LES MARRON^ GLACÉS
AGATHE, à part.
Comme ces hommes sont maîtres d'eux-mêmes î
COURCHAMP, avec amour.
Oh! c'est que tu as une petite manière à toi de porteries choses, c'est gracieux... c'est coquet... c'est gentil!..
CÉCILE
Voilà un mari galant !
AGATHE, avec aigreur.
Les bonnes femmes font les bons maris.
Dis donc, tu n'as pas eu froid par là? tu vas, tu viens, dans la maison avec tes manches pagodes... c'est comme ça qu'on s'enrhume, et puis nous tousserons et puis nous ne pourrons pas nous décolter, il faudra cacher nos épaules et nos bras de
Paros !
CÉCILE , à Agathe.
Est-il gentil , hein ?
AGATHE
Charmant !
COURCHAMP
ChaufFe-toi donc un peu *, tu as les mains glacées, (a Agathe.) elle a les mains glacées, Madame!., (a Cécile.) et je suis sûr que tu as les pieds gelés.., Tes pauvres petits petons. Tiens, une bonne petite place, là..,^au coin du feu. (u l'installe auprès de la
cheminée.)
AGATHE , à part.
Oh! les hommes! les hommes!
COURCHAMP
Es-tu bien?
CÉCILE
A merveille ! Venez donc là, chère voisine.
AGATHE
0 h ! je n'ai pas froid , moi !
COURCHAMP, à part**.
Elle est cramoisie !
Ah î tiens, je savais bien que j'avais quelque chose à te demander.
COURCHAMP
Quoi donc, mignonne?
CÉCILE
Des gants que j'ai commandés et qu'on ne m'apporte pas, tu sais où je les prends?
COURCHAMP
Eh bien! je vais y aller.
* Cé. Cour. A.
** Cé., assise, Cour. A.