‹ Les marquilliers laïcs de Notre-Dame de ParisChapitre 57 sur 226 · Gilbert, Description historique, p · texte numérisé non relu

Gilbert, Description historique, p

[igS] DE NOTRE-DAME. 8l

taigu, évêque de Paris de 1409 à 1420. Elle devait son nom à Jacqueline de la Grange, femme du donateur, et pesait à l'origine 11,542 livres.

Jacqueline fut placée dans le beffroi neuf, récemment édifié dans la tour sud, et elle y était en service en 141 2 ^ Mais sans doute la sonnait-on rarement, à cause de son poids et faute de soins réguliers. Le règlement de la sonnerie de 1424 ne parle point d'elle; elle était indisponible, l'évéque et le chapitre étaient en procès devant le Parlement au sujet des frais d'entretien et de réparations. L'évéque ne voulait pas les prendre à sa charge. Il alléguait que la sentence arbitrale de i283 invoquée contre lui ne pouvait s'appliquer à une sonnerie qui n'existait pas alors; à cette époque, en effet, il n'y avait pas de cloche dans la tour sud ; à cet argument de droit, l'évéque ajoutait encore une considération de fait, c'est que l'entretien d'une telle cloche était beaucoup trop onéreux pour qu'il pût l'assumer. Les chanoines s'en tenaient de leur côté à la lettre de la sentence, les arbitres avaient statué « de campanis factis et fiendis w^. Un accident mit les'parties d'accord, la cloche Jacqueline, sonnée, grâce sans doute aux avances de cordage faites par le Chapitre ^, à l'occasion de l'élection de N. Fraillon^ à l'évéché de Paris le 28 décembre 1426, fut cassée. Il ne s'agissait plus d'entretien mais de refonte. Le Chapitre ordonna aussitôt de descendre la cloche^, mais c'est seulement en mai 1429® que

1. « Appert par les comptes de l'evesque qui paia l'an CCCC XII les mises pour faire sonner ladite cloche Jaqueline » (Arch. nat., Xi^4794, fol. 287).

2. « L'evesque défend et dit que veu le texte de la sentence arbitral dont fait mencion ledit arrest [arrêt par provision du 19 décembre 1425, supra, p. i85] il n'est tenu à soubstenirou mettre en état ladite cloche nommée Jaqueline, car elle n'est mie en la tour dont parle ladite sentence arbitral, et a depuis esté faite et pendue en l'autre tour, et cousteroit plus à soubstenir que toutes les autres cloches, et n'est mie vraissemblable que l'evesque se feust voulu à ce astraindre ne que les arbitres l'eussent voulu à ce obliger, et parle la sentence de turre vel campanili et toutesvoiez lesdits de chapitre y veullent comprendre les deux tours et tous les clochiers contre raison » (23 juillet 1426; Arch. nat., X'^47g4, fol. 287).

3. « A convenu qu'ilz ayent preste les cordes pour fere sonner les cloches, sauf à recouvrer sur l'evesque » {Ibid.).

4. Sur l'élection de N. Fraillon, voy. Journal d'un bourgeois de Paris éd. Tuetey, p. 2i3, note.

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