‹ Les martyrs (volume 3)Chapitre 12 sur 133 · Passion de saint Procope · texte numérisé non relu

Passion de saint Procope

4. S. Cyprien, De exhortatione martyrii, pref, 5 EusÈBE, Histoire ecclésiastique, 1. VII, 11.

Introduction

qui se confondent, pensons-nous, dans une explication unique quoique dans des mesures inégales. Il ne viendra probablement à l'esprit de personne de tenir pour non avenue, à l'heure suprême du martyre, la longue série de mérites acquis par les mortifications volontairement imposées pendant les années écoulées de la vie. C'est un coefficient que nous croyons pouvoir introduire dans les facteurs de l'endurance, tout en le jugeant très inférieur à l'autre coefficient qui est l'assistance du Saint-Esprit. On ne saurait donc essayer de préciser à l'aide de l'érudition toute seule la portée historique du texte de l'Evangile que nous avons cité. Il faut tenir compte d'un élément d'une nature infiniment délicate, presque inexprimable, irréductible en tous cas à la précision quantitative, réel cependant et duquel le martyr Quirin témoigne lorsqu'il dit au proconsul : « Le Seigneur qui m'assiste, va te répondre par ma voix ^ »

Mais, avant d'aller plus loin, revenons à nos martyrs de la Réforme. Ceux-ci ne se conduisent pas avec moins de vaillance que les héros de la primitive Eglise. On trouvera dans ce volume le récit des tortures infligées à Jean Ogilvie, aux chartreux de Londres, aux franciscains de Gorcum. Nous n'en voulons rien détacher pour ces pages ; d'ailleurs le choix est facile entre tant d'autres actions. Une des plus cruelles épreuves est celle de l'emprisonnement. « Au lieu de prisons humaines, dit un de nos vieux jurisconsultes, on fait des cachots, des tasnières, cavernes, fosses et spelunques plus horribles, obscures et hideuses que celles des venimeuses et farouches bestes brutes ; où l'on fait roidir de froid,

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