‹ Les marquilliers laïcs de Notre-Dame de ParisChapitre 28 sur 226 · Idem, 6 juin 1477, Ibid · texte numérisé non relu

Idem, 6 juin 1477, Ibid

3. Arch. nat., Xi*4822, fol. 209 v° et 287. Sur ce procès, voy. plus loin, p. 208.

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lièrent tant de sujets de mécontentement que les grappes de la Saint-Sixte furent passées sous silence, et vraisemblablement la cérémonie tomba momentanément en désuétude. Mais, en 1432, on la rénova, les marguilliers furent appelés devant le Chapitre le 1 1 août pour entendre de nouvelles représentations ; on réserva, il est vrai, leur droit de recours contre le chevecier, celui-ci devait les rembourser de la dépense. Le 8 septembre, le Chapitre délibéra encore sur les raisins et décida que tous les bénéficiers présents à l'église au jour de la fête du saint devaient avoir une part dans la distribution, et que cette part serait portée de deux à quatre grappes. Le Chapitre s'occupe encore de la même affaire dans les assemblées du 17 et du 22 septembre. Il apparaît bien, par ces détails, que les grains de raisins bénis par le prêtre et distribués aux assistants s'étaient multipliés aux dépens des marguilliers. C'était une véritable vendange que les chanoines exigeaient d'eux dans les premiers jours d'août. Comme en 1432 il avait fallu payer une amende, les marguilliers se soumirent et les chanoines apprécièrent à ce point leur obéissance que dans l'assemblée capitulaire tenue le 6 août 1434, jour même de la Saint-Sixte, ils firent consigner sur leurs registres de délibérations par le notaire qu'à ce jour tous les chanoines présents avaient reçu raisins blancs et raisins noirs.

Les registres nous offrent encore des citations pour défaut de raisins en 1469, en 1481, en 1488 enfin pour la dernière fois^ La coutume fut-elle alors abolie ou bien cessa-t-il de dépendre des marguilliers qu'elle fût respectée? Nous l'ignorons. Les marguilliers n'étaient plus remboursés par le chevecier. Les raisins précoces devaient être de plus en plus rares au fur et à mesure que les clos de vignes disparaissaient pour faire place aux constructions. La marguillerie, d'activé qu'elle était, tendait à devenir honorifique. Il est bien vraisemblable que les chanoines durent renoncer à l'offrande savoureuse qu'ils avaient quelque peu abusivement greffée sur un ancien usage liturgique.

En se détachant du service de la cathédrale, les marguilliers devinrent presque étrangers à l'église. Ils cessèrent d'habiter

I. Pour tous ces détails relatifs aux raisins de la Saint-Sixte, voy. les extraits des registres capitulaires aux pièces justificatives.

dans le voisinage lorsque le trafic de la charge eut fait passer celle-ci aux mains de bourgeois exerçant des professions variées et domiciliés assez loin de la basilique'. Les marguilliers de Notre-Dame, paroissiens, voire marguilliers d'autres églises, ne vinrent même plus à la cathédrale faire leurs pâques. En i536, pas un seul d'entre eux ne se présenta à la sainte Table. Le Chapitre s'en émut et les cita devant lui le lundi de Quasimodo, 25 avril. L'un des marguilliers qui ne daigna même pas répondre à cet appel fut déclaré défaillant; le second allégua qu'il avait son confesseur dans sa paroisse et qu'il lui était plus commode d'y communier; le troisième dit qu'il était marguillier de Saint-Germain-le-Vieil, sa paroisse, et que, partant, il ne pouvait faire ses pâques ailleurs ; le quatrième excipa de son ignorance; récemment entré en charge, il ne savait pas avoir manqué à ses devoirs. Le Chapitre n'admit pas ces explications et il enjoignit aux marguilliers devenir désormais, sous peine d'amende, accomplir leur devoir pascal à l'église métropolitaine 2.

Le carême de 1541 donna encore lieu à une citation de la part du Chapitre en raison du manque d'assiduité aux offices. Mais les chanoines n'étaient plus écoutés^.

Au xvii^ et au xviii^ siècle, les marguilliers n'ont plus guère de devoirs à remplir à l'égard de la cathédrale, et ceux qui subsistent encore sont plutôt des privilèges honorifiques : assistance aux fêtes annuelles et solennelles dans le chœur où ils ont des stalles basses, communion reçue des mains de l'archevêque, présence aux processions, droit de sépulture dans l'église, droit fortement battu en brèche par les curés des paroisses, présence aux enterrements des chanoines. Ils prétendent, pour cette assiduité peu astreignante, à quelques profits en pain, vin, bougies et distributions'' ; encore chercherait-on presque vainement trace de ces dernières dans le registre de leurs recettes qui embrasse les années 1707 à 1768. Nous n'y avons trouvé qu'une seule mention de cette nature, c'est un reçu délivré en 1767 par les marguilliers à l'un d'entre eux,

1. « L'un est occupé à sa tanerie, l'autre à sa pratique, l'autre à son office », dit l'avocat Vaudetar en.1481 (Xi«4822, fol. 237).

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