Belleville; or, il existe entre Savies et Chaumont une dépression de terrain, un vaP, jadis sans doute couvert de vignes et où s'élevait vraisemblablement le pressoir, non loin du gibet. C'est là que nous croyons, jusqu'à plus ample informé, pouvoir placer le val Saint-Martin qui devait, si nous ne nous abusons, être situé à peu près entre la rue Bolivar et la rue de Belleville.
3° 6 deniers de fonds de terre et la dîme sur un arpent de vigne à Beauchamp, tenu par les frères du Temple.
Le lieu-dit Beauchamp est mentionné dans plusieurs documents du xine siècle. Là se trouvait un pressoir appartenant à Saint-Lazare. Au censier de Saint-Merry figurent deux arpents de terre tenant au chemin qui vient du pressoir Saint- Ladre de « Biauchamp » et va à Saint-Laurent^. Par un acte de janvier i258 (n. st.), Thibaud, sergent d'armes du roi, et sa femme Perrenelle vendent à Mile de Corbeil et Guimond de Chartres, chanoines de Notre-Dame, six arpents et demi de vigne au terroir « de Bello Campo » , au lieu dit clos de feu Agnès la Cortaise, près du pressoir de Beauchamp, en la censive du Chapitre de Notre-Dame''. Ces six arpents furent donnés dans la suite à Notre-Dame, savoir par Mile de Corbeil en 1271, trois arpents et un quartier « in Bello Campo, in clauso
1. 20 septembre. Guérard, t. IV, p. i53; A. Molinier, t. I, p. 178.
2. Le fait que le val où était le pressoir était plutôt un flanc de coteau qu'une plaine proprement dite est confirmé par une charte de 1228 qui place près du pressoir une vieille plâtrière (Guérard, t. I, p. 428).