Ulmage Saint-Thomas; les Pucelles; les Trois Pucelles de
bonne foi. — Nous avons exposé plus haut (p. 3o2) comment une pièce de terre appartenant à Henry Herbourg, orfèvre, et louée par lui à Pierre Mareuse en 1466, se trouva grevée en 1469 d'une rente au profit de l'avocat au Châtelet Jean Du Moustier. Grâce à cette rente, les Du Moustier sont devenus propriétaires de la pièce où une maison avait été édifiée. Le 29 décembre 1492, Pierre Le Pelletier, dit Millet, vend cette maison à Richard Du Moustier, bonnetier. Le 16 septembre 1493, Richard Du Moustier constitue une rente de 32 s. sur ladite maison. Un acte d'avril i5oo, concernant la maison voisine de Vlmage Saint-Nicolas, indique comme mitoyen Richard Du Moustier, et un acte de février i52i, concernant la même maison, les hoirs de Richard Du Moustier. Ceux-ci sont encore nommés dans l'État de cens de i53o-i533; ils sont chargés de 5 s. 3 d. de cens.
Jean Du Bois, chantre à la chapelle du roi et étudiant au collège de Navarre, qui succède aux Du Moustier, passe déclaration le 4 janvier iSyi pour 5 s. de cens, chiffre désormais immuable; l'enseigne de l'immeuble est alors Vlmage Saint-Thomas, mais, par la suite, un locataire, Jean Bertrand, hôtelier, y joint l'enseigne des Pucelles, puis se rend acquéreur de la maison le 3o mars iSyy. Il en passe déclaration le 8 octobre i586,
La fille de Jean Bertrand, épouse de Jean Leroy, vend en 1614 à Laurent Berthaut, qui cède à son tour le 27 mars 1637 à Jean Baudin et Madeleine Dionis, sa femme, propriétaires de la maison de la Croix blanche et de celle du Chaudron, de l'autre côté du faubourg. Leur fille Anne, épouse de Pierre Dionis, menuisier ordinaire du roi, passe déclaration le 6 octobre 1690 et transmet en 1695 à son fils, autre Pierre Dionis, premier chirurgien de la duchesse de Bourgogne, qui renouvelle titre le 19 août 1707.
La succession de François Dionis, chirurgien ordinaire de la Dauphine, vend en 1733 à David Fouet, marchand de vins, et Marie Roger, sa femme, pour 4,3oo 1.; la fille de ces derniers, Marguerite, femme de Michel Roger, marchand commissionnaire, cède en 1752 à Jean-François Foubert, marchand de vins, pour 6,000 1. Dans une déclaration passée par ce dernier en 1760, ainsi que dans l'aveu des marguilliers de 1777, la maison est encore désignée par une
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enseigne, les Trois Pucelles de bonne foi, qui rappelle celle de l'hôtellerie du xvie siècle. La vente consentie le 3i décembre 1790 à Louis Silvy fut l'occasion d'un rachat de lods et ventes que nous avons déjà signalé (p. 3io).
25. L'Image Saint-Nicolas. — Cette maison appartient, à la fin du xve siècle, à Denis Jouan, le boucher de la maison du Cigne, près la porte Saint-Jacques; il est en effet indiqué comme propriétaire mitoyen de Du Moustier dans un acte du 16 septembre 1498 passé par celui-ci pour la maison précédente.
Denis Jouan vend Vlmage Saint-Nicolas, chargée de 6 s. de cens, le 29 avril i5oo, à Jean Lambert, bonnetier, et le nom de ce personnage est mentionné rétrospectivement dans l'État de cens de i53oi533. La succession de Jean Lambert demeure dans l'indivis entre ses héritiers, car le 6 février i52i (n. st.) Marion Lambert, épouse de François Bernard, vend à Martin Lambert un tiers en la moitié par indivis de la maison à l'enseigne Saint-Nicolas. En i53o-i533, le propriétaire est Alexis Desmares, à qui succède Jean Desmares, à charge d'un cens de 6 s., auquel on ajouta une obole pour le jardin derrière pris sur le clos l'Évêque au milieu du xvie siècle; au cours du xviie siècle, les documents indiquent une redevance légèrement plus élevée, 6 s. i d.
VJ Image Saint-Nicolas est acquise en i566 au Ghâtelet, par Jean Olivier, marchand, demeurant à la Madeleine, rue Saint-Jacques, près les Jacobins. Celui-ci, après avoir édifié un corps de bâtiment sur le jardin, cède au sr Gourdin, barbier-chirurgien, qui passe déclaration le 9 octobre i586 et le 6 novembre i6i3. Marguerite Gourdin, épouse de Jacques Taiget, également chirurgien-barbier, succède à son père et transmet par héritage à Nicolas Moreau, procureur au Ghâtelet. U Image Saint-Nicolas est adjugée aux Requêtes du Palais, sur ce dernier le 16 août 1680, à François Gommeau, avocat au Parlement.
La sœur et la fille de François Gommeau, Françoise Foulé, marquise de Primevaux, et Marie-Anne de Bailleul, marquise de Macloud, trouvèrent dans la succession de celui-ci l'immeuble reconstruit à neuf, mais grevé d'un usufruit constitué en i683 au profit d'une dame Ghicoineau, née Geneviève Plat. C'est avec cette charge que la maison est cédée, le 10 juillet 1719, à Nicolas Rattier, avocat au Parlement, pour 6,5oo 1. Cet acquéreur semble n'avoir agi que comme procureur d'André Le Guillant Fortin, contrôleur des hôpitaux à Metz. Celui-ci, de concert avec son fils Victor, contrôleur des hôpitaux de l'armée de la Meuse, vend, en 1742, pour 12,100 1. à Jean Lenormand, rôtisseur, et à Marie-Louise Pinard, son épouse. Leur fille, Marie-Geneviève, épouse de Julien Girard, bourgeois de Paris,
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puis de Pierre-Jean d'Espagne, procureur au siège présidial de Tours, transmet à sa fille Marie-Catherine Girard, dont le mari, Jean-Timothée de La Ghambaudière, avocat au Parlement, receveur des impositions royales à Saint-Germain-en-Laye, passe déclaration, le i5 septembre 1780, pour 6 s. I d. p. de cens.
26. L'Image Sainte-Barbe, la Couronne et VAgnus Dei. — La consistance de la censive où s'élevait la maison qui porta ces trois enseignes est assez malaisée à définir pour le xvi^ siècle. Les actes de i5oo et i52i concernant la maison à l'enseigne Saint-Nicolas indiquent comme propriétaire mitoyen, le premier, Jean Pot, et le second, Ghrestien de Boiceaux. L'état des cens de i53o-i533 mentionne deux maisons appartenant à Baude Desprez, faiseur de « taillans blancs », l'une la Couronne, chargée de 4 s. de cens, la seconde Vlmage Sainte-Barbe, puis la Couronne, chargée de 3 sous.
Nicolas des Advenelles qui avait succédé à Baude Desprez cède lui-même la Couronne, le 27 janvier i55y, à Jean Lefèvre, taillandier en œuvre blanche.
Quant à Vlmage Sainte-Barbe, elle procède du lot du Clos-l'Evêque acquis par Henri Barbât et cédé par son héritier Antoine Barbât, moitié à Jean Querrois et moitié à Jean Lefèvre (cf. ci-dessus art. du Temple de Jérusalem). Lefèvre fait déclaration, le 8 octobre iSSg, pour VAgnus Dei, précédemment la Couronne et moitié de Vlmage Sainte-Barbe, à 3 sous de cens pour la première et 2 s. pour la moitié de la seconde. Cette déclaration renouvelée en 1570 ne vise plus que VAgnus Dei avec toujours 3 sous de cens; les tenants et aboutissants ne laissent pas place pour Vlmage Sainte-Barbe, qui n'est pas mentionnée dans l'aveu de 1573.
UAgnus Dei passe ensuite à la femme de Jean Lefèvre, Barbe Gilbin, et à sa fille Antoinette, épouse de Jacques Dantan, taillandier, qui la possède en i585, ainsi que la maison d'en face à l'enseigne du Mouton ; ceux-ci transmettent à leur fils Louis, et, par mariage, la maison est en i6i3 entre les mains de Nicolas Mesières, également taillandier, sur qui elle est adjugée en 161 5 par sentence du bailliage du Palais à Simon Maurice. A celui-ci succède Jean Defresne et Madeleine et Michelle Hiarly, femmes de J.-B. Fournier et d'Abel Thiraudon.
Le 24 septembre 1693, une dame Elisabeth Baudin, veuve de Jean Malescot, cède aux religieuses de la Visitation partie de V Agneau Pascal, aujourd'hui les Trois Maillets, appellation temporaire ou erronée qui a fait confondre cette maison avec celle à la même enseigne appartenant également aux héritiers Defresne ; la maison vendue en partie par Elisabeth Baudin tenait à la Perle et à la Couronne, il n'est donc pas douteux que c'est VAgnus Dei. Le restant de cette maison est cédé pour 2,000 1., le 16 avril 1695, par les héri-
tiers Defresne aux religieuses de la Visitation, qui la gardent jusqu'à la Révolution, de même que les maisons voisines.
27. L'Image Sainte-Avqye, la Cour Sainte- Avoye, la Perle. — La maison qui porte au xvi^ siècle l'enseigne de Vlmage Sainte-Avoye paraît correspondre, dans une certaine mesure, à celle dont, le 9 mai 1487, Henry Herbourg, orfèvre, vend un tiers à Robin du Val et à Thomasse, sa femme, à charge de 3 s. de cens, et 20 s. de rente envers la chapelle Saint-Pierre et Saint-Paul, fondée en l'église Saint-Germain-l'Auxerrois, pour le prix de 22 1. t., plus une rente de 4 1. p., rente que le vendeur transporte aussitôt à Louis Furet, chanoine de Saint-Marceau et procureur au Parlement, pour 60 1. t. (voyez supra, p. 3o3).
L'état des cens vers i53o-i533 enregistre 3o s. de cens dus par le successeur de Robin du Val, ce chiffre de 3o s. doit évidemment être rectifié 3 sous. Il semble en outre qu'après Robin du Val il se produit des morcellements assez complexes, réunion de parcelles à la fois à la maison voisine de Sainte-Barbe et à la maison de la rue des Postes au Temple de Jérusalem, contiguë par derrière, l'une et l'autre appartenant à Jean Querrois, puis, par remariage, à Jean Anquetin, qui passe déclaration en i56o pour i d., partage aussi en trois lots des édifices en bordure du faubourg, lots que dans le dernier quart du xvie siècle se transmettent des propriétaires assez nombreux : vente par Guillaume Bagniot à Etienne Fourbet, le 24 janvier i568, de la maison Sainte-Avoye ; déclaration, le 3o décembre 1570, pour I ob. de cens, par André Gaillier, capitaine du charroi du duc d'Alençon, propriétaire par suite de l'acquisition réalisée par un premier mari de sa femme, peut-être Etienne Fourbet; déclaration, le 12 décembre 1 588, par Paule Hotman, veuve de Nicolas Le Juge, pour deux tiers, l'autre tiers appartenant à Jean Maurice, condamné à payer les lods et ventes, le 26 avril iSgo; déclaration, le i3 octobre 1614, par Barthélémy Garteret; acquisition par Jean Greffier d'un tiers, probablement celui de Jean Maurice, par décret du 17 mai 1618, et de deux tiers, ceux de Garteret, le i5 mai 1619.
Les actes de vente et les déclarations font ensuite apparaître Marie Greffier, femme de Louis Bourdin, avocat au Parlement, Jeanne Bourdin, qui passe déclaration de cens le 19 juillet i658 pour ses petits-enfants orphelins, Glaude Greffier, conseiller du roi, lieutenant général des eaux et forêts. Les créanciers de ce dernier vendirent la maison jadis à l'enseigne Sainte-Avoye, présentement à l'enseigne de la Perle, formant trois corps de logis, le 25 août 1674, à Ismael Boulliau, prêtre, prieur de Magny, pour 7,o5o livres.
C'est d'Ismael Boulliau que les religieuses de la Visitation achètent la maison dite maintenant la Cour Sainte-Avoye, le 4 mai 1689;
une partie de l'immeuble qui avait conservé l'enseigne de la Perle et dont était propriétaire Philippe de Lestre est achetée par les mêmes religieuses, le 17 avril lôgS, le cens était de i obole, somme déjà inscrite dans la déclaration de iSyS (voyez supra, p. 307).
28. La Galère. — Nous avons exposé plus haut (p. 3i4 et suiv.) l'historique des confins du fief des Tombes et notamment du lieu où s'élevait, au xvf siècle, la maison à l'enseigne de la Galère, chargée de 21 s., puis de 5 s. seulement de cens; nous rappellerons donc seulement ici les noms des propriétaires successifs : Robert d'Ablèges (i3ii-i3i6), Jean Berthe, d'Issy, Jean Corneille (1378), Jean Lhuillier (1466), Gilles Lhuillier (1477), François de Saint-André (xvi^ siècle), Nicolas Le Clerc père et fils, Religieuses de la Visitation (1629). En fait, depuis au moins le milieu du xve siècle jusqu'en 1790, la maison de la Galère fut, sauf pendant trois ans, de 1626 à 1629, adjointe au fief voisin des Tombes et Poteries, appartenant à Lhuillier, aux Saint-André et enfin aux Dames de la Visitation Sainte-Marie.
*29-35. Les fonds de terre compris sous ces numéros formaient la partie du fief des Tombes sise en bordure du grand chemin de Notre- Dame-des-Champs, autrement dit le faubourg Saint-Jacques du côté droit en sortant de Paris ; ils étaient mitoyens par derrière au clos des Jacobins. Là s'élevaient, au début du xive siècle, quatre maisons chargées de cens envers les marguilliers ; elles appartenaient, en suivant l'ordre inverse de celui suivi par le censier de i3ii-i3i6, pour adopter celui suivi par les textes postérieurs, c'est-à-dire en remontant vers la porte, à Guillaume le Galois, i d. de cens ; à Pierre l'Encloîtré, 5 s. de cens; aux moines de Fromont, 12 s. de cens et à Constance de Porte-Neuve, 9 s. de cens.
Une sentence du prévôt de Paris, du 11 juillet 1403, concerne deux maisons joignantes chargées l'une de i3 s., l'autre de 9 s. de cens; le propriétaire, Henri Brisset, est condamné à payer ces redevances. Il s'agit évidemment ici de la maison des moines de Fromont et de celle de Constance de Porte-Neuve.
L'aveu de 1466 indique Gilles Anthonis pour deux maisons chargées respectivement de 6 d. et 4 s. 6 d. de cens, Etienne Honorée pour une maison, 5 s., et la Croix blanche, 9 s.
Enfin, l'état des cens de i53o-i533 énumère la maison Teste i ob., la maison Malingre, jadis Anthonis, tenant à la Croix blanche 4 s. 6 d., Gilles Anthonis, probablement la Croix blanche, 9 s., Geoffrine Anthonis, épouse Barthélémy, 4 s. 6 d.
A l'exception de la Croix blanche, ces divers lots ne sont pas parfaitement identifiables avec les maisons correspondantes qui ont existé du milieu du xvie siècle jusqu'à la fin du xviiie et même jusqu'à nos jours.
Gilles Anthonis, notaire au Parlement, était un gros propriétaire du faubourg Saint-Jacques. Nous avons vu plus haut qu'il avait des rentes sur les maisons sises à l'angle de la rue des Postes et du faubourg, il a possédé VÉcu de Milan; les comptes du domaine de la ville de 1472-1474 (Arch. nat., KK410 et 411) nous apprennent qu'il tenait à cens du prévôt des marchands et des échevins des places vides dépendant des allées du vieux mur d'enceinte. C'est à ces places vides qu'étaient contiguës les diverses maisons du fief des Tombes, qu'avait acquises ce riche bourgeois. Ce sont, en effet, les héritiers de Gilles Anthonis, Robert Anthonis, le procureur général Thibault et sa femme Françoise Anthonis, peut-être aussi l'avocat Jean Malingre, qui détiennent au xvie siècle à peu près toutes les maisons du fief des Tombes situées sur ce côté du faubourg.
29. Image Saint- François, VÉchiquier. — La maison de l'Image Saint-François, en deux corps, chargée de 6 d. de cens, appartient en i538 à Robert Anthonis, sr de Baron, qui la vend le 23 janvier de ladite année à Claude Billault, paumier; mais une sentence du Châtelet du 17 juillet i53g condamne Claude Billault à délaisser la maison par retrait lignager au procureur général Thibault, époux de Françoise Anthonis; Billault est remboursé des frais et des lods et ventes. En 1549, Françoise Anthonis, veuve du procureur général Thibault, reconnaît les 6 d. de cens. Elle a pour héritière sa fille Marie Thibault, épouse de René Du Moulinet, écuyer. Ceux-ci vendent, le i3 octobre 1576, les deux corps de bâtiment, l'un à Jean Bruyère, pâtissier, et l'autre à Gilles Grant Homme, boulanger. Cette vente donne lieu à un procès en contestation de censive intenté par le procureur du roi, procès dont nous avons exposé plus haut les circonstances (p. 323).
IJImage Saint- François est alors divisée en deux lots, l'un, sans enseigne, l'autre à l'enseigne Saint-François, chargés l'un et l'autre de 3 d. de cens.
A) La maison de Gilles Grant Homme, tenant, d'une part, à Albert Allemant, et d'autre à Jean Bruyère, et par derrière au jeu de paume du Quarré est encore entre ses mains en i585 lorsque fut rendu l'arrêt de la Chambre du Trésor; elle passe à sa mort, en i588, à Jean Doury ou Dony, second mari de sa femme Marie Foutier, dont déclaration le 20 octobre i588. Ceux-ci cèdent, le 22 janvier 1599, à Jean Hue et Jeanne Granchon, qui vendent, le 16 octobre 1609, ^ Michel Le Bas, dont déclaration de 3 d. de cens, le 7 novembre i6i3; l'immeuble porte alors l'enseigne Saint- François. Par décret rendu aux Requêtes du Palais, le 10 mai 1624, sur Michel Le Bas, l'ancienne maison Grant Homme est adjugée à Jean Courtois, pâtissier, qui la possède encore en 1654; le 27 juin de ladite
année il passe déclaration du cens. L'enseigne de VÉchiquicr remplace alors l'enseigne Saint- François, celle-ci passant à la maison voisine, jadis acquise par Jean Bruyère, et qui était jusqu'alors dépourvue d'enseigne. Après Courtois survient une mutation qui nous échappe; la déclaration faite par les marguilliers à la Chambre du Trésor, en 167 1, indique comme propriétaire de V Échiquier, à cette date, un sr Michel Marchand, baudroyeur. On retrouve la maison comprise en i6go dans un partage de succession entre Etienne le Masle et sa mère, Jeanne du Verger, veuve de Pierre le Masle. UÉchiquier étant resté à Etienne le Masle, celui-ci le vend 3,220 1., le 23 août 1692, à René-Jean Ragaru, prêtre, licencié en droit canon. Le cueilleret de 1707 note un ensaisinement du 17 juin 1693 au profit du s^' de La Grenée, dont nous n'avons pas retrouvé trace. René-Jean Ragaru étant mort, la maison revient à ses parents, Jean Ragaru, et Anne Sauvage, qui transmettent à un autre fils, Jean de Ragaru, sr des Blottières, dont déclaration de cens, le 7 février 1708. Le sr des Blottières meurt le 10 août 1714, il a pour héritière sa tante, Marie-Anne Regnault, qui passe titre du cens le 26 juin 1719. UÉchiquier offre alors i5 pieds en façade, 44 pieds en profondeur avec cour de 12 pieds sur 9. La succession de Marie-Anne Regnault est partagée, en 1722, entre ses héritiers. Louis de Barry, avocat au Parlement, reçoit les quatre cinquièmes de V Échiquier, et François de Barry, également avocat au Parlement, l'autre cinquième. Ces deux lots inégaux sont achetés des Barry, le 26 février et le 10 avril 1726, par René Loret, grènetier, pour 2,400 1. d'une part, et 2,600 1. de l'autre. René Loret s'étant rendu acquéreur, en 1731, de la maison voisine à V Image Saint-François, l'ancienne propriété de Robert Anthonis est réunie entre ses mains et celles de ses descendants. Un seul titre spécial à VÉchiquier est postérieur à 1731, indice peut-être d'un partage de succession, c'est une déclaration de cens passée par René Loret le 10 août 1788.
B) La maison vendue à Jean Bruyère par Du Moulinet tenait d'un côté à la précédente et de l'autre à la maison du Soumet vert. La succession de Jean Bruyère, ouverte avant i588, reste en indivis entre Barbe Bourdon, sa veuve, et Nicole Bruyère, leur fille, épouse de Daniel Perrier, libraire. Le détail des mutations nous échappe ensuite. S'il faut en croire les indications rétrospectives données par le censier de i632, à Nicole Bruyère, épouse, sans doute en secondes noces, de Baptiste Saulmon, aurait succédé Jean Levesque, ensaisiné le 2 mai i6o3 par les marguilliers. Quoi qu'il en soit, en 161 3, aux termes d'une déclaration de cens du 7 novembre, l'ancienne maison Bruyère, toujours sans enseigne, est à cette date la propriété indivise des héritiers de Jean Levesque, ses fils Jean et Guillaume, tous deux boulangers, et sa fille Anne, épouse de Jacques Scellier,
marchand de vins. Guillaume Levesque et Anne, sa sœur, remariée à Daniel Grapotte, cèdent leur part de la maison à Jean Gautier, marchand de vins, le 28 avril 1689, et la veuve de Jean Levesque, Catherine Vuidelaine, remariée avec Jean Gosse, barbier-chirurgien, vend au même Jean Gautier, le 20 juin suivant, la part échue à ses enfants du premier lit, Martine et Eustache Levesque, dont elle et son second époux sont tuteurs. Jean Gautier passe déclaration du cens le 4 juillet 1654; ^^ rnaison a alors relevé l'ancienne enseigne de Vhnage Saint- François, abandonnée par la maison voisine, pour celle de VÉchiquier. Le 4 juillet 1669, la veuve de Jean Gautier, Nicole Blondeau, renouvelle le titre du cens. La succession de Jean Gautier et Nicolle Blondeau passe avant 1690, aux termes d'une déclaration du 3o novembre, à leurs enfants Catherine Gautier, femme de Guillaume Langlois, chirurgien, Michelle Gautier, veuve François Gatrix, marchand de vins, Philippe Gautier et Jaquet Gautier, représenté par sa femme Jacqueline Blanchet. En l'j'io, par héritage et délaissement des cohéritiers Gautier, Barbe-Madeleine Catrix, épouse de Jean Maillet, reste seule propriétaire de la maison ; elle la transmet à son fils Philippe. Le 10 juillet lySi, Marie Cosson et Charles Voisin, horloger, rue Dauphine, agissant comme procureurs de Philippe Maillet, vendent Vlmage Saint-François à René Loret, grènetier, déjà propriétaire de VÉchiquier, et qui fait aux marguilliers déclaration particulière de VÉchiquier, le 8 avril 1734. Le 28 juillet 1761, les enfants de René Loret, Marie-Michelle Loret et René-Thomas Loret, commis aux aides à Lisieux, passent déclaration pour le cens des deux maisons.
C) Fleur de Lis, Ville de Reims, Image Sainte-Barbe. — A la fin du xviie siècle, les marguilliers agrandirent leur censive sur le côté droit du faubourg d'une maison voisine de Vlmage Saint-François. En 1657, Jean Nasse, taillandier, et Louise Bedeau, sa femme, acquièrent de Robert Daminois, propriétaire mitoyen à VEchiquier, deux vieux corps de logis, et de Michel ProfEt, écuyer, et Geneviève de Beauchamp, une pièce voisine, le tout en censive inconnue. Ils revendent, en 1674, à André Taupin, menuisier, qui agrandit son terrain en acquérant, le 17 mars 1617, de Yves Profïit, trésorier de l'église cathédrale de Saint- Brieuc, une autre parcelle des ProfRt. Le 10 octobre 1690, les marguilliers obtiennent d'André Taupin déclaration de 4 d. p. de cens pour la partie acquise de Jean Nasse. Le fils et héritier du précédent, Émery Taupin, capitaine de dragons, fit en renouvelant cette déclaration, le 10 avril 1702, des réserves sur lesquelles on se mit d'accord.
La maison anciennement à l'enseigne de la Fleur de Lis et présentement à la Ville de Reims était sise sur deux censives à la fois, la façade, large de deux toises, était jusqu'à une profondeur de huit
toises en la censive des marguilliers, à charge de 4 d. de cens envers ceux-ci, le restant était sur la censive des Chartreux et chargé de 2 s. de cens. En 1760, Marie-Madeleine Taupin d'Orval, fille d'Émery, renouvelle pour elle et ses frère et sœur la déclaration de cens. Cet acte rappelle une autre ancienne enseigne V Image Sainte-Barbe ; la maison est alors un immeuble de six étages avec deux boutiques. En 1776, la maison encore désignée par l'enseigne disparue de Sainte-Barbe appartenait, aux termes d'une déclaration du 20 août, aux héritiers de Émery Taupin d'Orval, dont Antoine Aufîray, ancien marchand tanneur, à cause de Marie-Josèphe Taupin d'Orval, sa femme, Marie-Jeanne Taupin d'Orval, veuve Nicolas- Armand Ghevreul, Philiberte Marchand, veuve de Jean-Louis-Glaude Taupin d'Orval et Louise-Madeleine Taupin d'Orval.
3o. Le Soufflet vert. — La maison du Soufflet appartient au xvie siècle à Jean Malingre, avocat au Parlement. Sa veuve, Jeanne Rabâche, déclare au terrier de 1549 pour 3 d. de cens. Leur fille, Marie, épouse de Jean de La Postoire, contrôleur ordinaire des guerres, demeurant rue Barbette, a pour héritier son fils Germain. Jean de La Postoire passe déclaration comme tuteur de son fils, le 12 octobre 1570; la consistance est : corps d'hôtel avec cour et dépendances, tenant d'une part à V Image Saint-François et de l'autre au Mouton blanCy et aboutissant par derrière au jeu de paume du Quarré dit le Bourdon. Jean de La Postoire renouvelle encore titre, le 3i décembre i585, puis son fils, Germain de La Postoire, élu de Paris, le 22 février 1614. Ge dernier laisse le Soufflet vert à Jacques Angeroust, notaire et secrétaire du roi, et à Catherine de Vimont, sa femme. Geux-ci cèdent en i632, à Jean Courtois, pâtissier, qui revend, le 6 février i652, à Julien Tollet, chirurgien, dont déclaration de cens pour lui et ses enfants mineurs, le 27 juin 1654. La succession de Julien Tollet est partagée, en 1690, entre ses trois enfants, François Tollet, chirurgien, opérateur du roi pour la pierre, chirurgien juré à Paris et de l'Hôpital et Charité des Hommes, Marguerite Tollet, épouse de Pierre Darras, marchand ferandinier, et Louise Tollet, femme de Félix Meunier, chandelier de suif. François Tollet ayant racheté le tiers de Pierre Darras, il devient propriétaire du Soufflet, pour deux tiers, l'autre tiers est à son beau-frère, Félix Meunier, et tous deux passent déclaration du cens en novembre 1690.
Le 8 janvier 1698, les biens de Tollet et Meunier sont licites au Châtelet et le Soufflet vert est adjugé à Gabriel Babinet ; mais le 22 septembre suivant, une nouvelle sentence intervient, qui adjuge la maison sur Gabriel Babinet par retrait lignager au prix de 800 1. à Thomas Cuvillier et Marguerite Darras, sa femme, celle-ci sans doute fille de Pierre Darras, intéressé dans la succession de Julien Tollet.
488 LES MARGUILLIERS LAÏCS [^^ç]
Cuvillier et sa femme vendent le Soufflet vert pour 1,000 1., le 17 novembre 1699, à Florent Bonjuste, dit Lallemand, tailleur pour dames et aide-juré mouleur de bois, qui fut assigné par les marguilliers à passer titre du cens le i3 août 1708. La succession de Florent Bonjuste s'étant trouvée redevable d'une somme de 10,000 1. envers Jean-Baptiste Ghastel, dit Du Gastel, conseiller du roi et ancien agent de change et banque, celui-ci se fait céder, le 10 avril 172 1, la maison du Soufflet vert, par la veuve Bonjuste Jacoba Tesmeleu (?), pour i,5oo 1., à valoir sur le montant de la dette. Ghastel, dit Du Gastel, a pour héritier son neveu. Honoré Berger, qui vend le Soufflet vert, le 22 mai 1724, pour 4,600 1., à Antoine Lemaire, maître cordier, et à Marie Picard, sa femme; ils en passent encore déclaration de cens le 25 janvier 1741.
Marie Picard, veuve d'Antoine Lemaire, cède, le 14 juillet 1754, à François Navarre, entrepreneur de bâtiments, pour i5o 1. de rente au principal de 3, 000 1. Navarre renouvelle titre le 20 janvier 1760. Marie Picard ayant transporté sa rente de i5o 1. à Jean-Baptiste Bergerot, marchand faïencier, vraisemblablement son gendre, le 3 février 1772, et cette rente étant restée impayée, Bergerot obtient, le 12 février 1773, une sentence du Ghâtelet contre Jeanne Alliot, veuve en secondes noces de François Navarre, sentence qui déclare nulle la vente faite en 1754 par Marie Picard, veuve Lemaire, à François Navarre, et attribue la propriété du Soufflet vert à Jean Bergerot, sur estimation de 2,400 1. Bergerot passe déclaration du cens le 19 avril 1775. Entre-temps, Bergerot était devenu propriétaire de la maison voisine du Mouton blanc. Le Soufflet vert est vendu avec celle-ci, le 19 mars 1781, par Adrienne Le Maire, veuve en premières noces de Pierre Picot, marchand de vins, et en secondes noces de Jean Bergerot, et par Elisabeth Bergerot, femme Jérôme-Joseph Mathieu, marchand de tabacs, à Jean-Pierre Garon, négociant, qui reconnaît les 3 d. de cens par déclaration du 29 mars suivant. Garon avait acquis l'année précédente la maison de VI grec [d^nc'iQn Bourdon) ; il réunit donc ainsi trois immeubles mitoyens : le Soufflet vert, le Mouton blanc, VI grec.
3i. Le Mouton blanc. — Le Mouton blanc tenant au Soufflet vert et au Bourdon, chargé de 4 sous de cens, appartient, en i564, à Nicolas des Advenelles, qui le cède, le 16 février, à Jean Lefèvre, maître taillandier. Gelui-ci en passe déclaration, le 10 octobre 1570, et figure à ce titre dans l'aveu des marguilliers de 1573. Jean Lefèvre possédait également la maison d'en face portant l'enseigne de la Couronne.
A Lefèvre succède, en i585, sa veuve Barbe Gillebin, qui passe déclaration le 8 octobre i586. En i588, Jean Lefèvre, praticien, fils des précédents, vend à Jacques Dantan, maître taillandier, qui, semble-t-il, avait déjà acquis de Jean Lefèvre une parcelle, dès le
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3 novembre i58i. Dantan cède à son tour à Nicolas de Mesière, également taillandier. Lorsque celui-ci passe déclaration du cens de 4 s., l'enseigne de l'y, « VI grejajr » a remplacé le Mouton blanc.
Une sentence d'adjudication aux Requêtes du Palais, en date du 10 février 1(524, sur Nicolas de Mesière, fils du précédent, transporte la propriété de l'y à Denis de Sommanville, baudroyeur, et à Marie Caillart, sa femme; celle-ci, restée veuve, vend, le 29 novembre i653, à Thomas Baudin, boulanger. Thomas Baudin a pour héritiers sa femme Geneviève de Vaulx et ses enfants Claude, fourrier de la Maison du roi, Marguerite, femme de Nicolas Plattemontagne, peintre ordinaire du roi, Elisabeth-Geneviève, femme de Pierre de Laistre. Ceux-ci vendent l'y, devenu V Image Saint-Thomas, le 17 avril 1677, à François Andrieu, boulanger. Andrieu passe encore, le 26 septembre 1690, de concert avec sa femme Anne Simon, déclaration du cens montant à 4 sous; V Image Sainte-Anne a remplacé V Image Saint-Thomas^ auparavant VI grec. En 1696, la maison est, faute de paiement d'une rente, réadjugée, par sentence du Châtelet, sur Anne Simon, veuve Andrieu, à Geneviève de Vaulx et aux héritiers Baudin.
Le partage de cette succession, en 1707, a pour résultat d'attribuer la maison « jadis du Mouton, de Saint-Thomas et de Sainte-Anne », et maintenant sans enseigne, à Paul de Plattemontagne, musicien, demeurant rue du Vieux-Colombier, qui paie les lods et ventes le 27 juillet et passe déclaration le 3o juillet, pour 4 s. d. de cens. Celui-ci, étant mort le 18 février 1757, a pour héritière sa cousine, Germaine- Geneviève-Charlotte-Claudine Baudin, épouse séparée de biens de Charles Devaux, ancien officier, demeurant rue Honoré-Chevalier; elle renouvelle le titre du cens de 4 s. 6 d. le 26 janvier 1761 et transmet à son fils, Louis-Élie Devaux, officier porte-table du commun du roi. La maison qu'on se reprend à appeler de son ancien nom du Mouton blanc est adjugée, par sentence du Châtelet du 3i août 1774, sur Louis-Élie Devaux, à Jean Bergerot, faïencier, qui déclare le cens le 19 avril 1775. L'aveu des marguilliers de 1777 désigne la maison par deux enseignes, le Mouton blanc et Vlmage Saint-Léonard.
Les héritiers de Jean Bergerot vendent, en 1781, la maison de nouveau sans enseigne, chargée de 4 s. 6 d. p. de cens, en même temps que le Soufflet vert chargé de 3 d., à Jean-Pierre Caron, comme il est dit à l'article précédent. Cet acquéreur passe déclaration, le 29 mars 1781, par acte distinct de celui rédigé le même jour pour le Soufflet vert.
2)1. Jeu de paume du Quarré; le Bourdon. — Au milieu du xvie siècle, Jean Basanier, bourgeois de Paris, acquiert, de Jacques Anthonis, une maison et deux jeux de paume chargés de 6 d. de
cens; l'ensaisinement donne lieu à une contestation de censive entre les Chartreux et les marguilliers de Notre-Dame {supra, p. 32i). Jean Basanier a pour héritière sa fille Anne, épouse de François Bénévent, avocat du roi à la Cour des Monnaies; elle passe déclaration, le 19 décembre i56o, pour le cens desdits lieux, ceux-ci comportent maison, cour, jardin et deux jeux de paume, tenant d'une part à Nicolas des Avenelles, c'est-à-dire au Mouton blanc, et d'autre aux héritiers de Mme Romain Martineau, c'est-à-dire aux Trois Pigeons, et aboutissant par derrière au clos des Jacobins. L'aveu de 1573 enregistre la même situation et nous fait en plus connaître l'enseigne de l'un des deux jeux de paume, le Quarré, à présent le'Bourdon. A Anne Basanier, veuve Bénévent, succède sa fille Catherine Bénévent, épouse de François Dubuisson, huissier au Parlement; elle était veuve le 21 janvier i586, lorsqu'elle reconnaît le cens de 6 d. pour le Bourdon blanc.
Le i5 juillet iSgS, les héritiers Dubuisson, et notamment Anne Dubuisson, femme de Jean Le Rabbe, conseiller au Grand Conseil, vendent à Pierre Gayant, qui avoue le cens le i8 mars 1600; la maison comprend alors deux corps d'hôtel et deux jeux de paume rebâtis de neuf et grand jardin, l'enseigne est le Bourdon, auparavant Vlmage Noire-Dame.
Durant la première moitié du xviie siècle, le Bourdon fut l'objet de mutations dont le détail nous échappe et qui aboutirent à la constitution de deux lots distincts, l'un mitoyen au Mouton blanc et l'autre mitoyen au Chaudron.
A) La partie contiguë au Mouton paraît avoir appartenu, dès i6o3, à Marie Briçonnet; nous la retrouvons en 1659 comprise dans la succession d'une dame Françoise Le Tonnelier, veuve Jacques de Vion, sr de Gaillon. La maison ne comporte plus qu'un corps de bâtiment et un jeu de paume, le jeu de paume est encore désigné par le Bourdon, mais au-dessus de la porte est l'enseigne de VY, abandonnée par la maison mitoyenne jadis du Mouton. C'est par la succession Le Tonnelier-Vion que le Bourdon et l' F passent à Michelle de Vion, épouse de Louis de Giflfart, sr d'Hannencourt, près Mantes. Le 16 mars 1660, celui-ci vend à Jean Bidault, paumier; la déclaration de 167 1, en enregistrant le nom de ce propriétaire et le cens de 6 d., rappelle l'ancienne Image de Notre-Dame et l'enseigne actuelle de VY; il n'est plus question du Bourdon, cette image sert en effet maintenant à désigner la maison voisine. Jean Bidault avoue le cens le 3o septembre 1690 et cède le 28 mai 1701 à Laurent Saurin.
Le i5 juillet 1705, la maison et jeu de paume couvert, ayant issue à la fois sur le faubourg et sur la rue Saint-Dominique, ci-devant au Bourdon, à présent à VY, chargée de 6 d. de cens, saisie sur Jean- François Carpentier, curateur au déguerpissement fait par Lorent
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Sorin, est adjugée à Guy Aulmont, sieur des Orléans, exempt et huissier à cheval au Ghâtelet, plus tard écuyer du roi et grand prévôt d'Étampes, dont déclaration de cens le 29 mai 17 10. Celui-ci a pour héritière sa fille, Geneviève-Simonne Aulmont, qui avoue le cens en 1749 et vend, le 2 juillet 1753, à Pierre Thuillier, marchand de vins, et Marthe Bourdon, sa femme, pour 20,000 1., dont déclaration le i5 novembre 1759; le jeu de paume a disparu, un jardin le remplace. Marthe Bourdon, restée veuve, renouvelle la déclaration le 8 avril 1777, l'enseigne est toujours l'y, puis vend, le i3 mai 1780, pour 3o,ooo 1., à Jean-Pierre Garon, qui passe déclaration, le 26 seprembre 1780, pour lui et les enfants nés de son mariage avec Louise Gillet.
B) Pierre Gayant cède par échange, avant 161 3, à Simon Desraines, une partie du Bourdon qui constitue le lot mitoyen au Chaudron, et qui engloba en tout ou en partie la maison des Trois Pigeons qui fait l'objet de l'article suivant. Le 25 novembre i6i3, les héritiers Desraines, Mathurin et Simon, miroitiers, et Denise, veuve de Pierre de la Voirie, teinturier, reconnaissent 4 s. 6 d. de cens; en 1641, Simon Desraines le jeune renouvelle cette déclaration et désigne la maison par l'enseigne des Trois Pigeons, autrefois du Mouton blanCj réminiscence inexacte comme on le verra à l'article suivant. Dans la licitation de la succession de Simon Desraines le jeune la maison reste à Glaude Desraines, veuve de feu Toussaint Le Normant, marchand de glands.
La déclaration des marguilliers de 1671 rappelle l'ancienne enseigne du Bourdon blanc, que la maison voisine a du reste abandonnée pour celle de l'Y, et indique en outre une nouvelle enseigne, la Sage Femme. Glaude Desraines, lorsqu'elle passe déclaration, le 6 mai 1691, appelle sa maison le Bourdon noir, le cens reconnu n'est plus que de 5 d., il remonte à 6 d. dans la déclaration passée, le 7 avril 1702, par Jean Gardon, avocat au Parlement, et Marguerite Gardon, femme de Jean Goiset, élu de Paris, propriétaires par substitution de Glaude Desraines en leur faveur. Suivant déclaration du 25 juin 1760 et l'aveu des marguilliers de 1777, le Bourdon noir, tenant à l'Y et au Chaudron, appartient encore à des héritiers Gardon Glaude, capitaine d'infanterie, et ses sœurs Françoise et Marie-Marthe, propriétaires par indivis à charge de 6 d. de cens.
33. Les Trois Pigeons. — Les indications fournies par les documents concernant la maison qui porte cette enseigne ne sont pas concordantes. Suivant une déclaration de 1570 et l'aveu de i573, elle était située entre le Bourdon et le Chaudron. Suivant le terrier de 1549 analysé par l'inventaire de titres dressé en i58i, la maison des Trois Pigeons aurait auparavant porté l'enseigne du Mouton; suivant au contraire la déclaration faite à la Ghambre du Trésor et
l'arrêt en conséquence, c'est l'enseigne des Trois Pigeons qui aurait précédé celle du Mouton, et Jean Lefèvre, propriétaire de cette maison, aurait acquis non pas de Nicolas des Advenelles, comme nous l'avons dit précédemment, mais de Romain Martineau.
Quoi qu'il en soit, en i533, Geoffrine Anthonis, veuve de Nicolas Barthélémy, avocat au Parlement, fait don à Marie Chartellier, femme, ou future femme à cette date, de Romain Martineau, commissaire examinateur au Ghâtelet, de la maison des Trois Pigeons. En i549 ^^ ^^ 1^70, Marie Chartellier, femme Martineau, déclare 4 s. p. de rente et 6 d. p. de cens. L'aveu de iSyS énonce cette dernière redevance seule. Une note inscrite après coup en marge de l'aveu et qui décèle chez les marguilliers, quant au site des Trois Pigeons, la même incertitude que nous avons indiquée au début de cet article, dit que les Trois Pigeons, corps d'hôtel et cour, ont été incorporés au Bourdon. C'est là une assertion très vraisemblable, puisqu'une déclaration passée en 1641, par Simon Desraines, pour une maison qui ne peut être que la partie du Bourdon contiguë au Chaudron, désigne cette maison par l'enseigne des Trois Pigeons; cette déclaration ajoute, il est vrai, tout à fait à tort, autrefois le Mouton blanc.
34. Le Chaudron. — Cette maison, contiguë au Bourdon et à la Croix blanche, appartient, d'après les indications de mitoyenneté de la Croix blanche, en 1448, à Jean Charigot, et, en 1466, à Etienne Honoré, menuisier, de qui l'acheta son voisin Gilles Anthonis. Au xvie siècle, le Chaudron passe à Jean Malingre, dont la veuve passe déclaration au terrier de 1549 po^r 4 s. 6 d. de cens. Jean de la Postoire, son gendre, lui succède ici comme au Soufflet vert et vend, le 20 mars 1569, à Pierre Pouillet.
Le 3o octobre 1678, la veuve de Pierre Pouillet, née Guillemette Le Tourneur, et remariée à Gabriel Michel (ou Michaud?), apothicaire, cède tout ou partie du Chaudron à Jean Lefèvre le jeune, déjà propriétaire du Mouton blanc. Celui-ci passe déclaration le 10 janvier i586.
S'il faut en croire les indications rétrospectives du censier de i632, le Chaudron passe en 1587 ^ ^^ certain Guillaume Picquet, puis est adjugé par décret du Ghâtelet du 14 mai 1608 sur Marc Picquet à Denis Daneau, prêtre, vicaire de Saint-Étienne-du-Mont. Quoi qu'il en soit, le 21 novembre i6i3, Louis Daneau, avocat au Parlement, ayant reçu bail de Denis Daneau, passe déclaration pour les 4 s. 6 d. de cens dont est grevé le Chaudron.
Denis Daneau vend, le 4 mai 1621, à Jean Baudin, chandelier de suif; celui-ci réunit entre ses mains le Chaudron et la Croix blanche. Sa succession très complexe et comprenant plusieurs maisons du
faubourg à droite et à gauche donna lieu à des procédures fort longues.
En ce qui concerne le Chaudron, c'est la veuve Baudin, Madeleine Dionis, qui en passe déclaration, le i6 février i655, en même temps que pour la Croix blanche et la maison de Vlmage Saint- Thomas, sise en face, et c'est son fils Jean qui figure comme propriétaire dans la déclaration des marguilliers de 167 1, l'ayant recueillie par licitation de mars 1669.
Le 22 juin 1674; Charles Lebon, curateur à la succession vacante de Jean Baudin, chandelier, vend le Chaudron pour 8,000 1. à Claude Luce, pâtissier, et à sa femme, Claude Baudin, dont déclaration de cens le 3i mai 1690. En 1702, les enfants de Claude Luce, Jean, Claude et Anne sont dans l'indivision. Le 22 août 171 1, Jean Luce rachète la part de sa sœur Anne, femme de François Millet, concierge du duc d'Orléans, au Palais royal; il reste seul propriétaire du Chaudron, qu'il transmet à sa fille Marie- Barbe Luce, veuve de Isaac Hérault. Celle-ci reconnaît le cens de 4 s. 6 d. le 4 décembre 1759; à l'enseigne du Chaudron a succédé celle de la Croix de fer. Marie-Barbe Luce, veuve Hérault, vend, le 24 septembre 1764, pour 8,000 1., à Jean de La Porte, serrurier, qui cède encore pour le même prix, le 12 juillet 1773, à Jean-Louis Parmentier, lequel reconnaît le cens par déclaration du 3 mai 1775.
35. La Croix blanche. — Cette maison doit vraisemblablement être identifiée avec celle qui figure dans le censier du début du xive siècle sous le nom de dame Constance de Porte-Neuve, à charge de 9 s. p. de cens, charge qui se perpétue jusqu'à la fin du xviiie s.
Au xve siècle, la Croix blanche, formant hôtel hors la porte Saint- Jacques es lieu dit « Aux Tumbes », tenant d'une part à Jean Charigot, d'autre et par derrière au clos des Jacobins, appartient à Jean de la Poterne, changeur et bourgeois de Paris. Le 11 mars 1448, il la baille à rente à Jean Guellet, tonnelier, à charge du fonds de terre envers qui de droit et de 100 s. de rente non rachetable. Cette rente n'étant pas payée régulièrement, la maison est mise en criées le 3o juin 1462, à la requête de la veuve et des héritiers la Poterne et de divers créanciers. Au cours de la procédure survint une contestation de censive formulée contre les marguilliers par les religieuses de Longchamp, contestation que nous avons exposée précédemment (p. 319).
La Croix blanche ayant été adjugée à Volo Bruyère et Philippote, sa femme, ceux-ci constituèrent, le 4 mars 1474 (n. st.), au profit de Pierre de la Poterne, une rente de 8 l. assise en partie sur la Croix blanche, en partie sur les Boucheries, rente distincte de celle de 100 1. prévue par le bail de 1448 [supra, p. 3o2). Vers 1477, Volo Bruyère étant mort et sa femme s'étant remariée, la liquidation de
la succession entraîne la mise en criées de la Croix blanche, qui est adjugée à la veuve et aux enfants de Gilles Anthonis^ déjà propriétaires mitoyens, dont ensaisinement en juin 1485.
Par les Anthonis, la Croix blanche, comme plusieurs autres maisons voisines, passe à Jean Malingre, avocat au Parlement, dont la femme, Jeanne Rabâche, passe déclaration de cens au terrier de 1549. Anne Malingre, fille de Jean, et femme de Nicolas Gresse, ou de Gresse, avocat au Parlement, demeurant rue Jean-de-1'Espine, hérite de la Croix blanche et en passe déclaration, le 23 octobre iSyo, puis la cède, le 28 mai iSyb, à Nicolas Le Juge et à sa femme, Paule Hotman, propriétaires de partie de V Image Sainte-Avoie, de l'autre côté de la rue. Paule Hotman survit à son mari et passe titre pour le cens le 12 décembre i588.
En i6i3, la Croix blanche appartient à Glaude de la Monstre, marchand de vins, qui la possède encore en i632, sauf une parcelle comportant cour, puits et deux appentis ayant issue sur la rue Saint-Dominique, cédée le 23 janvier i632 à Jean Baudin. Le reste de la maison ne devait pas tarder à suivre, et, en 1637, Baudin se trouvait ensaisiné de la totalité de la Croix blanche ainsi que du Chaudron et de V Image Saint-Thomas, en face. Sa veuve, Madeleine Dionis, passe déclaration du cens le 16 février i655.
En i658, s'ouvre la succession Baudin à partager entre cinq héritiers. La Croix blanche^ qui forme trois corps de bâtiments, est répartie en deux lots selon la déclaration des marguilliers de 167 1, l'un, sans enseigne, est à Plaisance, veuve Barnabe Baudin, l'autre, à l'enseigne de la Croix blanche, est à Jean Baudin fils. D'une vente partielle, en 1675, et d'une licitation en 1689 résulte un nouveau partage, définitif, cette fois, en trois lots. On doit tenir compte, pour comprendre la consistance de ces lots, que le clos des Jacobins, mitoyen jadis du côté de la porte Saint-Jacques, avait été loti, et qu'une rue, la rue de la Traverse, puis rue Saint-Dominique, avait donné un dégagement sur les confins du fief des Tombes et permis de construire une maison d'angle.
A) Maison Retou-Delaporte. — Gette maison, sise faubourg Saint- Jacques, correspond à la partie de la Croix blanche mitoyenne du Chaudron; elle ne porte pas d'enseigne, sauf momentanément, en 1675, celle de la Croix blanche du Saint-Esprit. G'est la part de Barnabe Baudin. Elle passe à sa fille, Angélique Baudin, femme de Jean de Gortier, sr du Petit fief, procureur du roi en l'amirauté de Saintonge. Geux-ci vendent, le 27 juin 1675, pour 4,000 1., à Michel Retou, savetier, qui habite la maison. Michel Retou, par suite du délaissement consenti par son fils Michel, officier du roi, transmet cette maison à sa fille, Barbe, épouse de Jean Delaporte, serrurier. Gelui-ci paie, le 18 mai 1707, des arrérages de cens. Louis Delaporte,
prêtre, lui succède. Dans la succession de ce dernier, la maison Baudin-Delaporte est adjugée, le 17 juillet lySo, à Jean Delaporte, serrurier, demeurant rue Saint-Martin, paroisse Saint-Merry, neveu du défunt. Jean Delaporte passe déclaration du cens de 9 s. solidairement avec Cordeau et Viel, et, le 12 juillet 1773, il vend à Jean- Louis Parmentier, cordonnier, place de Cambrai, à la fois le Chaudron et la partie de l'ancienne Croix blanche mitoyenne de cet immeuble, ladite partie comptée dans l'acte de vente pour 12,000 1. Parmentier passe titre le 3 mai 1773 pour lui et les neuf enfants nés de son mariage avec Marie-Françoise Collier, dans les mêmes conditions que ses prédécesseurs.
B) Maison Baudrier-Cordeau. — Jacques Baudin et Jacques Du Chesnois, marbrier, sont adjudicataires, en 1689, chacun pour moitié, de la maison située à l'angle de la rue Saint-Dominique et du faubourg et qui conservera l'enseigne de la Croix blanche.
En vertu d'un contrat de mariage antérieur, en date du 26 mai 1687, la part de Jacques Baudin passe à sa femme, Geneviève Pasquier; celle-ci, remariée en 1695 avec Louis Mesnard, fait don de ladite part à son second mari. Louis Mesnard, veuf de Geneviève Pasquier, se remarie avec Elisabeth Vinet, et tous deux restent ainsi propriétaires de la moitié en un tiers de la Croix blanche adjugée à Jacques Baudin. Ils cèdent ce lot, le 24 décembre 1714, à Jean Baudrier, marchand de vins, pour 3, 000 1.
Le même Jean Baudrier achète, le 14 mai 1715, pour le même prix de 3,000 1., à Elisabeth Baudin, veuve de Jacques Duchesnois, la moitié en un tiers que celui-ci s'était fait adjuger en 1689. Après la mort de Jean Baudrier et de sa femme, Marie Lucas, leur maison est achetée partie à l'amiable, partie par sentence d'adjudication au Châtelet en 1760 et 175 1, par Jean Cordeau, boucher, au cimetière Saint-Jean-en-Grève, et il en passe déclaration pour 9 d. de cens, solidairement avec les maisons voisines, le i5 novembre 1759; il est encore propriétaire en 1777, aux termes de l'aveu rendu par les marguilliers à cette date.
C) Maison Viel. — Ce troisième lot était situé sur la rue Saint- Dominique; il est adjugé, en 1689, ^ Michel Pesset, époux de Marie Baudin, fille de Jean Baudin, et Madeleine Dionis. On le trouve désigné dans une déclaration de cens passée en 17 19 par le nom de la Grande Cour. Le 28 novembre 1729, François Viel, maçon à Paris, et Jeanne Mauduit, sa femme, acquièrent des cinq héritiers ou héritières de Marie Baudin, pour4,5ool., la maison adjugée à son mari. En 1735, Jeanne Mauduit, devenue veuve, passe déclaration de 9 s. de cens; ses enfants, Françoise, Marguerite et Charles renouvellent le titre, le 23 février 1760, en spécifiant que leur maisonnette est
solidaire de cens avec la Croix blanche, appartenant à Cordeau, et avec la maison Delaporte. Une licitation entre ces mêmes héritiers Viel-Mauduit ou leurs ayants droit fait adjuger la maison le 6 septembre 1784 à Louis Gaudron des Romons, écuyer, trésorier de France honoraire au Bureau des finances de la généralité de Limoges, habitant dans ladite maison, dont déclaration de cens solidairement avec les deux maisons susdites le ler décembre 1784.
36. Maison des Mureaux, la Corne de Cerf. — Le censier de i3iii3i6 comprend dans l'énumération des biens-fonds qui formaient le fief des Tombes la maison des « Muriaus », au dehors de Notre- Dame-des-Ghamps, avec un quartier de terre ayant appartenu à Guillaume de Jouy et un demi-arpent qui fut Raoul Laboureau, le tout appartenant à Gengon ou mieux Gesson de Reims, et chargé de 12 d. de cens et 16 s. de surcens. Le site s'identifie aisément, il s'agit d'une maison et clos situés dans le faubourg Saint-Jacques, du côté de Saint-Marcel, hors la porte Notre-Dame-des-Ghamps, non loin du moulin des Gobelins, figuré sur le plan de Bâle; en langage plus moderne, nous nous trouvons ici à l'angle de la rue Saint-Jacques et du boulevard Port-Royal. Quant au cens et à la rente ou surcens, ils se sont perpétués jusqu'à la fin de l'Ancien régime.
Nous nous bornerons à rappeler ici la contestation que souleva vers i3o8, pour le paiement de la rente foncière, Gesson de Reims, dit Gosset, successeur de Thierry Boucars de Reims dans la maison des Mureaux; cette contestation prit fin par une sentence arbitrale que nous avons commentée et publiée plus haut (p. 297 et 399).
Au début du xve siècle, les marguilliers durent par deux fois, en 1406 et en 1419, citer au Ghâtelet les propriétaires de la maison; la première fois le défendeur était le curateur de la succession de feu Me Jean Haie.
L'aveu de 1466 rappelle le nom d'un propriétaire antérieur, Adam des Champs, mais ne donne pas celui du propriétaire à cette date.
L'état des cens de i53o-i533 nomme Léon Danisy, drapier, rue Saint-Martin, au lieu de Jean Gobelin. Ce Jean Gobelin semble être Jean III Gobelin, seigneur de La Tour, qui avait, à la fin du xv^ et au début du xvie siècle, considérablement agrandi le domaine patrimonial des Gobelin (J. Guiff'rey, Le5 Gobelin teinturiers en écarlate au faubourg Saint-Marcel, p. 3i). Léon Danisy, qui passe déclaration du cens et surcens au terrier de 1549, ^^^^^ propriétaire de la maison qui portait renseigne de la Corne de Cerf par sa femme Catherine Gobelin, l'une des filles de Jean Gobelin, s^ de La Tour. Un nouveau titre passé le 3o novembre i555 par Catherine Gobelin, veuve de Léon Danisy, et aussi l'aveu des marguilliers de ib'j'i
indiquent comme l'un des mitoyens de la Corne de Cerf Nicolas Godefroy (ou ses héritiers), à cause de feu Jean Gobelin; il s'agit sans aucun doute là de Nicolas Godefroy, valet de chambre du dauphin, le futur Henri II, époux d'une sœur de Catherine, Claude Gobelin, nourrice de François II (Guiffrey, op. cit., p. 45).
En i558, la Corne de Cerf est saisie et adjugée par décret du Châtelet à Jean Le Devin, écuyer de cuisine de Messieurs frères du roi, qui en passe titre le 4 juin i56i. En conséquence de l'arrêt de la Chambre du Trésor de i585, la Corne de Cerf fut limitée par des bornes de pierre au nom des marguilliers seigneurs du fief des Tombes. Une déclaration de i655 se réfère à cette opération.
De i56i à 1614, les documents font défaut; l'aveu de iSyS n'indique pas le nom du propriétaire ; l'arrêt de la Chambre du Trésor de i585 mentionne encore Jean Le Devin, et nous n'avons pour guide que les indications rétrospectives très sommaires données par le censier de i632. Selon le rédacteur de cette pièce, la Corne de Cerf, échue sans doute par succession de Léon Le Devin, est vendue le 3o décembre 1602 à Nicolas Thomas, maître des œuvres des Bâtiments du roi, puis cédée le 11 août i6o5 à un sr Godefroy. Ce Godefroy est François Godefroy, sf de La Tour, dont les neveux et héritiers passent déclaration pour la Corne de Cerf en 1614. Que ce personnage soit un descendant de Jean Gobelin, sr de La Tour, et de Claude Gobelin, épouse de Nicolas Godefroy, cela n'est guère douteux. A cette époque, la Corne de Cerf comportait un corps de bâtiment en arrière, déjà mentionné en i56i dans la déclaration de Jean Le Devin et que la déclaration de mitoyenneté de la maison des Trois Clous désigne en i588 par l'enseigne Saint-Nicolas, confondue plus tard, à tort, avec les Trois Clous. Cette enseigne Saint- Nicolas est encore mentionnée dans la déclaration de la Corne de Cerf de 1614, puis disparaît définitivement.
Le 10 mars 1614, Pierre de Vallès, sr du Mesnil, conseiller à la Chambre des comptes, Balthazard de Vallès, sf de Montjay, auditeur à ladite Chambre, Jacques Payot, avocat au Parlement, et Ysaac Provenchère, secrétaire de la Chambre du roi, passent déclaration de la Corne de Cerf pour i3 d. p. de cens et 16 s. de rente à eux appartenant comme héritiers de François Godefroy, sr de La Tour, leur oncle. Antoine de Vallès, sr du Mesnil, contrôleur général des rentes, leur succède, et sa veuve Marie Miron passe titre de 12 d. de cens et 16 s. p. de surcens pour la Corne de Cerf et les trois quartiers de jardin tenant, le tout enclos de mur, le 3 août 1642. Celle-ci vend, le 20 avril 1643, à Etienne de Changy, boucher, et Françoise Huret, sa femme, qui paient, le 9 avril 1644, 600 1. 1. de lods et ventes, puis reconnaissent, le 6 mars i655, la censive 12 d. et la rente 16 s.
498 LES MARGUILLIERS LAÏCS [^Bq]
Dès juillet 1643, une contestation était née au Châtelet entre les marguilliers et le prieur de Notre-Dame-des-Ghamps. 11 y a alors trois maisons joignantes : la Ville d'Orléans, la Corne de Cerf et un petit corps de logis sans enseigne tenant d'un côté à ladite Corne de Cerf et de l'autre à la maison jadis des Trois clous qui fait l'objet de l'article suivant; toutes trois aboutissent par derrière aux Capucins.
La Ville d'Orléans. — Le 3o octobre 1686, Pierre Ghangy, mouleur de bois, et Agnès Fontaine, sa femme, Claude Monnerat, notaire, et Marie-Marguerite Changy, sa femme, vendent pour 3,ooo 1. à Denis Delaunay, carrier, et à Marie-Madelaine Huet, sa femme, propriétaires mitoyens, une partie de la Ville d'Orléans, conservant pour eux l'autre partie. De là deux nouveaux lots qui vont se perpétuer.
En 1720, le 27 avril, les biens de Delaunay sont adjugés devant les Requêtes du Palais à Simon Le Mercier, écuyer, contrôleur général de la maison de la reine, et Marie-Madeleine Becquet, nourrice du roi, sa femme, soit pour 34,600 1., deux maisons, l'une au coin des Capucins, anciennement à Vlmage Sainte-Marthe, puis Saint-Louis ou le Grand Monarque et présentement VHomme chargé de malice et l'autre contiguë, partie de l'ancienne Ville d'Orléans, et chargée solidairement avec le restant de ladite maison, avec la Corne de Cerf et avec Vlmage Saint-Étienne, de i s. 3 d. de cens et 20 s. de surcens. VHomme chargé de malice était dans la censive de Notre- Dame-des-Champs et non dans celle des marguilliers; ceux-ci ayant cependant reçu la totalité des lods et ventes, soit 1,200 1., durent transiger le 10 juillet suivant avec le séminaire d'Orléans, ayant par union les droits du prieuré de Notre-Dame-des-Champs; les lettres F. d. T. (fief des Tombes), que les marguilliers avaient, en 1674, lors d'un procès-verbal établi par la Chambre du Trésor, fait graver sur ladite maison, furent effacées ; c'est par cette usurpation que s'explique la mention, dans la déclaration présentée en 1671 par les marguilliers, du coin des Capucins tenant à la Ville d'Orléans et appartenant à la veuve du sr Avrillon, avocat; aucun montant de cens n'accompagne cette indication.
Dans la liquidation de la succession de Simon Le Mercier et Madeleine Becquet, VHomme chargé de malice, maison mitoyenne du fief des Tombes, au coin des Capucins, est vendue après saisie au sr Lamoureux en 1762, tandis que la moitié de l'ancienne Ville d'Orléans échoit à Louis Mercier de Montplant, écuyer, l'un des fermiers généraux, héritier pour un huitième de son père Simon Le Mercier. Celui-ci a fait reconstruire les deux immeubles mitoyens et une délimitation de censive a dû intervenir encore une fois avec le Séminaire d'Orléans. La partie de la nouvelle maison dépendant du fief
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des Tombes et qui passe en la possession de Louis Mercier de Montplant comprend de vastes écuries. Montplant les vend le 11 janvier 1773 à Claude Philippe et Louis-Denis Philippe, marchands nourrisscurs de bestiaux, pour 12,000 1. Les acquéreurs passent titre du cens le 16 mars 1773 solidairement avec la Fleur de lys (moitié de l'ancienne Ville d'Orléans), la Corne de Cerf et V Image Saint-Étienne.
La Fleur de lys. — La partie de la Ville d'Orléans non vendue à Delaunay est cédée par Pierre Changy et Claude Monnerat le 6 janvier 1688 à Jean Le Breton, maître taillandier, et à Elisabeth Dufay, sa femme. La maison prend alors l'enseigne de la Fleur de lys. Elisabeth Dufay était veuve en premières noces de Roger de Beaune; comme elle survécut à son second mari, ce sont les enfants du premier lit, Claude-Roch de Beaune, maître taillandier, et Jeanne-Anne de Beaune, épouse J.-B. David, qui, par licitation, acquirent la Fleur de lys en indivis. Une cession consentie le 7 février 1739 par Claude-Roch de Beaune pour 3, 600 1. mit fin à leur indivision. J.-B. David et sa femme Jeanne de Beaune vendent, le 24 mai 1754, la Fleur de lys royale, soit la moitié de l'ancienne Ville d'Orléans, l'autre appartenant toujours aux Le Mercier, à Pierre Bouteville, demeurant rue des Bourguignons, faubourg Saint-Marcel, paroisse Saint-Hîppolyte, et à Catherine Maclot, sa femme, pour 7,000 1. Ceux-ci revendent pour 1 1 ,000 1. le 6 novembre 1756 à Maurice Gigot d'Elbée, général-major d'infanterie, conseiller privé du roi de Pologne, et à Marie-Thérèse de Meussan, son épouse, demeurant faubourg Saint-Jacques, qui cèdent deux ans plus tard, le 3i mai 1758, pour 10,000 1., à Isaac Royer, marchand carrier, et Antoinette Hébert, sa femme, dont déclaration le 27 mai 1759 pour i5 d. de cens et 6 s. 8 d. de surcens. La succession d'Isaac Royer est partagée le II mai 1778, la Fleur de lys échoit à Jeanne-Antoinette Royer, femme de Pierre Séjournant, boulanger, rue Saint-Antoine, qui passent titre des charges, 5 s. 4 d. p., le 8 juin 1780; le lot mesure, aux termes de cet acte, quatre-vingt-douze toises superficielles.
L'ancienne enseigne de la Corne de Cerf reste à la maison formant deux corps de logis contigus d'une part à la Fleur de lys et de l'autre à Vlmage Saint-Étienne. Gabrielle de Changy, veuve Saint-Hilaire, et Madeleine Changy, veuve Le Faucheux, vendent cette maison le 26 février 1709, pour 3, 000 1., à Antoine Boulanger, voiturier, et à Marguerite Huart, sa femme, à charge du cens et surcens conjointement avec les maisons voisines, charge que l'acquéreur reconnaît par déclaration du 16 novembre 1709. La succession d'Antoine Boulanger est encore, en 1760, aux termes d'une déclaration du 7 novembre, dans l'indivis entre son fils Jacques Boulanger, prêtre habitué de la paroisse Saint-Hippolyte, et ses petits-enfants nés de Marie-
Anne Boulanger et René Mauduit, marchand carrier, Antoine-René Mauduit, professeur de mathématiques, et Hélène Mauduit, fille majeure. La maison porte toujours l'enseigne de la Corne de Cerf. Mais cette enseigne n'est plus que souvenir deux ans après ; elle est « cy devant » dans l'acte de vente passé pour 6,000 1., le 23 mars 1772, par Jacques Boulanger avec Joseph Vallier, maître charpentier. Celui-ci, conjointement avec sa femme, Françoise Courtois, passe déclaration, le 29 septembre 1772, de i5 d. de cens et 20 s. de surcens, solidairement avec les trois maisons voisines.
Image Saint-Étienne. — La maison portant cette enseigne est contiguë, d'une part, à la Corne de Cerf qx, de l'autre, aux Trois Clous; Gabrielle et Madeleine de Changy la vendent, le 29 mai 171 1, à Jacques Sibire, carrier, et à Louise-Geneviève Potel, sa femme, pour 3,600 1. Ceux-ci passent titre pour la totalité des charges, i5 d. de cens et 20 s. de surcenSj solidairement avec les trois maisons voisines. En 1759, aux termes d'une déclaration du 24 novembre 1759, où l'enseigne de V Image Saint-Etienne n'est plus rappelée que pour mémoire, à Jacques Sibire ont succédé ses enfants, Jacques Sibire, épicier, Madeleine Sibire, épouse Pierre Riondet, frotteur, et Joseph Sibire, serrurier. En 1765, sur saisie contre Marie-Madeleine Sureault, veuve en premières noces de Jacques Sibire et en secondes noces de Pierre Regnault, la maison est adjugée au Ghâtelet, par sentence du 7 août, à Jean Girault, maître taillandier, propriétaire de la maisin voisine de L couronné (anciennement les Trois Clous). En 1788, le 20 mai, la fille de Jean Girault, Louise-Thérèse, veuve de J.-B. Dijeon l'aîné, teinturier, passe titre pour le cens et surcens de l'ancienne Image Saint-Etienne en même temps que pour le cens de L couronné.
37. Les Trois Clous, L couronné, la Forge royale. — L'état des cens de i53o-i533 mentionne une petite maison couverte en appentis et tenant à la ruelle conduisant au prieuré de Notre-Dame-des- Champs, appartenant à Jean Teste, maître des comptes, à charge de I ob. de cens. Par la place que le rédacteur a donnée à ce bienfonds dans le texte, il semble qu'il faille le situer sur le côté droit de la rue; c'est pourquoi on hésitera à l'identifier avec la maison des Trois Clous, sise hors la porte Notre-Dame-des-Champs, appartenant aux héritiers Mozac, à charge de i ob. de cens, mentionnée par l'aveu de 1573.
Cette maison était, il n'y a aucun doute à cet égard, sise sur le côté gauche de la rue et mitoyenne de la Corne de Cerf. Appartint-elle anciennement à Jean Gobelin et à son gendre Nicolas Godefroy? Cela est vraisemblable (voy. l'art, précédent).
Les héritiers Mozac étaient Robine et Etienne, nés de Gillette
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de Brion, femme Mozac, et Claude Mozac, sous la tutelle de Girard Mozac. Leur succession échoit avant i585 à une nièce de Gillette Brion, Radegonde Brion, femme de Jacques Fourny, fourbisseur, place Maubert; ceux-ci figurent à l'arrêt de la Chambre du Trésor de i585 et passent déclaration le 9 décembre i588 pour les Trois Clous hors la fausse porte, tenant à V Image Saint- Nicolas, enseigne dont nous aurons à reparler plus loin.
Léon Le Devin, propriétaire de la maison voisine de la Corne de Cerf, acquiert les Trois Clous par sentence du Châtelet rendue contre Fourny et sa femme et les cède le 4 avril 1606 à Nicolas Thomas, qui lui avait déjà acheté précédemment la Corne de Cerf. De Nicolas Thomas les deux maisons passent ensemble à François Godefroy, sr de La Tour. Par cette réunion des deux maisons, une confusion s'établit entre les titres de propriété de l'une et de l'autre et aussi entre leurs enseignes respectives. Confusion qui fait dire plus tard que les Trois Clous, depuis à l'enseigne du Jay, avaient été construits sur les trois quartiers de terre attenant à la Corne de Cerf, ce qui est inexact, car la maison existait déjà lorsque les trois quartiers ne formaient encore qu'un enclos attenant à ladite Corne de Cerf, et en outre jamais les Trois Clous n'ont été solidaires du surcens qui grevait la Corne de Cerf et ses dépendances. Confusion qui fait aussi identifier les Trois Clous avec une maison à l'enseigne Saint-Nicolas construite en arrière de la Corne de Cerf sur les mêmes trois quartiers, alors qu'aux termes de la déclaration de i588, ce n'était là qu'un bâtiment mitoyen des Trois Clous.
Les Trois Clous, depuis le Jay et plus tard la Fleur de lys, passent avec les autres biens de François Godefroy à ses neveux les de Vallès et consorts. Baltazard de Vallès transmet la maison à sa femme Colombe le Picart, qui se remarie avec André Feydeau, receveur général des finances à Caen. Feydeau vend le 18 juin 1629 à Jean Froissant, marchand bourgeois, demeurant place Maubert. La veuve de ce dernier, Nicole Berger, passe déclaration du cens de i. d. pour elle et ses enfants le 6 avril i655.
Avant 1671, les Trois Clous, devenus L couronné, sont vendus à Jean Girault, maître taillandier. L'évêque d'Orléans, au nom du Séminaire d'Orléans et comme ayant droit par union de la seigneurie de l'ancien prieuré de Notre-Dame-des-Champs, dut restituer aux marguilliers, en septembre 1694, en vertu d'une sentence de justice, 80 1. de lods et ventes qu'il avait indûment perçues à l'occasion de cette mutation. Après la mort de Jean Girault, sa seconde femme, Marguerite Hersant, fait saisir ses biens sur les enfants nés d'un premier mariage de Jean Girault et se fait adjuger aux criées du Châtelet, le 3i mars 1708, pour 800 1., la maison de L couronné ou la Forge royale; elle passe déclaration du cens de i d. le 21 février
1710. Mais Marguerite Hersant, avant de devenir femme Girault, avait épousé en premières noces un s»" Sénéchal; c'est à des héritiers de ce côté, Charles Sénéchal, meunier, et autres enfants de Toussaint Sénéchal et Ursule Fauvel que passe L couronné; ils renouvellent titre du cens le 28 janvier 1720. Le fils de Jean Girault, maître taillandier comme son père, et sa femme Catherine Jullien, par une série de contrats passés le 16 janvier 1724 avec Sénéchal (1,000 L), le i3 octobre 1726 avec Antoine Brassard, tuteur de Marie- Charlotte Sénéchal, sa belle-fille (née d'un premier mariage de sa femme Ursule Fauvel avec Toussaint Sénéchal) (400 1.), le 4 février 1727 avec Gilles Sénéchal (200 L), le 9 février 1728 avec J.-B. Sénéchal (t,ooo L), le II août 1729 avec Antoine Brassard, tuteur d'Anne Sénéchal, sa belle-fille (400 L), rachètent les droits de tous les héritiers de Marguerite Hersant, sa belle-mère, sur L couronné de la Forge royale, et le 11 novembre 1780, lui et sa femme passent déclaration pour le tout. La maison passe ensuite à leur fils Jean Girault, maître taillandier, qui renouvelle le titre le 9 mai 1760 et se fait adjuger en 1765 la maison mitoyenne de V Image Saint-Etienne. Sa fille Louise-Thérèse, veuve J.-B. Dijeon, passe titre pour l'une et l'autre le 24 mai 1788.