SCÈNE VIII
AGATHE, seule.
Ne me suis-je pas trompée?., non, non... un billet!., des vers!... ah! c'est la première fois que Ton ose... (Elle ut.)
« C'est trop longtemps dissimuler ma flamme ! « Sans me plaindre une fois, je ne veux pas mourir: « Vos yeux ont fait le mal, je m'adresse à votre âme, « Qui seule a le pouvoir secret de me guérir. »
Je n'en reviens pas... monsieur Courchamp... lui, si empressé, si tendre pour sa femme... fiez-vous donc aux apparences. Je m'en doutais cependant; l'autre soir, en me donnant le bra«î.. Oh ! mais je veux le ramener à la raison... je lui ferai comprendre... c'est un cœur loyal et bon... il aura été touché de l'abandon dans lequel me laisse mon mari... Eh! mon Dieu!... qui sait?., peut-être ne trouve-t-il pas en sa femme tout l'amour qu'il mérite lui-même.
Air de Mademoiselle Desgarcins.
Chacun de nous a, dans le mariage, Cru bonnement qu'il trouverait l'amour, Et cet espoir, comme un brillant mirage, S'évanouit pour nous et sans retour.
Deux cœurs aimants sont réduits à se taire: Tout les sépare, inflexible est la loi ! Et cet amour que je cherchais naguère Je dois le fuir, alors qu'il vient à moi. {bis.)
( voyant entrer courchamp.) C'est lui! oh! mon pauvre cœur comme il bat!-..